SCÈNE II MONTIGNAC, PLANTROSE
MONTIGNAC
Qu'il entre, mon bon Olivier ! qu'il entre !
PLANTROSE.
Ah! mon cher Montignac !... s'embrasse-t-on ? Bah! on '3'embrasse !... Ah! que je suis heureux de le voir!
MONTIGNAC
Et moi donc ! Merci d'êlre venu!
PLANTROSE
Par exemple ! Je serais aller te serrer la main au Sénégal !
MONTIGMAG.
Oui! au Sénégal, mais à Auteuil, à minuit !... rue de la Source !
PLANTROSE.
Qui n'est pas gaie!... Saprelolie!... Ua vrai coupe-gorge I Pourquoi diable es-tu descendu ici?
Attends ! — Laisse nous, Ambroise.
* Ambroise, Plantrôse, Monugnac.
•* Ambroise, Moutignuc, Plantrôse.
AMBROISE
Monsieur, ces papiers à emballer?
MONTIGNAC
Plub tard!.., ferme la porto ! Et sartout pas de brait sous ses fenêtres.
AMBROISE
Oui, monsieur, (ii sort.)
PLANTROSE.
Tu AS quelqu'un ?
M0:VTIGNAC.
Qui dort là bas, oui; mais ici, les portes closes, nous pouvons causer à l'aise et fumer. (ll lui montre des cigares dans une
boite.) Tu fumes toujours?
PLANTROSE, prenant.
Toujours !
MONTIGNAC, s'asseyant sur le canapé.
Cette maison où lu t'étonnes de me voir appartenait à mon père. Je ne l'ai jamais habilde. Pour mes rares sc^jours à Paris, autrefois, Auteuil était trop loin du boulevard de Gand; mais c'est isolé, mystérieux! Des jardins tout autour !... En ce temps-là, je l'ai conservée par commodité; aujourd'hui je le fais!...
PLANTROSE, assis en face de lui et allumant son cigare.
Par reconnaissance ; très-bien ! souvenirs tendres.
MONTIGNAC
Mais toi-même, oij loges-tu ? Ambroise a eu bien du mal à te trouver!
PLANTROSE.
Oh! mon ami, moi !... C'est tout une histoire! Tu vois un homme radieux !... — Pour la ])remière fois, depuis mon mariage... je viens d'embrasser ma femme! mais là!,., comme j-^ le comprends !
Ah bah !