‹ Sermons et morceaux choisis de MassillonChapitre 22 sur 145 · DE CARÊME · texte numérisé non relu

DE CARÊME

grands qui vivent dans roublldeDiea qu'elles exercent un empire plus triste et plus tyrannique. Leurs disgrâces sont plus accablantes: plusTorgueil est excessif, plus rhumiliation est amère. Leurs haines plus violentes : comme une fausse gloire les rend plus vains , le m'épris aussi les trouve plus furieux et plus inexorables. Leurs craintes plus excessives : exempts de maux réels , ils s'en forment même de chimériques, et la feuille que le vent agite est comme la montagne qui va s'écrouler sur eux. Leurs intirmités plus affligeantes : plus on tient à la vie , plus tout ce qui la menace nous alarme. Accou* tumés à tout ce que les sens offrent de plus doux et de plus riant , la plus légère douleur déconcerte toute leur félicité, et leur est insoutenable : ils ne savent user sagement ni de la maladie ni de la santé , ni des biens ni des maux inséparables de la condition humaine. Les plaiârs abrègent leurs jours ; et les chagrins , qui suivent toujours les plaisirs , précipitent le reste de leurs années. La santé , déjà ruinée par l'intempérance , succombe sous la multiplicité des remèdes. L'excès des attentions achève ce que n'avait pu faire l'excès des plaisirs ; et s'ils se sont défendu les excès , la mollesse et l'oisiveté toute seule devient pour eux une espèce de maladie et de langueur qui épuise toutes les précautions de l'art, et que les précautions usent et épuisent elles-mêmes. Ënlîn , leurs assujettissements plus tristes : élevés à vivre d'humeur et de caprice , tout ce qui les gène et les contraint les accable. Loin de la cour, ils croient vivre dans un triste exil ; sous les yeux du maître , ils se plaignent sans cesse de Tassujettissement des devoirs, et de la contrainte des bienséances : ils ne peuvent porter ni la tranquillité d'une condition privée , ni la dignité d'une vie publique.

Le repos leur est aussi insupportable que l'agitation , ou plutôt ils sont partout à charge à eux-mêmes. Tout est un joug pesant à quiconque veut vivre sans joug et sans règle.

lïon, mes frères, un grand dans le crime est plus malheureux qu'un autre pécheur: la prospérité l'endurcit, pour ainsi dire, au plaisir, et ne lui laisse de sensibilité que pour

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ia peine. Vous l'avez voulu, ô mon Dieu, que Félévation, qu'on regarde comme une ressource pour les grands qui vivent dans Foubli de vos commandements , soit elle-même leur ennui et leur supplice!

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