‹ Séraphine: comédie en cinq actesChapitre 71 sur 119 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

YVONNE

Quitter la maison paternelle! — Je ne ferai pas cela! Pour une lettre écrile en secret, j'ai eu trop à rougir... deux fois aujourd'hui! Je ne commettrai pas une action plus blâmable encore... je ne sortirai pas!...

Elle s*assied sur le canapé.

ROBERT

Ah I voyez!... ils sont encore à table... vous ne retrouverez jamais cette occasion perdue!... trois pas, et je vous sauve !

YVONNE

Non! retirez-vous!...

ROBERT

Mais, malheureuse enfant!... (Pardon!... mais vous me rendez fou 1) mais pensez-y donc ! tout à Theure, dans cinq minutes,* on viendra vous prendre... Et la voiture où vov monterez, vous savez où celle-là vous mène!... au couvents

YVONNE, se détournant pour ne pas l'entendre.

Laissez moi ! allez-vous en 1

ROBERT

Non pas un couvent, mais une prison ! non pas une prison ! mais un tonibeau I

Y>ONNE

Oh ! c'est affreux de me dire cela !

ROBERT

Et nous aurons beau, mon oncle et moi, vous réclamer à cette tombe!... on ne vous trouvera pas!... vous appellerez à Taide, et nous n'entendrons pas vos cris !

YVONNE

Je le sais!...

ROBERT

Eh bien ! alors?

YVONNE, se lerant.

Eh bien! on m*enfermera, je souffrirai, jemourrai!... mais

je pourrai me dire : je souffre parce que je n'ai pas mal agil... ei je meurs, parce que j'ai fait mon devoir!...

ROBERT, hors dd lai.

Et moi, je ferai le mien I et je ne vous laisserai pas vous perdre par des scrupules insensés I

YVONNE

Encore!

Et je vous sauverai malgré vous, ou je serais le plus stuplde des hommes et le plus lâche des amants !

Il cherche à l'entrataer

YVONNE, avec vn petit cri de padear effarouchée.

Ahl

ROBERT

Ah ! venez , Yvonne 1 douce et chère enfant ! venez où je vous mène!... Yvonne! ma femme!

YVONNE

Ah! mon Dieu!

ROBERT, tendrement, même jeu et la grisant de ses paroles.

Venez!... mononcle, votre parrain vousatlend... nous, ses deux enfants !

YVONNE d'une Toiz faible.

Ah! mon Dieu! à mon aide!

ROBERT

C'est le bonheur! c'est la vie! c'est l'amour!

YVONNE, se dégageant tout à coup et courant à la porte de droite»

nh ! ma mère ! ma mère I à moi I !

Elle tombe assise au fond.

ROBERT, désespéré.

Ah î malheureuse qui se perd !

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