APPLICATION
Mes Frères Bien-Aimés , nous voqs avons expliqué maintenant ce que c'est que préparer la Pàque au Seigneur, — Il ne nous reste plus qu^à vous supplier de venir ainsi chercher votre Sauveur à la table sacrée , et de ne pas ou* blier qu'iL est vivant , et que si vous voulez lui préparer la Pàque f comme nous venons de vous le dire , vous le trouverez à la table sacrée, aussi réellement que s'il s'y montrait^ comme autrefoiS| visible aux regards de ses fidèles. —-Une nous reste plus qu'à vous supplier de serrer dans vos cœurs ces paroles que soixante-quatre ans après sa résurrsctioii et son ascension dans le ciel , il faisait entendre à son disci* pie bien aimé» dans Tile de Patmos (1 ) : « Voici, lui disait-il, » je me tiens à la porte , et je frappe : si quelqu'un entend » ma voix et m'ouvre, j'entrerai chez lui , je souperai (ou » en d'autres termes). Je ferai la Cène avec lui, et lui avec » moi«»
O vous tous donc. Mes Bien-Aimés Frères, qui l'entendez aujourd'hui frapper à la porte de votre cœur y et qui gémissez de trouver encore en vous si peu de ferveur , si peu de pureté, si peu de progrès dans la sainteté» si peu de paix, mais qui cependant cherchez sa face ! oh ! que je voudrais qu'il me fût donné de vous faire bien comprendre que cette promesse du Seigneur est une réalité, que les biens dont je TOUS parle sont des réalités, les seules réalités ; et que c'est une folie, une fatale foli6, que de professer de pareilles vé*
(1) Apoc. m , 10.
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riiét, et de s*ea ooeuper mollement, et de n^ pas mettre tout son cœur!
Celui dont je vous parle est donc vivant , Mes Frères , il est donc dans ce temple, il est ici ! •••Celui dont je vous parle vous appelle; il vous tend les bras; il nous charge de vous dire qu'il <( ne repousse point dehors ceux qui vont à lui, » qu'il est puissant, et qu'il veut vous sauver !
A cette pensée de h présence de mon Sauveur, je m'humilie profondément, MesFrères^ je rentre dans mon néant;.. • j'élève vers lui toute mon ame, et je m'écrie : mon Sauveur ! parle-leur donc toi-mèmè ; et pendant que ma faible voix arrive à leurs oreilles, que ton esprit aille jusqu'à leur cœur , et leur dise : « Cela est vrai, pauvre pécheur ; tout cela est vrai ! « Ne veux-tu donc pas venir à moi pour avoir » la vie (1)?» C'est aussi chez toi que je veux célébrer la Pâque; je frappe aussi à la porte de ton cœur ; écoule , oh ! écoute ma voix^ ouvre à ton Sauveur ! « Mon enfant, donnemoi ton cœur (2) ! »
Oh! bien heureux! oh! mille fois heureux celui qui saura communier ainsi avec le Prince delà vie, et recevoir à sa table , de son invisible main , avec son pain et son vin , un aliment céleste, — ^ des forces toutes nouvelles, — le sentiment délicieux et inexprimable de sa réconciliation, — en un mot, une paix intérieure devant laquelle toutes les joies de ce monde , (;)omme la flamme d'une lampe au retour êm matin, pâlissent, semblent s'éteindre, et ne montrent plus à nos yeux que leur vaine fumée ; — une paix intérieure qui lui fera voir toutes les humiliations , toutes les maladies, toutes les sépara lions, tous les deuils, tontes les épreuves de
(I) Jean V, 40 (5; Proy. XXIII ,86.