SUR 9 SAMUEL , IL
Or, après c$s choses, il arriva qu$ h roi des en fans de Hammon tint à mourir, et que Hanun^ so» fils, régna en sa place* Alors David dit : c fuserai de gratuité envers Hanun, » fils de Nahas, car son père a usé de gratuité envers moi. »
Ainsi David envoya auprès de lui pour le consoler par la main de ses serviteurs, au sujet de son père. Et les serviteurs de David se rendirent au pays de Hammon.
Mais les principaux d'entre les enfans de Hammon dirent à Hanun, leur seigneur: c Est-ce qu'd tes yeux c'est pour
> honorer ton père que David f envoie des consolateurs? N'est- 9 ce pas plutôt pour prendre connaissance de cette ville, pour
> Pépier et pour la détruire? > — Ainsi donc, Hanun, ayant fait saisir les serviteurs de David, fit raser la moitié de leur
183 IXàTID ET HAlfUX»
barbe et couper éa moitié de leurs habiU juiqu*d h haukur des hanches, puis il les renvoya.
Alors ils firent savoir ces choses d David, qui envoya avdevant d*eux; car ces hommes étaient profondément humiliés, et le roi leur fit dire: < Tenez-vous d Jéricho jusqu*d ce que » votre barbe soit revenue; et c'est alors que vous retourne- > rez. »
Or (es en fans de Hammon, voyant quHls s^ étaient mis en mauvaise odeur auprès de David, envoyèrent iever d leurs dépens vingt mille fantassins des Syriens de Bethrehob et des Syriens de Tsoba, et mille hommes du roi de Mahaca, et douze mille hommes de ceux de Tob. — David, l'ayant appris ^ envoya Joab et tout ce qu'il y avait déplus vaillant dans son armée. Les enfans de Uammon sortirent et se rangèrent en bataille d Centrée de la porte, tandis que les Syriens de Tsoba et de Réhob, ainsi que ceux de Tob et de Mahaca, étaient à part dans la campagne,
Joab , ayant vu que le front de la bataille était contre lui devant et derrière , prit des hommes d'élite d*entre tous ceux d'Israël, les rangea contre les Syriens, et donna la conduite du reste d Ahisaî, son frère, qui lés rangea contre Us enfans de Hammon , et il lui dit : « Si les Syriens sont plus forts » que moi, tu viendras me délivrer; si les enfans de Hammon » sont plus forts que toi, j'irai te délivrer. Montre un cœur n mâle y et portons-nous vaillamment pour notre peuple et D pour les cités de notre Dieu; et puis l'Eternel fera ce qui w sera bon devant ses yeux. :»
Joab et le peuple qui était avec lui s^ approchèrent pour titrer bataille aux Syriens, et ceux-ci s'enfuirent de devant lui. Alors les enfans de Hammon, voyant que tes Syriens avaient pris la fuite, s'enfuirent aussi de devant Abisaï et entrèrent dans la ville; puis Joab s'en retourna de devant les enfans de Hammon et vint d Jérusalem.
Cependant les Syriens , voyant qu'ils avaient été battus par ceux d'Israël, se rallièrent ensemble; et Hadarhézer envoya
lUTlD ST BdkNUIf. 18S
•i fii tenir de deià h fieuv$ des Syriens qui se rendiremi à Hélam. Sohae, chef de Ç armée de Hadarhézer^ les conduisait. Ces choses ayant été rapportées d David, il assembla tout Israël et, passant le Jourdain, il vint à Hélam, Les Syriens se rangèrent en bataille contre David et combattirent contre, lui; mais les Syriens s'enfuirent de devant Israël , et David défit sept cents chariots des Syriens et quarante mille hommes de cheval; il frappa aussi le chef de leur armée, Sohac, qui mourut Id.
Et quand tous les rois, nrviteurs de Hadarhézer, eurent vu qu'ils avaient été battus par ceux d'Israël, ils firent la paix avec Israël et lui furent assujettis; et les Syriens crai^ gnirent de donner de nouveau des secours aux en fans de Hammon*
C'est ane erreur non moins coupable et non moins funeste que facile à confondre par les déclarations les plus irrécusables de la Parole de Dieu , et c'est une erreur cependant trop répandue y que celle qui voudrait trouver moins d'inspiration divine dans les livres historiques de TAncien Testament que dans les autres parles des a oracles de Dieu (1 )» » et qui prétendrait établir des degrés divers d'autorité dans ces saintes paroles que le Seigneur daigna suc» cessivement dicter à ses prophètes et confier à son Église.
Mon Dieu! Ton tremble et l'on est profondément étonné^ quand on pense que tu as parlé , que tu as dit toi-même avoir parlé, et que de pauvres enfans d'Adam | que de pauvres supplians y appelés tous les jours à demander grâce à deux genoux , que de pauvres mortels qui courent au tonkr
(ORoiii.Ill,^ Act. yH,3a.
