SERMON SUR 1 CORINTHIENS XV
Comme tous meurent par Adam , de même tous revivront par Christ.
Mes Frères ,
De tous les évènemens de notre destinée, de tons les phénomènes de notre existence, de toutes les choses de ce monde, il y en a une surtout qui semble inexplicable, c'est la mort. Il est vrai que de toutes les choses de ce monde, c'est celle peutêtre dont nous avons le plus l'expérience, celle que la science a le plus étudiée, celle qui frappe le plus souvent nos regards, celle qui a le plus fait réfléchir. La mort ici-bas est partout présente; nous vivons au milieu d'elle, nous passons à travers des tombeaux pour aller chercher le notre, et la poudre soulevée par nos pas n'est que la poudre des vieux sépulcres que le temps a rendue plus légère.
•J>.6j. LA MORT PAR ADA31 ET
Cependant la mort est presque inconnue et garde encore des secrets qu'elle n'a communiqués à personne. Il est facile sans doute de dire qu'un corps comme le nôtre n'est pas fait pour durer, qu'il porte en lui-même le germe de sa destruction future, et que sa naissance n'est que le premier moment de sa mort. Ces explications dont nos sages quelquefois se contentent, n'expliquent que le fait matériel, n'expliquent que la dissolution, et non la mort; c'est nous dire comment l'édifice tombe; et non pourquoi il doit tomber; et bien avant nos sages, Moïse et Salomon avaient dit en termes qui valent les leurs : La poudre retourne en poudre. La difficulté n'est pas là; elle est ailleurs; elle est plus haut; elle n'est pas sur la terre; elle est au ciel pour ainsi dire; et ce qui empêche de la voir, c'est que nous sommes accoutumés à la mort; nous sommes familiarisés avec elle, et nous négligeons, nous oublions d'y penser, comme à tant d'autres choses qui reviennent sans cesse, comme à la verdure qui revient chaque année, comme à la lumière qui revient chaque jour. Mais faisons un moment exception de notre habitude ou de* notre crainte; supposons que nous sommes ici désintéressés; supposons que nous sommes tout-à-fait immortels et que la mort ne nous regarde pas; alors, voici comment la question se présente. Dieu crée un être nommé l'homme, être formé à son image, couronné de gloire et d'honneur, fait un peu moindre que les anges; et il l'installe roi d'un monde magnifique
LA. VIE PAR CHRIST. j.G'y
qu'il lui donne à régir et à étudier, et il lui accorde la raison que Salomon à nommée une lampe de V Étemel; il lui accorde la liberté qui l'élève au rang d'être moral et responsable; il lui accorde une imagination, faculté immense qui lui soumet tout ce qui est possible; et il rend cet être sensible; il grave dans son âme un ardent besoin et un plaisir ineffable à aimer des créatures semblables à lui; et de l'ensemble de ces dons sublimes, il résulte que cet être éprouve un vif amour de la vie, une profonde horreur à l'idée de voir sa vie ou s'interrompre ou cesser. Eh bien! ce Dieu, à tous ces dons, en joint un qui les empoisonne tous; des trésors si précieux sont déposés dans un vase de terre; cette magnifique existence doit aboutir à un peu de pourriture où des vers se promèneront, et cette âme glorieuse est renfermée dans une prison de chair d'où elle ne sort que par un supplice. Voilà, Chrétiens, voilà notre sort! Est-il concevable que l'auteur de la vie l'ait exposée gratuitement à cette sorte de destruction dite la mort!... O sagesse humaine! Il est vrai! la poudre doit retourner en poudre. Mais ce mot là n'explique rien. Il ressemble à ces épitaphes à moitié effacées qui annoncent un décès dont l'histoire est perdue.
Notre histoire ne l'est pas, et le mot de cette grande énigme est écrit aux premières pages de la révélation. Tant que vous considérez la mort seulement comme un fait naturel, elle demeure un mystère incompréhensible pour quiconque croit en