‹ Séraphine; comédie en cinq actes (volume 2)Chapitre 56 sur 189 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

me semble que j'ai un peu dormi. Ah ! c'est si bon de dormir! Plus de vapeurs... plus d'ennui... plus de mari ! Et des rêves!., des rêves délicieux!.. Tout à l'heure encore... je n'étais plus madame Camusotde La Luzerne... ni Amaranthe... un nom ridicule. Non... j'étais Manon, tout simplement, Manon la couturière, comme autrefois... dans ma mansarde, rue des Grès, avec mon étudiant... Ah! mon gentil étudiant, où est-il, lui qui chantait comme une fauvette?.. Où est-il, mon Lindor?.. Un joli nom ! mais ce n'était pas le sien. 11 cachait le véritable à tout le monde, même à moi, à cause de son père... un bourru, qui voulait le rappeler de force, et nous séparer. Eh bien! cela s'est fait tout seul; on n'a jamais pu savoir pourquoi! Ce que c'est querimaginationpourtant...Tout à l'heure, je croyais l'entendre... Quel malheur que ce ne soit qu'un rêve... Et puis, une voix secrète me disait : « Mais non, ce n'es: pas un rêve; il est là; c'est lui... il est revenu, Manon!.. Ton Lindor est revenu, et, avec lui, toute ta gaieté!.. L'entends-tu chanter, comme autrefois, sa romance favorite?.. » Air de Julie ou le Pot de fleur (Grétry). Sentir avec ardeur Flamme discrète.

C'est le bonheur Du cœur.

Entends-tu, bru nette.

L'écho qui répète?..

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