SUB L ENFANT PRODIGUE
étions , comme le prodigue , Fopprobre du ciel et de la terre, elle nous rend la joie des gens de bien , la consolation des pasteurs , la gloire de la religion , l'admiration même des mondains , un spectacle digne des anges et des hommes.
Que faut-il donc encore , mon cher auditeur , pour vous animer à suivre cet exemple ? Vous errez depuis longtemps, comme le prodigue , dans des contrées étrangères , livré à la honte et à l'opprobre de vos passions : pourquoi refuseriez-vous de vous jeter dans le sein que le Père céleste vous ouvre aujourd'hui avec tant de bonté? Il vous a souffert (durant les emportements d'une jeunesse déréglée ; il se promettait que , ces premiers égarements passés , l'âge, l'expérience, sa grâce, ramèneraient enfin votre cœur : ce temps est venu ; qu'attendez- vous encore pour revenir à lui? Les premiers désordres de votre vie pouvaient trouver leur excuse dans la force des passions et de la licence de Fâge ; mais, à l'heure qu'il est , qu'y a-t-il qui puisse vous excuser? des années qui s'écoulent, la plus belle saison de votre vie qui vous échappe , la jeunesse éteinte , un visage détruit , et vous annonçant tous les jours , par son changement , qu'il est temps enfin de changer à votre tour ; le monde tous les jours moins agréable, parce que tous les jours vous lui plaisez moins ; tout ce qui vous environne , ou vous ennuyant par un long usage , ou vous faisant entendre, en s'éloignant peu à peu de vous , qu'il ne faut plus compter sur un monde où vous ne servez plus que d'un appareil incommode, et qu'il est insensé de courir encore après ce qui vous fuit, et de vous obstiner à fuir un Dieu qui court au devant de vous : qu'attendez-vous encore ?
Et au fond , quelle vie malheureuse menez- vous ? sans foi , sans religion , sans la consolation des sacrements , sans pouvoir vous adresser à Dieu dans vos prières , sans aucune joie véritable dans le cœur , lassé des plaisirs que vous poursuivez , ennuyé d'un monde où vous ne traînez plus que le poids de vo's dégoûts et de vos crimes ; qu'attendezvous pour finir vos peines et vos malheurs avec vos désordres? Les mystères saints qui approchent; le temps de propitiation où nous som-
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mes entrés ; toute TÉglise occupée de la conversion des pécheurs ; la vok de ses ministres qui vous exhortent de toutes parts à la pénitence ; vous-même ému , ébranlé de tout cet appareil de religion, qu'attendez-vous? Porterez-vous jusqu'au festin pascal, jusqii'à la solennité de la résurrection, vos impix-etés et votre ignominie? Serez-vous un anathème au milieu de vos frères , séparé de Tautel et des sacrifices, tandis qu'ils participeront tous à Tazyme sacré , et qu'ils célébreront le jour du Seigneur?
Quelle joie pour vous, mon cher auditeur, si , entrant aujourd'hui dans des sentiments de componction; si, prenant au sortir d'ici des mesures solides de pénitence ; si, vous adressant à quelque homme de Dieu aux pieds duquel vous alliez mettre ce poids d'iniquité qui vous accable, nous vous voyions assis à la table du Père céleste aux jours solennels que nous attendons ! Quelle joie, si nous lui entendons dire : MonjUs était mort, et il est ressuscité î il était perdu, et il est retrouvé! Que de divines consolations vont se répandre alors dans votre âme ! Les cantiques célestes des esprits qui sont autour du trône de Dieu solenniseront ce jour heureux : les saints qui sont sur la terre , en béniront les richesses de la miséricorde divine : les hommes pécheurs eux-mêmes admireront votre changement, et seront ébranlés par l'exemple de votre pénitence. Puissiez-vous , mon cher auditeur, vous laisser toucher à des motifs si pressants; et vous, ô mon Dieu, faire que mes souhaits ne soient pas vains; écouter la préparation de mon cœur, et mes vœux ardents pour le salut de mes frères , et répandre un esprit de componction sur les pécheurs qui m'écoutent, afin que, revenus de leurs voies égarées, ils vous trouvent prêt à les recevoir dans le sein de votre gloire et de votre immortalité! Ainsi soit il.
SERMON