DE CAB^.HE
avais-je les yeux ouverts à la lumière, qu*une mort prématurée les ferma en même temps à Adélaïde qui m'avait porté dans son sein , et dont les traits aimables et majestueux sont encore ' peints sur mon visage; et au prince pieux de qui je tiens la vie , et dont les sentiments religieux seront toujours gravés dans mon cœur ipater meus et mater mea dereliquerunt me. Mais vous , Seigneur, qui êtes le père des rois et le Dieu de mes pères , vous m'avez pris sous votre protection , et mis à couvert sous l'ombre de vos ailes et de votre bonté paternelle : Dominus autem assumpsit me'.
Grand Dieu ! gardez donc son innocence comme un trésor encore plus estimable que sa couronne ; faites-la croître avec son âge ; prenez son cœur entre vos mains , et que le feu impur de la volupté ne profane jamais un sanctuaire que vous vous êtes réservé depuis tant de siècles : custodi innocentiam *.
Voyez ces semences de droiture et de vérité que vous avez jetées dans son âme; cet esprit de justice et d'équité qui se développe de jour en jour, et qui parait être né avec lui ; cette aversion naissante pour les artifices et les fausses louanges du flatteur; et 'ne permettez pas que l'adulation corrompe jamais ces présages heureux de notre félicité future : et vide aequitatem 3.
Qu'il règne pour notre bonheur, et il régnera pour sa gloire. Que son unique ambition soit de rendre ses sujets heureux; que son titre le plus chéri soit celui de roi bienfaisant et pacifique : il ne sera grand qu'autant qu'il sera cher à son peuple. Qu'il soit le modèle de tous les bons rois , et que ce prince pacifique puisse laisser encore après lui des princes qui lui ressemblent : quoniam sunt reliquiae komini pacifico 4. Re« cevez ces vœux , ô mon Dieu ! et qu'ils soient pour nous les gages de la tranquillité de la vie présente, et l'espérance de la future ! Ainsi solt-il.
• PS. 26, V. 10. — 2 iWd. — 3 Ibid. — " Ibid.
SERMON