SCÈNE VTII
GARAT, VESTRIS, CLÉOPATRE, en Grecque.
LE LAQUAIS, dehors.
Madame Cléopâtrel
GARAT, à part.
Cléopâtre, serait-ce?..
CLÉOPATRE, entrant furieuse sans le voir.
L'impertinent! le fat!... faire attendre une femme comme moi !.. Quand on pense que je suis aux Tuileries depuis dix heures du matin, et qu'il est deux heures! (Eliejetteson châle, etc.,
en agitant avec colère son bouqiiet de fleurs d'oranger.) GARAT.
La fleiu* d'oranger!... C'est elle!
CLEOPATRE, descendant sans le voir.
Mais il me le payera ! La prenuère fois qu'il chante àFeydeau, je le siffle!
GARAT
Oh! (Fredonnant.)
Vous êtes belle.
Je n'en disconviens pas; Mais, pour cruelle, Vous ne l'êtes pas.
CLÉOPATRE
Ciel ! c'est lui ! (Elle tombe évanouie dans les bras de Garât.) VESTRIS, effrayé par le cri et tombant assis sur les tessons de porcelcûne.
Ah!
GARAT, soutenant Cléopâtre.
Cléopâtre!... Ai-je mon flacon?.. J'ai mon flacon!... Cléopâtre! Madame, Mademoiselle! tout ce quil vous plaira!... Ahl cadédis! aidez-moi donc, vous! (il fourre des sels dans le nez Cléopâtre.)
VESTRIS
Aidez-moi donc!... c'est facile à dire!... avec ces tessons
qui me sont entrés... (il se lève, les tire de sa pocKe et les jette dans la corbeille.)
GARAT
Ah 1 elle est trop lourde ! Cela rentre dans vos attributions... Vestris!... Une et deux, (n lui jette Cléopâtre.)
VESTRIS, la recevant et se posant comme à l'Opéra.
Voici la pose !