184^ DATIO ET BANinr.
beau f j^t qui bientôt ne seront plus qae quelques poignée» de poussière, prétendraient , en passant, juger cette Parole éternelle , qui dans quelques heures va les juger eux-mêmes y et tout en reconnaissant que leur Créateur a parlé ^ Youdraient décider du plus ou du moins de âiyinité qu'il» octroieront à cfaacune de tes paroles. -^L'on tremble quand on pense que des êtres déchus , que des êtres souillés jusque dans les profondeurs de leurs facultés morales, que des êtres à qui la Bible a déclaré qu'ils ne sauraient comprendre les choses de IHeu, à moins que ce Dieu lui-même ne leur ouvre les yeux et le cœur pour les leur faire entendre , que de pareils êtres prétendraient soumettre les diverses parties de la Bible aux téméraires jugemens d'une raison que le péché rend ténébreuse , choisir entre les paroles de leur Créateur, sanctionner les unes , classer les autres , lui dire : « Grand Dieu I ceci est digne de toi. — Grand Dieu! ceci est moin» digne de toi; » assigner à chaque page son degré d'autorité, et réduire ainsi le Livre éternel au contrôle arrogant de « Tignorance qui est en eux. par l'endurcissement du cœur^» pour parler avec St. Paul (4).
Ah! ce n'est pas ainsi que reçurent la Parole de leur Dieu» tes fidèles qui dans tous les siècles y surent trouver la connaissance de Jésus-Cbrist» le changement de leur cœur et la vie de leur ame! Penchés sur des profondeurs , comme les chérubins sur le propitiatoire , désireux comme les anges d'y voir jusqu'au fond^ ils y ont vu chaque jour et dans toutes ses pages plus de lumière et de divinité^ ils en ont chaque )0ur plus {NTofondément ressenti la puissance; ils ont appris à dire^ comme le Psalmiste et comme l'Apôtre^ avec
DAVID ET BkJXVTf. 185
un sentiment chaque jour croissant : Oui, «TOUTE L'É- » CRITURE est divinement inspirée » elle est parfaite , elle » restaure Tame , elle donne ta sagesse aux simples , elle est » propre à corriger, elle est propre à instruire, elle est pro- » preà convaincre (4).»
Ce n'est pas ainsi, qu'après une longue vie passée à l'étudier , « lliomme selon le cœur de Dieu (2), » l'auteur des psaumes , David , prophète lui-même , parlait encore des Écritures. Il lisait, nous dit-il plus d'une fois, il lisait la nuit et le jour les livres historiques de l'Ancien Testament (de son temps on n'en connaissait pas d'autres), et il disait : « Bienheureux est l'homme qui sait y prendre son plaisir » et qui les médite la nuit et le jour; car toutes les paroles )) en sont pures; c'est un argent aiBné par sept fois au creo- )i set ; ce sont des choses merveilleuses ; je les ai pris pour )) héritage perpétuel ; ils sont mon bonheur et les gens de » mon conseil ; je m'en entretiens tout le jour (3). »
Mais que dis-je? Ce n'est pas ainsi que parlait des Écritures la Sagesse éternelle, la «Parole faite chair,» lorsqu'elle « est descendue parmi nous , pleine de grâce et de n vérité (4). » Elle les citait souvent de sa bouche divine , elle citait leurs Uvres historiques, et en particulier ces livres de Samuel qui nous occupent aujourd'hui ^ et quand ellele^ citait : « N'avez-vous pas lu qu'IL EST ÉCRIT?» disait-elle; « N'avez-vous pas lu dans LES ÉCRITURES? N'avez-vou*
(t)Ps. XIX, 7; S Tim. III , i5-lG. Il s^agU là plaft spécialement de rAncien Testament , dont Timothée avait acqois la connaissance dé» iè» plas jeunes années.
(3) Act. III, 23. (3J Ps. I, 2; XVIII , 31 } XII. Tj XCIII , ftf CXIX , 24 , 97, etc. (4) Jean 1^14.
