Samuel, liv. I, chap. ni, vers. 40. (MM
2. Samuel propheta fuit, judeœ fuit, levita fuit, non poniifex, ne sacerdos quidem. (Saint Jérôme, adv. Jovinianum.)
DIEU SELON LA BIBLE
oppose un élément de résistance qu'il puise dans les croyances et les traditions nationales ; il transforme les prophètes en institution permanente ; il fonde des écoles de prophètes, libres serviteurs de Jehovah, voués à la défense de sa loi et à la manifestation de sa volonté, sorte de congrégation indépendante de l'Église comme de l'État, menant dans des lieux déterminés, à Rama, à Béthel, à Jéricho, à Jérusalem, une vie commune, mais point privilégiée ni fermée; les fils des prophètes sont élevés auprès de leurs pères , mais la mission prophétique est ouverte à tous ceux que Dieu y appelle : « Va-t'en ! dit avec colère au prophète Amos le sacrificateur Amasias, et t'enfuis au pays de Juda, et mange là ton pain et y prophétise; mais ne continue plus à prophétiser à Béthel, car c'est le sanctuaire du roi et c'est la maison du roi. » Et Amos répondit et dit à Amasias : « Je n'étais ni prophète, ni fils de prophète; j'étais un berger et je recueillais
des figues sauvages; et l'Éternel m'a pris clans le troupeau, et m'a dit : « Va, prophétise à mon « peuple d'Israël1. » Les prophètes ne sont ni des prêtres, ni des moines ; venus de toutes les classes de la nation juive, leur vocation est essentiellement libre; ils appartiennent à Dieu seul, et attendent l'inspiration divine pour s'opposer tantôt à la tyrannie royale, tantôt à la passion populaire, tantôt à la corruption sacerdotale, armés uniquement des commandements de Dieu et des prédictions de l'avenir. Leurs rôles sont divers comme les lieux et les circonstances de leur vie, mais ils sont prêts à tous les rôles comme à tous les périls; les uns, comme Élie et Élisée, sont des hommes d'action et de lutte; les autres, comme Esaïe, Jérémie, Ézéchiel, Amos, racontent, moralisent et prophétisent; les uns s'attaquent aux violences et à l'impiété des rois, les autres aux