DE L\. CREATION
affections et nos péchés, nos tombes et les perspectives de notre immortalité. Rien alors n'étonne ni dans nos souvenirs ni dans nos espérances; l'univers s'illumine de bonheur, et de l'homme à l'archange se prolonge cette chaîne immense de reconnaissance et de joie. En quelque temps à travers les âges, en quelque lieu à travers les mondes, que notre piété se transporte, elle ne voit qu'un Dieu tout bon, et des créatures heureuses selon leurs facultés et selon leur obéissance; et alors elle ne peut que redire ces magnifiques paroles du poète sacré : Bénissez l'Eternel , vous toutes ses oeuvres par tous les lieux de sa domination ; mon âme, bénis l'Éternel.... Mon âme, bénis l'Éternel!... Oui, car nous qui ne sommes que poudre et que cendre, nous ne sommes pas exclus de la commune loi; c'est aussi pour le bonheur que Dieu nous a créés, et notre gratitude doit se mêler à celle de toutes ses créatures, et notre voix doit parler avec la voix de
l'univers M. F., lorsque, recherchant le secret
de la création, il ne s'agissait encore que de vérité et non de reconnaissance, ce n'était pas le moment de l'humilité; ce n'était pas le moment de dire; l'homme est si peu de chose dans l'univers que Dieu pouvait l'oublier. Mais à présent que les faits sont éclaircis, à présent que l'intention divine est reconnue et justifiée, voici, voici le moment de l'humilité; voici le moment de s'abattre devant Dieu le front dans la poussière, de laisser là dans cette poussière qui enivre ou aveugle, une froide philo-