186 DATID ET lÊLàxàx.
» pas lu CE QUE DIEU DIT (1)? » — Et^quand elle les citait, c'était souvent ^ insistant jusque sur le détail de leurs expressions ; c'était en signalant l'emploi d'un mot plutôt que d'un autre mot» et c'était en ajoutant : « Et tous savez » que l'Écriture ne peut être anéantie (2)! )> Et quand elle les citait, Mes Frères, c'était pour déclarer que «lescieux » passeront, mais que ses paroles ne passeront point (3), et » qu'il est plus aisé que le ciel et la terre s'en aillent , qu'il » ne l'est qu'il tombe une seule lettre, un seul accent de la » Parole de Dieu (4). »
Mais il est un secret bien simple pour en voir bientôt » comme de ses propres yeux , toute l'autorité ^ et pour apprendre par sa propre expérience qu'elle est inspirée dans toutes ses parties, et que c'est Dieu q\A nousyparle.il est un secret que possédait déjà }osias à l'âge de huitans> et l'enfant Timothée au sortir du berceau (5). «~ Un secret que, grftce à Dieu, pourraient nous révéler encore bien des artisans de notre ville ^ ou des pauvres dans nos campagnes; —-et ce secret y mes Frères, c'est ce que l'Ecriture appelle «rœil simple (6)» ou la «simplicité, n C'est la disposition d'une ame qui a faim , — d'une ame qui ne cherche que Dieu , — d'une ame qui, ayant entendu profondément eette question de son Sauveur : « Veux-tu être guérie (7)f » a su lui r^ pondre : « Oui, Seigneur, je veux être guérie! » Oui, mon Dieu , comme un malade se découvre devant celui qui vient le guérir, voici mon ame, Seigneur , je te la présente, ]e te la recommande, je te la découvre, ô mon Dieu! — Je sais
(1) MaU.XII, 3, 5; XIX, 4, XXI, 43; XXn«31. LucX, 96 ;
XX , It , 37. (â) Jean X , 35.(3) U«rc XIII , 31. (4) Luc XVI , 17.
'(5) 'atto ^ifovç , 2 Tim. III , W. (6) Hatt. YI ««. (7) Jean V, «.
DÀTID ET QÀHUlf. '187
que c'est Toi qui parles dans ce livre , et je sais que Tu es là ..pour le bénir; «j'étends donc mes mains vers Toi» et » mon ame est devant Toi comme une terre altérée! Sé- » Iah(1)!))
Voilà tout le secret , Mes Frères. — Eh bien ( ayons tous à cœur d*en faire usage. Lisons ainsi Moïse , Samuel et les prophètes; lisons-les avec examen^ sans doute; avec un esprit sobre et judicieux j sans doute j[ lisons-les en en cherchant d'abord le sens le plus direct et le plus littéral , sans doute; mais avant tout, lisons-les comme ayant faim et soif; lisons-les comme un petit enfant qui n'attend rien de lui-même, mais tout de Dieu; lisons-Iescommeà genoux, avec la constante pensée que Dieu parle , et que Dieu est là ; — que le monde s'en va , et que l'éternité est à notre porte. — Oui, lisons toujours ainsi; et bientôt , quelque page de sa Parole que nous ayons ouverte , notre Dieu nous y fera trouver sa communion bienheureuse , et nous donnera sujet de nous écrier du fond de notre cœur : « Non, jamais livre ne parla » comme ce livre (2). »
C'est avec ces pensées que je viens ouvrir ici devant vous te texte de ce jour, MesFrères, et c'est avec ces pensées» )e l'espère , que vous viendrez tous aussi le méditer devant Dieu. — Alors d'importantes leçons nous y seront données.
Vous avez entendu quel en était le sujet. — Le roi des Hammonites venait de descendre au tombeau; son fils le pleurait; David, le père et souvent le type du Messie, Davidy touché de compassion^, s'empressa d'envoyer près de lui des ambassadeurs , chargés de lui porter de sa part des pas- Ci) P». CXLIIl , 6. (9) Jean Vil . 46.
188 DITID ET HAHUir.
rôles de consolation , mais Hanun méconnut ce meMige de paix ; il n'en prit qu'une occasion d'outrager le roi d'Israël, et bientôt la plus épouvantable ruine tomba sur lui.
Tel est y en peu de mots , l'éyénement que le Saint-Esprit nous appelle à méditer aujourd'hui. Je vous en présenterai les circonstances et les leçons les plus directes $ mais en vous les exposant , je ne cesserai pas de me rappeler un grand fait, un fait très-simple : c'est que nous-mêmes aussi, dans nos jours d'épreuye et de deuil , nous avons reçu du Fils de David des messages de paix et des envoyés de consolation. Il nous a fait proi>oser une alliance gratuite, une alliance éternelle, une consolation comme le monde n'en donne jamais , et une paix qui vaut mieux que la vie.
Cette pensée est bien simple. }e vais l'avoir devant les yeux pendant cette heure, Mes Frères; je vais vous demander , à l'occasion du malheureux Hanun , comment vous avez reçu les messages de Jésus-Christ, et ce qui s'est passé dès-lors entre Lui et votre ame. Et puisque le récit de notre texte nous présente successivement trois ordres de personnes, David, Hanun, et les serviteurs de David, je vais être appelé , en vous parlant d'eux et en vous expliquant notre texte , verset après verset , à vous proposer successivement aussi trois ordres de réflexions.
liais au moment de vous les présenter, j'implote du fond de mon cœur la bénédiction de Celui qui m'envoie ici devant vous pour vous les faire entendre. — Oui , mon Seigneur et mon Dieu ! pour l'amour de ton nom , parlé-leur par ma bouche , et que je leur parle selon ton cœur! C'est de Toi seul que je l'attends , Seigneur. Je me confie en Toi!
