‹ Séraphine: comédie en cinq actesChapitre 10 sur 119 · ACTE PREMIER t · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER t

ROBERT

Et ce Chapelard ?

PLANTROSE.

Un simple marguillier, ami delà maison, discret, fin^rusé... de l'esprit... un bel appétit... toujours le sourire aux lèvres, jamais inquiet, celui-là I... encore moins inquiétant... des receltes admirables pour les cas désespérés !... Une façon à lui de tourner la morale... Enfin, la religion aimable et facile... Tu vois ça d'ici.

ROBERT

Eh bien ! mais me voilà fixé, moi, je m'en vais !

PLANTROSE.

Pourquoi ?

ROBERT

' La question de l'entresol est ridée I J'ai mon congé.

PLANTROSE.

Bah!... essaye toujours f et puis ils sont boDS à voir.

ROBERT

Pas longtemps !

Il s'assied à droUe.

Et nous retournerons ensemble à Paris : je vais à TOpéra ! Mais j'ai d* abord trois mots à dire à ma femme. Je profilerai du moment où tu parleras à la mèr'el

ROBERT

Tu en es là?

PLANTROSE.

J'en suis là !•

ROBERT

Soit ! nous irons à TOpéra, nous ennuyer de compagnie.

PLANTROSB

Décidément, tu t'ennuies, toi?

ROBERT

A mourir l

14 SÉRAPH1NE

PLANTMOHB.

Ya au Brésil; avec ton oncle.

ROBBaT.

C'est troD chaud !

PLANTROSB.

Alors marie -toi.

ROBERT

C'est trop froid.

Tu n'as pourtant rien de mieux, jeune fou, pour te sauver du marasme où lu croupis.

ROBBRT.

Oui, c'est encore gentil tout ce qu'on m'offre.. • Des poupées I

PLANTROSB. .

Il n'y a pas que des poupées ?

ROBERT

Une ingénue, n'est-ce pas?... Merci !•••

PLANTROSB.

Comment, petit blasé, tu ne crois pas?...

ROBERT, M levant.

A l'innocence des filles couvées sous l'œil maternel?... Eh bien I parlons-en I... Je viens d'en voir un joli spécimen toul à l'heure.

PLANTROSB.

Quoi ?...

RO0ERT

Je venais par la place et je longeais la mairie!... Trois femmes descendaient devant moi, toutes trois encapuchonnées à ne pas les voir, et leurs livres de messe à la main? A la hauteur de la botte aux lettres, elles traversent la chaussée ;

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