‹ Séraphine; comédie en cinq actes (volume 2)Chapitre 135 sur 189 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

YVONNE, avec effroi.

Tu veux toujours qu.e je sois religieuse?

SÉRAPIIINE.

Plus que jamais.

YVONNE

Mais je t'ai dit !...

\»ERAPHINE, changeant de ton subitement, doucement, tendrement, s asseyant avec elle sur le canapé.

Mon Yvonne !... ma belle, ma mignonne!.;, je t'ensupplie! ne lais pas le malheur de ta mère et le tien... Écoule-moi; laisse-moi faire ! ce sera si bon ! Je le conduirai là si doucement et par des chemins si faciles!... lu ne t'en apercevras pas !

Oh ! si !

SKRAPHIXE, lui fermant la bouche par un boiser et continuant de même.

Et tu accomplis mon vœu!... et tu sauves ta mère!... Mon Yvonne chérie, exauce-moi ; tu seras la seule prière de ma vie, ma vie elle-même. Je ne vivrai plus que pour loi ! et je te bénirai deux fois! à genoux, tiens !... (Elle gUsse à genoux). Car c'est oui, n'est-ce pas? Tu l'as dit ! Oui, n'est-ce pas ?... Ah ! tu l'as dit ! tu l'as dit ! merci 1

YVONNE, se dég.ngeant.

Oh ! maman ! tu me fais peur !

SÉRAPHINE, debout, exaspérée.

Et loi, donc!... Oh 1 miséiable fille ! qui ne fais rien, rien pour sa mère !

YVONNE, se levant.

Mou Dieu !

SÉRAPIIINE,

Ah ! laisez-vous !... El jo m'abaisse à vous prier quand j'ai le droit do éife • i.? veux !...

i08 SÉRAPHINE

YVONNE

Je t'en supplie, maman !

Ah ! vous avez besoin de la retraite ! Ah ! vous écrivez et recevez des lettres clandesiines !

Ah ! ça, maman, c'est miil !... tu l'avais pardonné !...

Et vous jugez votre mère encore !

YVONNE

Maman, pitié I

Vous rentrerez au couvent ce soir !

YVONNE, épouvantée, la retennnt.

Ma mère !... mère chérie !... tout ce que lu voudras ; niais, par pitié, par grâce ! pas au couvent! pas là' J'ai peur! maman, ne me fais pas retourner là! c'est horrible! j'y mourrai !

Allons ! folies I...

YVONNE, sanglotant.

Tu ne peux pourtant pas avoir promis de me faire souffrir!... C'est affreux, cela!

Je suis votre mère, et je le veux !

YVONNE, brisée.

C'est bien! j'irai, maman!... j'irai...

Elle tombe éiiuisée, assise.

Elle va pour sortir, puis revient sur ses pas, se penche sur Yvonne, et, la soulevant à demi, tendrement.

Ah ! si lu consentais pourtant!... si lu me disais : « Mère

* Yvonne, Séraphino.

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