‹ Sermons (volume 3)Chapitre 19 sur 61 · DE LA TERRE · texte numérisé non relu

DE LA TERRE

esprit et en vérité; vous seuls connaissez la Providence comme universelle, égale envers tous les êtres, et pour toutes choses et en tout temps; vous seuls connaissez l'immortalité comme une certitude désormais victorieuse sur la quelle il est inutile de revenir; vous seuls confessez que tous les hommes sont également immortels, et en attendant qu'ils entrent dans leur immortalité glorieuse, vous seuls savez qu'ils sont frères en ce monde et ne forment qu'une famille. Ce dogme, le fondement de la morale sociale du christianisme, ce dogme, la plus féconde des vérités qui concernent la terre, est le signe caractéristique de notre religion parmi les religions; c'est la table de notre loi qu'aucun Moïse même ne peut briser; c'est la flamme de notre sacrifice perpétuel qu'aucun orage ne peut éteindre! De ces doctrines, voyez quels sont les fruits. Partout en ce monde il y a des souffrances et des larmes: mais parmi les chrétiens seuls, on sait bien souffrir et bien pleurer, et se dire avec une espérance sans cesse renaissante, que bienheureux sont ceux qui pleurent, parce qùils seront consolés; partout en ce monde il y a des séparations: mais parmi les chrétiens seuls ou sait à temps cesser de chercher parmi les morts ceux qui sont vivons; partout en ce monde on meurt: mais parmi les chrétiens seuls on sait à qui remettre en mourant son esprit. Cette incontestable supériorité du christianisme éclate encore dans ce fait, que de toutes les religions le christianisme seul fait des conversions aujourd'hui.

Page 1