‹ Ser I. Méditations sur la religion chrétienneChapitre 51 sur 64 · I. Évang. selon saint Matthieu,, chap. ix, vers · texte numérisé non relu

I. Évang. selon saint Matthieu,, chap. ix, vers

même temps que le caractère divin et mystérieux de Jésus- Christ apparaît dans les Évangiles, ses actes et ses paroles ont un caractère essentiellement simple et pratique. Il ne poursuit aucun but savant ni systématique; il ne développe aucune théorie; il veut quelque chose d'infiniment plus grand que le triomphe de la vérité abstraite; il veut pénétrer dans les âmes, s'y établir et les régler pour les sauver. Il parle le langage, il provoque les impressions les plus propres à lui assurer ce succès. Tantôt il s'applique à inspirer aux hommes les plus poignantes inquiétudes sur leur sort futur s'ils violent la loi de Dieu ; tantôt il fait briller à leurs yeux les plus magnifiques espérances s'ils sont sincères et fermes dans la foi. Il connaît la génération à laquelle il s'adresse; il connaît l'humanité tout entière, et ce qu'elle sera dans les générations futures; il veut produire sur elles un effet positif, général , durable ; il choisit les idées, il emploie les images qui conviennent à son dessein

pour la régénération et le salut de tous. L'envoyé divin est le plus clairvoyant et le plus habile des moralistes humains.

On a plus d'une fois essayé de le prendre en faute, et de trouver dans ses paroles des exagérations, des contradictions, des incohérences inconciliables avec son autorité divine. On s'est étonné, par exemple, qu'il eût dit un jour, selon saint Matthieu1 : « Celui qui n'est pas avec moi est contre moi, et celui qui n'assemble pas avec moi disperse; » et un autre jour, selon saint Marc : « Qui n'est pas contre nous est pour nous. » On a vu là « deux règles de prosélytisme tout à fait opposées et une contradiction amenée par une lutte passionnée3. » Je m'étonne à mon tour que des hommes sérieux puissent tomber dans de telles méprises : ce ne sont point deux règles de prosé-

\ . Évang. selon saint Matthieu, chap. xn, vers. 30.

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