EZÉCHIEL XVI
Eminence, Monseigneur, (1)
Mes bien chers Frères,
Ce texte de la Sainte Ecriture ne semble-t-il pas convenir d’une manière toute spéciale à Ja pieuse solennité qui nous
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réunit dans ce sanctuaire vénérable pour y Célébrer le deuxième centenaire de sa fondation glorieuse ? Ces paroles, en effot, tombant pour ainsi dire en ce Jour des lèvres bénies de Marie Immaculée, depuis plus de deux cents an*, Reine et Maîtresse de ces lieux, nous rappellent à tous cette alliance qu’'Elle daigna contracter avec nous, dès l’origine de la colonie :
alliance sainte, s’il en fut jamais, puisque c'est l'alliance de la Souveraine des cieux avec ses dévots serviteurs de la terre ; alliance forte, puisqu'elle nous promet et nous donne l’appui de cette femme que l’'Esprit-Saint appelle terrible comme une armée rangée en bataille ; alliance constante, puisque c’est celle d’une mère qui a juré de ne jamais abandonner ses enfants ; alliance admirable à tous les titres, car pour tout résumer en deux mots, elle a été pour nous le principe de nos gloires et de nos triomphes dans les jours passés et elle fait l’objet de notre allégresse dans le jour présent, où nous venons la renouveler avec l'espoir et l'assurance qu’elle durera toujours.
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M. F,, c'est à ma faible voix qu'a été réservé l'honneur de célébrer aujourd’hui devant vous l’histoire merveilleuse de cette alliance du peuple canadien avec Mayie Reine de la Victoire. Quelqu’impuissante copendant que soit ma parole, Je serais tenté de souhaiter qu’elle püût être entendue en ce moment de tous ceux qui, ce matin, ont l’œil et la pensée tournés vers ce sanctuaire : faut-il que les murs antiques de cette chapelle n'aient pu 8e dilater comme se dilate le cœur de notre Mère ! Une consolation nous reste, en contemplant cet auditoire d'élite : frères. bien aimés, vous êtes les heureux représentants de cette multitude de chrétiens. Pour vous et pour eux, prêtez l'oreille ; pour vous et. pour eux, prenez part à ce concert de prières-et de louanges qui est offert à Marie, et pour vous et pour eux vous remporterez dans vos demeures l'abondance de ses maternelles bénédictions. .
Recordabor ego pacti mei tecum in diebus . adolescentiæ tue.
que
M. F,, rappeler les principaux traits qui ont marqué jusqu’à ce jour l'alliance que la sainte Vierge a faite avec nous, c'est raconter une série non interrompue de bienfaits et de victoires. .
Le propre de la faiblesse, nous le savons, c’est de chercher un appui, et plus la faiblesse est grande, plus il faut que cet appui soit puissant et fort: c'est là le principe des alliances qui se font ici bas. Ce qui est vrai, M. F., des individus l’est encore davantage quand il s’agit des nations. Ileureuses sont elles, quand un peuple ami leur tend la main; mais, plus heureuses encore si, connaissant l’inconstance des alliances terrestres, elles cherchent plus haut que la terre ces alliances qui doivent leur procurer infailliblement le salut! C’est ce que firent * nos pères. Désireux d'étendre la domination de la vieille France sur ces contrées lointaines, plus désireux encore, ce remble, de les donner uu ‘Christ et à son Eglise, nos pieux ancêtres ne se contentèrent pas des faibles secours qui leur venaient d’un roi de ce monde, ils cher.