DE SAINTE GENEVIÈVE
avez tant contribué : délivrez-la par votre heureuse médiation, non plus, comme autrefois, delà disette du pain , mais de celle de l'instruction , mais de celle de la parole sainte dont elle est menacée ; déUvrez'la non plus, comme autrefois, du ^2^ sacré et de la fièvre dévorante des ardens (i), mais de ces ardens propagateurs des nouvelles lu* mières, de ces ardens démolisseurs de Tordre social, de ces ardens apôtres d'athéisme et d'impiété: délivrez-la non plus de ces barbares qui renversoient nos villes avec leurs armes, mais de ces hommes à haute civilisation qui les troublent par leurs maximes désolantes , qui les empoisonnent par Içurs écrits pervers 3 mais de ces Attila modernes qui ne s'appelent pas le fléau de Dieu , comme ce roi des Huns ,. mais qui sont les fléaux de leur patrie et du genre humain : délivrez-la enfin non des ennemis du dehors, qu'elle n'a plus à craindre, mais sauvez-la d'elle-même et des ennemis cachés qui la détruisent sourdement , afin que , revenue à ses anciens principes , elle revienne à son ancienne gloire, et que pacifique au dedans autant que respectée au dehors , et forte également de sa légitimité dans l'État et de son unité dans
(i) On appela yêu sacré ou ardent p une maladie qui, sous le règne de Louis le Gros, vers Tan ii3i , fit beaucoup de ravages en France. Un grand nombre de malades qui en étoient atteints furent guém à Paris par Tintercession de sainte Geneviève. Voyez le Bréviaire de Paris, au 26 novembre , et Y Histoire de t Eglise gall. , par le P. Lengueval, liv. xxiv.