XVII. — De la vraie dévotion
La vraie dévotion, loin d'être à craindre dans un État, y est au contraire d'un grand secours. « Elle défend de vouloir du mal à personne, « d'en faire à autrui, d'en dire, d'en penser de qui que ce soit: elle ne « souffre pas qu'on entreprenne, même contre un particulier, ce qui ne « serait pas permis contre un empereur; et combien plus interdit-elle « à son égard tout ce qu'elle ne permet pas contre Je dernier des suce jets ? » Maie velle, maie facere, malè dicere, malè cogitare de quoquam ex œquo vetamur. Quodcumque non licet in imperatorem, idnec in quemqwim ; quod in neminem, eo forsitan magis nec in ipsum i.
XVIII, — Opposition de la nature et de la grâce.
L'Évangile uous apprend qu'il n'y a rien de plus opposé que la nature et la grâce; et néanmoins la grâce agit selon l'ordre de la nature, et ne pervertit pas son ordre. Quant à l'objet auquel la grâce nous applique, il y a entre elle et la nature une étrange opposition ; mais quant à la manière dont la grâce nous fait agir, die a avec la nature une entière ressemblance et une parfaite conformité. Sicut exhibuistis membra vestraservire iniquitati ad iniguitatem, ita nunc exhibe te membra vestra servire juslitiœ in sauctificationem 2 : « Comme vous avez « fait servir les membres de votre corps à l'injustice pour commettre « l'iniquité, faites les servir maintenant à la justice pour votre sanc- « tiiication. »