ACTE DEUXIÈME
SULPIGE, saluant Agathe et Pélagie, qoi remontent, et descendant jusqu'à Séraphine^ dont il baise la main.
Madame la baronne.
SÉRAPHINE, à demi-TOix.
Eh bien , cher enfant, mon gendre ?
SULPICE, de même.
J*ai exécuté vos ordres, madame la baronne ! et épié tous ses pas... religieusement!...
Ce qui vous a conduit?
SDLPIGE.
A rOpéral... Dans les coulisses !
Les coulisses 1
SULPICE
Au lieu d'entrer ft rorchestre : — c'est ainsi, je croîs, qne cela s'appelle... car je n'ai jamais été au spectacle qu'une seule fois... pour \oir Athalieî
Oui, eh bien?
SULPICE
Ils ont disparu... car ce jeune homme d'hier l'accompagnait... par une petite porte à droite, que je crois réservée aux fidèles...
Et une fois là ?
SULPICE
Une fois là, je me suis vu en plein sabbat! à deux pas Je la scène, et entouré d'une quantité de jeunes femmes vêtues!...
Tout le corps de ballet !
" Agathe, Pélagie et Chapelard assis à la table. Sulpice, Séraphlne sur le devant. Le baron, Robert vers la cheminée.
8 U L P I G E , baissant les yeaz.
Oui, madame la baronne I... On leur voit toUkr Je corps I
8ÉRAPHINE.
Pauvre enfant ! a-t-il dû souffrir I
SULPICB.
Ah I J'ai bien souffert I...
SÉRAPHINB.
Et cependant, mon gendre?...
SULP1CE.
Adossé à un décor, il causait avec une grande brune très-
belL'... (Mouvement de Séraphine.) si rimpudicllé pOUV tit jamais
l'élrc! El à la façon dont '1 lui parlait, je vis bien quec*éiait là Tt nnemie ! J'invoquai voire nom angéiiqne, nicidam", et, dom|itânl ma répugnance, j*eus le courage d'adresser la paroe à une de ces pécheresses... une petite blonde, bien gracieuse, bien jolie... (Même jeu.) si Ton pouvait jamais l'être sans la sainteté de Tâme... et je lui dis: « Mademoiselle » (j ai osé lui donner ce nom virginal.) f mademoiselle, comment s'appelle, je vous prie, cette grande brune? — Qui?... celle qui cause avec Plantrôse? »
SERAPHINS.
Plantrôse tout court ?
SULPICE
Tout court!... comme le reste !... « Eh 1 d'où sortez-vous, mon petit, c'est Georgette 1... Voulez-vous que je vous présente? » A cette offre, mon i>ang ne fi)it qu^un tour!... Je balbutie : « Non, merci... » Elle éclate de rire!... La peur me prend! je me sauve, et de couloirs en escaliers, je gagne la rue!... où je rends grâce à mon patron, qui m'a tiré de cet enfer sans accroc à ma robe d'innocence I
D oublierait ses devoirs avec cette Georgette? «^O faudrait es être sûr ! ... et savoir à cet Opéra...