‹ Sermon du P. Bourdaloue sur le jubilé [microforme]Chapitre 33 sur 43 · JOUR LE · texte numérisé non relu

JOUR LE

normité des péchts que commettent les Chré.

tiens n’est pas moins grande : leur ingratitude qui outrage le Saint-Esprit qu’ils ont reçu dans le baptême n’est pas moins horrible: la justice de Dieu n’a pas changé ses règles : la pente des mauvaises habitudes contractées par le péché n’est pas moins dangereuse, et la licence de pécher n’est pas moins à craïndre que dans les premiers siècles. L'Eglise appuie toutes ces raisons dans le Concile de Trente avec une force qui ne cède en rien à celle des pères: la pénitence n’est un second baptême qu’à ce prix ; et comme dit le Concile, s’il n’est accompagne de grands pleurs et de grands travaux, ce ne sera point ce baptême laborieux qui nous ramène à notre première pureté et intégrité. Que si la vigueur de l’ancien esprit du christianismesubsiste dans toute sa force, on a toujours le même besoin de la clémence et de Pindulgence de l'Eglise.

IT. CoNsIDERATION.

Autres décrets importans du même Concile.

C’est pourquoi ce même Concile entrant dans l’esprit et dans le zèle de Pantiquité : pour conserver les Indulgences contre la témérité des Hérétiques, et déterminer ce qu’il en faut croire, parle ainsi : (Contin. Sess. 25. Dec. de Indulg.) ‘ La puissance de conférer les Indulgences ayant « été donnte à l’Église par Jésus-Christ, et la ‘ méme Église avant usé de cette puissance «cs “ les premiers temps ; le saint Concile enseigne “ que l’usage des Indulgeuces, très-salutaire au “ peuple chrétien et approuvé par lautorité des H

‘ saints Conciles, doit être conservé. Le même ‘* Concile frappe d’anethême tous ceux qui assu- “ rent ou qu’elles sont inutiles, ou que la puis- « sance de les accorde: n’est pas dans l’Église, ‘ Elle souhaite pourtant qu’on apporte à les ac- ‘ corder la raodération qui est établie par la cou- ‘ tume ancienne et approuvée dans l’Eglise ; de ‘ peur que l2 discipline ecclésiastique ne soit « énervée par une excessive facilité.” Le reste de ce décret ne regarde que les Evêques et le soin qu’ils doivent prendre de déraciner la superstition, les gains illicites, et les abus qui se pourraient trouver dans la dispensation et l’usage des Indulæences : ce qui revient au décret du même Concile, où il est réglé, ‘ que les Indul- + gences et les autres graces spirituelles, dont ‘il n’est pas Juste de priver les fidèles de J{sus- ‘ Christ, sous pretexte qu’on en abuse, seront

‘ publiées avec les circonspections prescrites ‘ dans ce décret : (Sess. 21. ch. 9. de Reform.) ‘ En sorte enfin, conclut ie Concile, qu’on en. “sonde que ces célestes trésors de l'Eglise sont ‘€ dispensés, non pas pour le gain, mais pour la De +

JIT. CoxsiDERATION.

Remarques sur ces Décrets.

out ressent l’antiquité et la pitté dans ces décrets du Concile, et l’on ne peut assez admirer la sagesse de PEglise, ni la pureté de sa doctrine.

On voit premitrement, que le saint Concile ramene tout aux usages anciens et approuvés

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Concile )'OUVÉS

dans l’Eglise et dans les Conciles: or est-il, que l’esprit des anciens Conciles, et entr’autres du Concile de Nicée, est d’accorder l’Indulgence à ceux qui récompenseront par la ferveur ce qui sera relâché de laustérité ; par conséquent il paraît que c’est encore aujourd’hui lintention de l’Église, que les fidèles entrent dans cet esprit, et qu’ils aiment davantage lorsqu’on leur remet davantage, selon que Jésus-Christ l’a prononcé de sa bouche.

Secondement, le Concile souhaite qu’on modère les Indulgences, de peur d’énerver la discipline ecclésiastique ; et sans nous jeter dans des discussions qui regardent le soin des pasteurs, il n’y a rien de plus efficace pour prévenir ce funeste affaiblissement de la discipline, que de faire entrer les fidèles par le moyen des [nduigences, dans cet esprit de ferveur, si conforme à l'Evangile et à toute l’antiquité.

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