SCÈNE IV PLANTROSE, ROBERT
ROBERT
Enfin!... me voilà toujours de la maison, moi !... et nuintenaîit !
PLANTROSE; entrant du fond.
Tiens!... Encore ici?
ROBERT
Et triomphant!
PL ANTRO SE
Tu tiens l'entre -sol?
ROBERT
On prépare le bail!
PLANTRO SE.
Eh bien, veille à la rédaction; car ma belle-mère...
ROBERT
Oh! je ne signerai pas sans lire!
Quatorze fois, ou tu es jierdu! Je n'ai lu qu'une fois mon contrat de mariage, et ce que j'y ai découvert dejiuis!...
ROBERT
Ahl mon Dieu! par qui n'est-on pas déçu?... Je le présente un homme hébété.
PLANTROSE.
De quoi?
ROBERT
De ce que j'ai vu ce malin!...
PLANT ROSE
OÙ ça?
ROBERT
A six heures, je ne dormais plus, ou pour mieux dire, je con'.inuais à ne pas dormir!... Ce th<1, pris contre mes liabiiudes, 1 Opéra!... Bref, toute la nuit n'avait été qu'un long défilé de jeunes filles, et, en tête, plus séduisante que les autres...
p LANTROSE.
Tadamoiselle d'hier?
ROBERT
Oui.
PLANTROSE.
Alors?
Je me lève, et me dis : c'est une famille qui pratique : ils roni à la messe, ce matin, et a sept heures j'étais à l'église...
PLANTROSE.
Où lu la retrouves.
ROBERT
Flanquée de papa, de maman, et de l'autre ! comme hier ! La messe dite, on sort ! Je sors ! et me tiens à l'écart. La mère passe au bras du mari, entre deux haies étroites de mendiants! Une demoiselle suit... puis l'autre, la mienne... Du milieu des pauvres, tout à coup une femme se détache, et grommelant je ne sais quoi, tend la main à mon ingénue... Celle-ci rougit, s'arrête, liiisse échapper ce mot que j'entends très-distinctement : « Nourrice ! » Puis, sur un geste discret de la femme, reçoit de ses mains un billet qu'elle glisse dans son livre, descend vivement les marches et disparait avec sou cortège. Et quand je cherche des yeux la nourrice qui, i)0ur dix louis, m'aurait tout conté!... trop tard!,.. Elle s'est perdue daus la foule et je reste là, aplati par la stupeur, contre ma colonne.