Genèse, chap. xv et xvii, vers. 1-6, 1-9. (U
jourd'hui les chrétiens, le même que conçoivent aujourd'hui les philosophes qui croient en Dieu, l'Être absolu et parfait, l'Être en soi, l'Éternel, sans possibilité et sans tentative de le définir autrement. Des milliers d'années n'ont rien changé à la notion biblique de Dieu dans l'âme de l'homme, ni aux lois essentielles de la relation de l'homme avec Dieu.
La tradition historique confirme pleinement le fait moral que je signale. Abraham n'a été l'objet d'aucune conception mystique, d'aucune transformation mythologique; nulle part il n'a été érigé en personnage surhumain, en demi-dieu ou en fils de Dieu ; il est resté le modèle de la foi et de la soumission religieuses, le type de l'homme pieux en relation intime avec Dieu. Dans toute l'antiquité et dans tout l'Orient, pour les premiers chrétiens comme pour les Juifs et les Arabes, pour les musulmans comme pour les Juifs et les chrétiens, Dieu est le Dieu d'Abraham; Abraham est l'ami de
DIEU SELON LA BIBLE
Dieu, le père et le prince des croyants ; ce sont les noms que lui donne l'Évangile l, et le Koran le célèbre en disant : « Quand la nuit étendit sur lui ses ombres , il vit une étoile et dit : Ceci est mon Seigneur. — Mais quand l'étoile se coucha, il dit : Je n'aime pas ce qui se couche. — Et quand il vit la lune se lever, il dit : Ceci est mon Seigneur. — Mais quand la lune se coucha, il dit : Vraiment, si mon Seigneur ne me dirige pas clans la bonne voie, je serai un de ceux qui s'égarent. — Et quand il vit le soleil se lever, il dit : Celui-ci est mon Seigneur; il est plus grand que l'étoile ou la lune. — Mais quand le soleil vint à se coucher , Abraham dit : 0 mon peuple, j'en ai fini avec ces choses; je tourne ma face vers Celui qui a fait le ciel et la terre 2. »
1 . Saint Paul, Épître aux Romains , ch. iv ; aux Galates, ch. ni. — Épître catholique de saint Jacques, ch. n, vers.