‹ Sermons et morceaux choisis de MassillonChapitre 59 sur 145 · POUR LE JOUR DB PAQUES · texte numérisé non relu

POUR LE JOUR DB PAQUES

conquérants qui jetèrent dans les Gaules les premiers fondements de votre monarchie; ils sont plus connus par les fables et par les romans que par les histoires , et l'on dispute même s*il £auf les mettre au nombre de vos augustes prédé^ cesseurs : ils sont demeurés comme ensevelis dans les fondements de Tempire qu'ils ont élevé; et leur valeur, qui a perpétué la conquête du royaume à leurs descendants , n'a pu y perpétuer leur mémoire.

Mais le premier prince qui a fait asseoir avec lui la religion sur le trône des Français a immortalisé tous ses titres par celui de chrétien. La France a conservé chèrement la mé"moire du grand Qovis ; la foi est devenue , pour ainsi dire , la première et la plus sûre époque de l'histoire de la monarchie, et nous ne commençons à connaître vos ancêtres que depuis qu'ils ont commencé eux-mêmes à connaître Jésus- Christ.

Les saints rois dont les noms sont écrits dans nos annales seront toujours les titres les plus précieux de la monarchie, et les modèles illustres que chaque siècle proposera à leurs successeurs.

Cest sur la vie , Sire , de ces pieux princes vos ancêtres qu'on a déjà fixé vos premiers regards : on vous anime tous les jours à la vertu par ces grands exemples. Souvenez-vous des Charlemagne et des saint Louis , qui ajoutèrent à l'éclat de la couronne que vous portez l'éclat immortel de la justice et de la piété ; c'est ce que répètent tous les jours à irotre Ma • jesté de sages instructions. Ne remontez pas même si haut : vous touchez à des exemples d'autant plus intéresssants qu'ils doivent^ vous être plus chers ; et la piété coule de plus près dans vos veines avec le sang d'un père pieux et d'un auguste bisaïeul.

Vous êtes, Sire, le seul héritier de leur trône, puissiezvous l'être de leurs vertus! Puissent ces grands modèles revivre en vous par l'imitation plus encore que par le nom ! Puissiez-^vous devenir vous-même le modèle des rois vos successeurs!

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Déjà , si notre tendresse ne nous séduit pas; si une enfance cultivée par tant de soins et par des mains si habiles , et où rexcellence de la nature semble prévenir tous les jours celle déTéducation , ne nous fait pas de nos désirs de vaines prédictions; déjà s^ouvreut à nous de si douées espérances ; déjà nous voyons briller de loin les premières lueurs de notre prospérité future; déjà la majesté de vos ancêtres, peinte sur votre front, nous annonce vos grandes destinées. Puissiez-vous donc, Sire, et ce souhait les renferme tous , puissiez-vous être un jour aussi grand que vous nous êtes cher !

Grand Dieu ! si ce n*étaient là que mes vœux et mes prières , les dernières sans doute que mon ministère , attaché désormais par les jugementssecrets.de votre providence au soin d*une de vos Églises, me permettra de vous offrir dans ce lieu auguste ; si ce n'étaient là que mes vœux et mes prières ; et qui suis-je pour espérer qu'elles pussent monter jusqu'à votre trône ? mais ce sont les vœux c^e tant de saints rois qui ont gouverné la monarchie, et qui, mettant leurs couronnes devant Tautel éternel aux pieds de F Agneau , vous demandent pour cet enfant auguste la couronne de justice qu'ils ont eux» mêmes méritée. ^

Ce sont les vœux du prince pieux surtout qui lui donna la naissance , et qui , prosterné dans le ciel , comme nous l'espérons , devant la face de votre gloire , ne cesse de vousi demander que cet unique héritier de sa couronne le devienne aussi des grâces et des miséricordes dont vous l'aviez prévenir lui-même.

Ce sont les vœux de tous ceux qui m'écoutent , et qui , ou^ chargés du soin de son enfance , ou attachés de plus près à ss^ personne sacrée , répandent ici leur cœur en votre présence^ afin que cet enfant précieux , qui e>st comme l'enfant de nos^ soupirs et de nos larmes , non-seulement ne périsse pas, mais^ devienne lui-même le salut de son peuple.

Que dirai-je encore? ce sont , ô mon Dieu , les vœux que toute la nation vous offre aujourd'hui par ma bouche , cette iiation que vous avez protégée dès le commencement , et qui,

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