SÉRAPHINE, YVONNE
YVONNE
Tu me demandes, maman?
SÉRAPIIINE.
Oui, mon Yvonne, j'ai une bonne nouvelle à l'apprendre.
YVONNE
Laquelle?
SÉRAPIIINE.
Embrasse ta mère, chère onfaut ; ta dispense d'âge est arrivée.
YVONNE
Ah! c'est pour cela?
SÉRAPIIINE, IViiibiassant.
Et tu n'es pas radieuse ?
YVONNE
Écoute, maman, puisque nous y voilà!... Veux-tu que nous causions toutes deux à cœur ouvert?
SÉRAPIIINE, inquiète.
Ah I voyons !
Elles s'asseyent sur le canapé.
100 SERAPllINE
YVONNE
Yois-tu, j'ai beaucoup réfldclii dans ces derniers temps, et je crois qu'on s'est bien trompé sur mon compte.
SÉRAPHINK.
Trompé?
YVONNE
Oui, c'est lafaute de mère Angélique et de toutes les bonnes sœurs qui m'ont fait une réputation au couvent «...Oli ! ce bon petit chérubin !... oh ! ce cher petit ange du bon Dieu, oh ! douce Yvonne ! quelle adorable petite religieuse vous feriez... cl que notre saint voile irait bien à vos jolis yeux !» Au fond, maman, tout cela Halte et grise un peu ! je laissais dire en souriant!... quand, un beau matin, je n'ai jamais su pourquoi.. .le bruit se répand dans tout le couvent, que ma vocation s'est déclarée el que je vais commencer mon noviciat. Je cours à mère Angélique qui se jette dans mes bras et pleure de joie!. ..voilà toutes les sœurs qui m'entourent, qui sanglotent, qui m'embrassent! — Voilà que cela me gagne aussi... je pleure ! j'embrasse... Et il parait que tout cela prouve que j'ai la vocation!
SÉRAPH INE.
Eh bien ?
Mais, c'est que depuis... je me suis bien examinée... et je ne l'ai pas du tout, cette vocation!... mais pas du tout!...
SÉUAPHINE.
Comment peux-tu raisonner sur tout cela, chère enfaul, toi qui ne sais rien du inonde? Laisse-toi guider par ta mère qui te connaît mieux que toi !
Y VONNE
Mais, voyons, maman, ce n'est pas possible ! J'aime le bal, les spectacles, les voyages, et surtout le grand air! j'aimes tout!... et la vocation consiste à n'aimer rien!... que Dieu seul!.. Comment accorder cela?