‹ Sermons (volume 3)Chapitre 21 sur 61 · DE I,A TERRE · texte numérisé non relu

DE I,A TERRE

Ici, je dois m'arrèter devant une objection qui menace de nous ravir tout le fruit de ce discours. Le sel, me demanderez-vous, peut-il perdre sa saveur? Pouvons-nous cesser d'être chrétiens? pouvons-nous oublier l'Evangile? Pouvons-nous effacer de notre mémoire ce nom de Christ que tout nous rappelle, ce nom que nous lisons en quelque sorte écrit de tous cotés, et sur les pages partout ouvertes de l'Évangile, et sur l'azur des cieux où il règne, et sur la pierre de tous ces tombeaux dont il viendra nous délivrer? M. F., je pourrais vous renvoyer à l'histoire. Vous n'y verriez que trop comment l'homme peu-à-peu, et sans même s'en apercevoir dans l'ivresse de ses passions, peut tenir le boisseau au-dessus de la lumière, le laisser lentement descendre sur elle, la voiler de plus en plus, la couvrir par degrés, la cacher à tous les yeux , et enfin l'étouffer et l'éteindre. Mais il vaut mieux vous faire une réponse plus directe... Que, dix-huit siècles déjà passés, dans un pays nommé la Judée, l'instituteur d'une religion nouvelle ait péri sur une croix et scellé de son sang sa doctrine; que ses principaux disciples après sa mort aient mis la main à l'oeuvre et fondé cette Église que nous voyons encore ; que dans les temples de ce culte on lise un livre nommé l'Évangile, dont la morale est profitable et bonne, voilà ce que vous ne pouvez oublier; voilà ce qui ne sortira point de votre esprit; à mais c'est là une connaissance stérile, sans efficace et sans fruits. Croire à Jésus comme un personnage historique,

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