LIT
Application de la Parabole.
Mon Sauveur, je n’attendrai pas à vous aimer que j'aie reçu la grace et lindulgence. L’attente de vos bontés m’attendrit le cœur. Tout le monde est étonné de cette admirable facilité avec laquelle vous vous laissez approcher d’une pécheresse. Elle touche vos pieds sacrés; elle pleure dessus aussi long-iemps “oh lui plaît ; elle les
oint de ses parfums; elle les essuie de ses chcveux ; elle les baïse tant qu’elle veut : elle n’a cessé, dites-vous, de baiser mes pieds : (Luc. 7. 45.) le Pharisien en murmure, et toute la compagnie en est surprise. Mais personne n’en est plus surpris qu’elle. Votre bonté, vos facilités, lui percent le cœur ; elle fond en larmes ; elle n’a pas la force de prononcer une parole; ses larmes, ses cheveux épars, ses parfums répandus, ses humbles et tendres baisers parlent assez : plus son amour est vif, plus ses regrets sont amers ; Car qui ne sait que plus on vous aime, plus on regrette de vous avoir offensé ? Si l’induigence augmente l’amour, elle augmente par conséquent la douleur. Ne parlons plus à cette sainte Pécheresse des rigueurs et du martyre de la pénitence: son amour et sa douleur lui font tout sentir : elle souffre plus dans le cœur que les plus austères pénitens.
L'amour pénitent comprend toutes les peines satis- Jactoires.
Donnez-moi, mon Sauveur, comme à cette sainte Pécheresse, un cœur pénétré d’amour à la vue de votre indulgence ; je ramasserai avec elle en un imstant toute l’action de la pénitence : la confusion, la confiance, la réparation du mal, celle du scandale. Pénitens des premiers siècles, vous fondiez en larmes à l’entrée de lEglise ; notre P: cheresse fond en larmes aux pieds de Jésus. Vous baisiez les pieds des Fidèles ; elle baise ceux du Sauveur ; et ce sont ses pieds que les pénitens cherchent encore dans ceux de leurs frères. Pénitens des siècles passés, vous quittiez
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toutes les marques de la vanité ; voilà notre Pécheresse qui répand tous ses parfums. Vous paraissiez les cheveux épars, négligés, couverts de cendre et de poussière; notre Pécheresse n’estime les siens, qu’à cause qu’elle en essuie les pieds du Sauveur, et les lui consacre. Heureuse l’indulgence ! si elle produit tout son effet, elle augmentera l’amour de Dieu ; car celui à qui on remet plus, doit plus aimer : si elle augmente l'amour de Dieu, elle augmente la douleur de l'avoir offensé. Ah! que cette douleur est douce, puisque c’est l’amour qui l’excite. Mais cependant, qu’elle est vive, qu’elle est pénétrante, qu’elle est déchirante et perçante, si l’amour qui la fait naître est véritable! Mon Sauveur, que je coure donc à l’indulgence : mon extrême misère a besoin de la plus grande ; mais que jy coure comme à un moyen d’augmenter en mon cœur votre saint amour, et par mon amour, la douleur d’avoir péché contre le ciel et contre vous,