‹ Sermon du P. Bourdaloue sur le jubilé [microforme]Chapitre 30 sur 43 · I. CoNSID=RATION · texte numérisé non relu

I. CoNSID=RATION

Denx Canons de ce saint Concile.

À bonté de l’Eglise est si grande, qu’elle

a même de l’indulgence pour ceux qui en méritent le moins, pourvu qu’ils commencent de bonne foi leur pénitence. C’est ce qui paraît dans deux Canons du Concile de Nicée. Le Canon 11 parle ainsi: ‘Pour ceux qui sont ‘ tombés sans nécessité, sans perte de biens, sans ‘ péril ou autre chose semblable, ainsi qu’il est ‘ arrivésous la tyrannie de Licinius; encorequ’ils soient indignes de toute douceur, il a plu né. anmoins au saint Concile qu’on en usât envers eux”. Cette douceur allait néanmoins à les laisser douze ans en pénitence à cause de l'énormité de leur chute, en les déchargeant du reste que la rigueur de la discipline exigeait alors, tant était vive l’impression des saintes ri. gueurs de lPEglise où le jugement de Dieu s’exerçait. Mais le Canon 12 s'explique plus clairement sur l’indulgence, et il déclare :

‘Qu'en toutes ces choses qui regardent la pé. ‘ nitence (tant dans le Canon 11 que dans celui. ‘ ci) pour tous ceux qui aurcnt montré par les ‘effets, c’est-à-dire, comme ils expliquent, par “Ja crainte des jugemens de Dieu, par leurs “ larmes, leur patience et leurs bonnes Œuvres, ‘que leur conversion est véritable et non pas “ feinte; après certains exercices de plusieurs

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‘années, qu’il serait trop long d’expliquer, il ‘sera permis à l’Evêque d’ordonner pour eux ‘“ quelque plus grande douceur et humanité, ‘ Mais pour ceux qui auront fait pénitence in. ‘ différemment, croyant (remarquez ces mots) ‘ que c’est assez d’entrer dans l’Eglise pour être ‘ converti, ils achèveront leur temps”, et on ne leur fera aucune grace. Ainsi la douceur et Phumanité, c’est-à-dire, lPindulgence, selon l'esprit de PEglise et de ce grand Concile, est attachée à la ferveur avec laquelle on aura subi les travaux de la pénitence.

IT. CoNSsIDERATION.

Ce que c’est, selon ce Concile, que faire pénitence indifféremment.

Pesons ces paroles des pères de Nicée: ‘ Ceux ‘ qui feront pénitence indifféremment, croyant “que c’est assez d’entrer dans l’Église pour “être converti, acheveront leur temps”. Que veulent dire ces pères par cette pénitence indifférente, sinon une pénitence et des œuvres satisfactoires pratiquées avec mollesse, avec nonchalance, sans componction, sans courage, sans sentimens, sans prendre rien sur soi-même, sans éviter les occasions qui nous induisent au mal, qui rendent la tentation victorieusedenotre faiblesse. Pour sortir de cette funeste indificrence, il faut s'attacher à la prière, au jeûne, aux aumônes, aux bonnes œuvres, et travailler sérieusement à l’œuvre de son salut, à la durée permanente de sa conversion, autrement on prend trop indifféremment la pénitence ; (Apoc. 3, 16.) on est de ces tièdes que Jésus-Christ vo-

mit de sa bouche, et lindulgence n’est pas faite pour de tels états, selon le Concile de Nicée.

PRIERES, AFFECTIONS ET RESOLUTIONS

On demande à Dieu la ferveur intérieure où l’Eglse nous veut porter par lPindulgence.

à DIEU, Ôtez de mon cœur cette noncha- AP lance qui me fait prendre la pénitence inment: il faut avoir oublié ses péchés, ses obligations, son salut, vos Jugemens, vos miséricordes, vos graces, pour faire nonchalamment, et avec mollesse et indifférence, une action aussi importante que celle de la pénitence.

Mon Sauveur, je tremble à cette terrible menace de vomir les tièdes, c’est-à-dire, ceux qui font lâchement votre œuvre. Mais quelle œuvre doit être faite moins lâchement que l’œuvre de la péuitence, où il s’agit de réparer ses là. chetés et ses négligences passées?

O mon Dieu! dans la pénitence il faut vaincre sa faiblesse et ses mauvaises habitudes : quelle action demande plus d’effort, plus de violence que ceile-là? N'est-ce pas ici l’occasion où le royaume des cieux souffre violence, et doit être enlevé par force, afin que la coutume de mal faire, cède, comme dit Saint Augustin, à la violence du repentir? U{ violentiæ pænilendi cedal consuetudo peccandi.

Seigneur, pour éviter cette nonchalance, donnez-nous ce que votre Eglise, dans le Con: cile de Nicée, demandait aux pénitens: la crainte qui nous fait fuir les occasions du péché

pas faite

Nicée.

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