‹ Sermons, discours et mandementsChapitre 5 sur 74 · ADIEUX A LA CLOTURE DE U MISSION DE BORDEAUX · texte numérisé non relu

ADIEUX A LA CLOTURE DE U MISSION DE BORDEAUX

nonça le discours d'adieux. Après lui, M. Fayet monta en chaire, traça, dans un discours rapide, les devœrs du chrétien au milieu d'un monde séducteur et corrompu, et termina par les adieux suivants, accueillis par les larmes et les sanglots des assistants :

c< Adieu, s'écria-t-il; adieu, âmes saintes dbnt le zèle et la ferveur furent les auxiliaires de notre laborieux apostolat!

c< Adieu, chrétiens transformés par la grâce; adieu, fidèles de toutes les conditions et de tous les âges! Celui qui travaille sur le néant s'est servi des plus faibles instruments pour faire triompher sa puissance et sa miséricorde au milieu de vous. Les aveugles voient, les sourds entendent, la langue des muets est déliée, les paralytiques sont guéris. 0 glorieuse régénération !

« Conservez, mes très-chers frères, toutes les richesses spirituelles que vous avez recueillies, persévérez. Que tout soit au sein de vos familles contentement, persuasion, amour; que les vues et les affections y soient confondues en Jésus-Christ; que le Dieu qui vous a sanctifiés affermisse à jamais en vous son règne de grâce et de paix !

« Vous aussi, vous que notre voix n'a pu ni convaincre ni persuader; victimes des préjugés et des passions, recevez nos adieux; nous étions venus

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pour vous seuls, et vous seuls, hélas! avez méconnu les jours agréables, le temps du salut. D'autres prêtres, moins tièdes que nous, vous eussent ramenés, sans doute, à la vérité, à la vertu. Oui, ce sont nos péchés qui ont frappé notre ministère de stérilité par rapport à vous. C'est donc dans une humiliation profonde, dans l'amertume des regrets, que nous vous disons, adieu, adieu pécheurs ! 0 mon Dieu ! ô mon Père ! que cette parole sortie de ma bouche ne soit pas l'adieu de vos miséricordes ! »

M. Fayet fut contraint de s'arrêter à cette triste exclamation :, l'orateur et l'auditoire étaient également émus. Un instant après il reprit en ces termes :

c( Adieu, prêtres du sanctuaire, vénérable clergé de cette métropole; vous avez partagé nos travaux, mêlé vos sueurs à nos sueurs. Vingt ans d'infirmités et de souffrances ont été oubliés, vous avez senti vos cœurs se rajeunir sous vos cheveux blancs. Recevez dans vos bras toutes les brebis que le bon Pasteur a ramenées au bercail; si leur retour a fait votre bonheur, que leur persévérance soit votre ou* vrage et votre couronne!

<c Et vous, que la religion de Jésus-Christ associe depuis soixante ans à ses combats et à ses triomphes, à ses persécutions et à ses victoires, vous qu'elle a placé à la tête d'une de ses grandes églises

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