FAUX HONNEUR
Prince beureax devant les hommes! mais qu'est aux yeux de la foi le bonheur humain? quedure-t-il?et, dans sa courte durée, combien traine-t-il avec lui de fiel et d*amertume? Quel privilège ont ici les princes au-dessus du peuple? tout ce qui les environne les rend-il heureux? Hélas J tout ce qui est hors de nous ne saurait jamais faire un bonheur pour nous. Les plaisirs occupent les dehors ; le dedans est toujours vide. Tout parait joie pour les grands, et tout se tourne en ennui pour eux. Plus les plaisirs se multiplient, plus ils s'usent. Ce n*est pas être heureux que de n'avoir plus rien à désirer, c'est perdre le plaisir de l'erreur ; et le plaisir n'est que dans l'erreur, qui l'attend et qui le désire. La grandeur elle-même est un poids qui lasse. Les chagrins montent si;r le trône , et vont s'asseoir à côté du souverain : la félicité les rend plus amers. Le monde étale des prospérités ; le mond^ ne fait point d'heureux. Les grands nous montrent le bonheur, et ils ne l'ont pas. Quel est donc l'homme heureux sur la terre? c'est l'homme qui craint le Seigneur ; c'est le juste qui n'est pas de ce monde; c'est un cœur qui ne tient qu'à Dieu, et à qui la mort n'ôte rien que l'embarras du corps terrestre , qui l'éloignait de Dieu.
( Orais. iunéh. du Dauphin. )