‹ Sermons (volume 2)Chapitre 30 sur 60 · J. 1 'À LES LOIS · texte numérisé non relu

J. 1 'À LES LOIS

qu'importe comment je m'y prends pour les remplir! Il importe beaucoup... Car il n'y a pas deux chemins pour descendre avec calme à la tombe, et pour en remonter avec gloire de l'autre côté; il n'y a pas deux trônes de la grâce où nous puissions recourir; il n'y a pas deux croix de Golgotha que nous puissions embrasser; il n'y a pas àeux portes étroites qui ouvrent dans les cieux! Mais j'admettrai un moment qu'il y ait diverses voies de salut: celles de votre invention vaudront-elles mieux que celles où Dieu vous guide? Deviendrez-vous plus facilement des saints et des élus par une méthode de votre choix, que par les directions du Seigneur? Et quel langage à lui tenir au jour du jugement que de lui dire: j'ai pratiqué des vertus, mais d'autres que celles que tu exiges; j'ai suivi des commandemens, mais des commandemens que je me suis prescrits à moi- même; j'ai été juste et fidèle, mais à ma manière, et non pas à la tienne. O M. F., nous ne devons pas être bons comme nous voulons l'être, mais comme Dieu veut que nous le soyons. Le danger est immense, vous le voyez assez, de mettre une morale selon l'homme à la place de la morale selon Dieu , de refaire les lois divines , de les rendre ou plus sévères ou plus douces; il faut les laisser telles que Dieu les a faites, et les suivre avec une infatigable exactitude; sans quoi vous pouvez être vainqueurs selon le monde, mais vous ne serez pas couronnés; et si vous prétendez vous servir à vous-mêmes de législateurs, servez-vous donc aussi

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de rémunérateurs à vous-mêmes, et couronnez-vous de vos propres mains, car Dieu ne vous couronnera pas... Mais quoi! me direz-vous, de telles paroles sont dures ^ qui les peut ouïr? Cette méditation n'a rien qui console, encourage, rassure; elle nous a tristement inquiétés, et qui sera sursaut pour ces choses? Cette méditation vous a inquiétés!... M. F., je ne veux point me retrancher derrière l'autorité de St. Paul, et vous demander si, du haut de cette chaire, nous ne pouvons hardiment vous dire les mêmes choses que St. Paul écrivait au plus chéri de ses disciples, au plus digne de ses compagnons d'oeuvre. Non, non, j'appuierai cette idée au lieu de la combattre; la religion doit être aussi féconde en inquiétudes salutaires qu'en consolations efficaces. Ce n'est pas une petite chose que de gagner une éternité bienheureuse, et plaise à Dieu que ces pensées vous aient inquiétés, vous qui ne vous en inquiétez pas assez, vous à qui la bonté de Dieu fait oublier sa justice et sa sainteté, vous qui, mesurant votre foi et votre charité, vous surprenez à vous dire: j'en ai assez; vous qui, regardant autour de vous et vous comparant à autrui, dites: j'en ai plus que bien d'autres! vous enfin, qui, comptant vos péchés, dites aussi: j'ai des excuses que d'autres n'ont pas! Ah! si jamais ces fatales illusions vous égarent, plaise à Dieu que vous sortiez inquiets de ce temple, et que vous rentriez inquiets dans vos demeures, et que vous restiez, s'il ne faut, inquiets à toujours, afin de l'être moins en descendant au

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