MANDEMENT QUI ORDONNE DES PRIÈBES, ETC
livrance de Pierre ^^ et le priant de rendre à son peuple le pontife bien-aimé, afin qu'il puisse continuer librement l'œuvre qui lui a été confiée par le souverain pasteur de nos âmes.
* Et Petrus quidem scrvabatur in ctrcere. Oratio autem fiebat sine intermissione ab Ecclesia ad Deum pro eo. Act., xti, 5.
25 décembre 1848.
Les graves circonstances qui nous ont séparé de vous pour un peu de temps, nos très-chers frères, ne nous permettent pas de suivre les mouvements de notre zèle pour la sanctification de vos âmes et de développer avec étendue, au commencement du Carême, les motifs qui rendent moins laborieuses les œuvres de mortification et de pénitence.
Toutefois les enseignements ne vous manqueront pas si vous savez les comprendre et les méditer sérieusement en présence de Dieu. Les choses, aujourd'hui, instruisent plus éloquemment que tous les discours, et semblent venir ajouter une redoutable autorité à la divine autorité de l'Évangile.
f^es sombres inquiétudes qui pèsent sur le présent, les terreurs de l'avenir, l'instabilité de jour en jour plus visible des fortunes temporelles^ les sociétés qui penchent vers des abîmes, des tempêtes sur toutes les mers, tout nous enseigne que la terre n'est pas notre patrie \ et que l'homme chercherait vainement ailleurs que dans la pratique des vertus chrétiennes le repos de l'âme, les joies ineffables de la conscience, le véritable bonheur.
Vos dignes et vénérables pasteurs n'ont cessé de vous exposer ces importantes vérités, nos très-chers frères; quel fruit ont-ils retiré de leurs travaux et de leurs fatigues? Le ministère qu'ils exercent avec tant de dévouement et de zèle serait-il donc frappé d'une éternelle stérilité? La coruptîon et l'incrédulité auraient-elles anéanti le christianisme parmi vous, et la plaie profonde qui vous consume serait-elle désormais rebelle aux remèdes les plus efficaces?
Telles sont nos préoccupations de tous les instants, au milieu des travaux que nous soutenons pour la gloire de la religion et le triomphe de l'Église; car, quoique absent et séparé de notre bienaimé troupeau, nous sommes constamment au milieu de vous par notre affection, et vous êtes l'objet
* Non eiiim habemus hic inanentcm civitatein, sed futunm inquirimus. Hebr., xiii, 14.
continuel de notre sollicitude \ Lorsque la divine Providence nous ramènera parmi vous, nos très* chers frères, aurions-nous la douleur d'entendre vos pieux pasteurs nous avouer en gémissant qu'après avoir travaillé et le jour et la nuit à la sanctification de vos âmes, ils n'ont moissonné que la douleur et les larmes? et voudriez-vous ajouter ainsi de nouvelles tristesses à celles qui nous oppressent*?
« Le jour de votre visite* » n'est point passé sans retour, il est vrai, et les richesses de la miséricorde divine ne sont point épuisées; a là lumière est encore avec vous » pour un peu de temps, ix marchez tandis qu'elle brille, de crainte que les ténèbres ne vous surprennent * » avant d'être parvenus au terme du voyage.
Hélas! nos très-chers frères, plusieurs d'entre vous ne verront plus le renouvellement de cette sainte quarantaine! Combien, peut-être, seront surpris et frappés tout à coup par la mort avant son entière expiration 1 car c< les jours de l'homme sont courts, » selon l'expression de l'Écriture; « il
* Et si corpore absenssum, sedspiritu vobiscumsum. Col., ii, 5.
* Et hoc ipsum scripsi vobis, ut non cum venero, tristitiam super tristitiam habeam, de quibus oportuerat me gaudere. Il Cor., ii, 5.
* Luc, XIX, 44.
* Adhuc modicum, lumen in Tobis est ; ambulate dum lucem habetis, ut non vos tenebrse comprehendant. Joan., xii, 55.