‹ Séraphine; comédie en cinq actes (volume 2)Chapitre 148 sur 189 · SCÈNE II MONTIGNAC, PLANTROSE · texte numérisé non relu

SCÈNE II MONTIGNAC, PLANTROSE

MONTIGNAC

Qu'il entre, mon bon Olivier ! qu'il entre !

PLANTROSE.

Ah! mon cher Montignac !... s'embrasse-t-on ? Bah! on '3'embrasse !... Ah! que je suis heureux de le voir!

MONTIGNAC

Et moi donc ! Merci d'êlre venu!

PLANTROSE

Par exemple ! Je serais aller te serrer la main au Sénégal !

MONTIGMAG.

Oui! au Sénégal, mais à Auteuil, à minuit !... rue de la Source !

PLANTROSE.

Qui n'est pas gaie!... Saprelolie!... Ua vrai coupe-gorge I Pourquoi diable es-tu descendu ici?

Attends ! — Laisse nous, Ambroise.

* Ambroise, Plantrôse, Monugnac.

•* Ambroise, Moutignuc, Plantrôse.

AMBROISE

Monsieur, ces papiers à emballer?

MONTIGNAC

Plub tard!.., ferme la porto ! Et sartout pas de brait sous ses fenêtres.

AMBROISE

Oui, monsieur, (ii sort.)

PLANTROSE.

Tu AS quelqu'un ?

M0:VTIGNAC.

Qui dort là bas, oui; mais ici, les portes closes, nous pouvons causer à l'aise et fumer. (ll lui montre des cigares dans une

boite.) Tu fumes toujours?

PLANTROSE, prenant.

Toujours !

MONTIGNAC, s'asseyant sur le canapé.

Cette maison où lu t'étonnes de me voir appartenait à mon père. Je ne l'ai jamais habilde. Pour mes rares sc^jours à Paris, autrefois, Auteuil était trop loin du boulevard de Gand; mais c'est isolé, mystérieux! Des jardins tout autour !... En ce temps-là, je l'ai conservée par commodité; aujourd'hui je le fais!...

PLANTROSE, assis en face de lui et allumant son cigare.

Par reconnaissance ; très-bien ! souvenirs tendres.

MONTIGNAC

Mais toi-même, oij loges-tu ? Ambroise a eu bien du mal à te trouver!

PLANTROSE.

Oh! mon ami, moi !... C'est tout une histoire! Tu vois un homme radieux !... — Pour la ])remière fois, depuis mon mariage... je viens d'embrasser ma femme! mais là!,., comme j-^ le comprends !

Ah bah !

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