Dans le temps où David recherchait les derniers restes de
DATID BT BÀirUN. 189
la famille de Saûl pour leur faire du bieD» la mort» qui réduit tour à tour en poussière les haillons du pauvre et toutes les grandeurs des rois» et qui ne demande à personne ni son nom ni le nom de son père, la mort était entrée dans les palais de Hammon* Ce puissant monarque des Hammonites, qui 9 dans les jours de Saûl, avait rempli de tant de terreur toute la cité de Jabès , le fier Nahas avait dû déposer son sceptre , son épée et cette riche couronne qui valait un talent d'or , pour aller descendre à son tour dans le tombeau de ses pères , et son fils Hanun était allé s'asseoir à sa place sur son trône.
« Or il arriva , dit notre texte , que le roi dee enfans de » Hammon vini a mourir , et que Hanun son fils régna en $a )> place»
Telle est l'histoire abrégée , j'allais dire de tous les rois , il faut dire de tous les hommes. — Le père meurt , et ses fils viennent prendre sa place. — Hanun a sorti Nahas de son palais pour le porter au sépulcre; il l'a pleuré; il lui a dit adieu; il s'est couvert de deu4| > ^^ '^ même jour il va prendre le sceptre de Nahas , il va mettre sur son front cette couronne que la mort a fait tomber de la tête de son père; il va rentrer avec ses courtisans dans ces chambres royales qui avaient retenti de tant de joie naguère, quand on était venu dire au roi Nahas : u Un enfant vous est né! »
Telle est, hélas ! l'histoire uniforme de toutes les familles des hommes. Et si cette loi est universelle ; s'il faut que les esclaves la subissent comme les rois; s'il faut ainsi que la vie même nous parle constamment de la mort ; s'il faut que nous vivions.en quelque sorte sur la tombe de nos pères , et que nous marchions sur la poudre qu'ils ont laissée; ah !
190 havid bt hanvic,
comprenons aussi combien , dans le déplorable état où le péché nous a réduits y cette disposition , si dure en appa« rence, nous est devenue nécessaire , et comment /pour les élus de Dieu, sa sévérité même est un bienfait.
Hélas ! malgré ce moniteur constant et inexorable, nous sommes naturellement sous l'empire d'un aveuglement si opiniâtre et si profond ; il y a tant de puissance d^illusioti dans notre ame, que vous voyez encore les hommes oublier la mort et se rêver immortels au milieu des tombeaux. -^ Vous les voyez, avec le deuil sur leurs vêtements et les larmes dans leurs yeux , revenir d'un convoi funèbre avec la folie dans le cœur; vous voyez ce pauvre cœur , qui bientôt aussi va cesser de battre, encore >plein poqr la terre d'un siècle de désirs et d'un siècle de piojets. — Ils ont su mesur rèr par minutes^ et par secondes les vastes mouvemens des mondes dans les cieux; mais pour la course rapide de leur vie et pour les intérêts de leur ame, ils ne voient plus mar* cher le temps; ils se trompent d'un siècle ; que dis*je? ils ou- Mient les siècles des sièc]^s ; et la cloche qui bat les heures au-dessus de no» temples , leur apprend à tout compter, excepté les intérêts poar lesquels le temps nous fut donné. -^ Tant qu'ils n'ont pas encore reçu dans leur ame l'Évangile de Jésus-Christ, tant qu'ils demeurait ioconvertis, vous voyez le Prince des ténèbres leur tenir en quelque sorte la main sur les yeux , pour leur faire oublier la seule chose nécessaire ; vous les voyez marcher vers la mort comme dessomnambules, au milieu des ombres dont il les obsède, et changer en une nuit pleine de songes le jour rapide de tour fie.
MaHieurdonc à bous, avec de telles illusions » si , au lieu d'assister suceaflfiivement au départ les uns dés autres, nous
DAVID ET BAXmf. 191
eussioDS dû tous quitter la terre en un même jour; — mal* heur à nous , si nous traversions la vie sans ces avertissemens que tout notre être repousse » il est vrai ^ mais que la dureté d'un cœur indocile et distrait nous rend si nécessaires; — malheur à nous , si Dieu ne nous eût pas fait entendre, de temps en temps, cette cloche qui nous avertit du d^rt des enfans des hommes , qui nous redit notre néant et qui nous répète cet> avertissement : « Prépare ta maison, » car tu vas mourir (1 ), » Où en es-tu devant Dieu ? — Où vas-tu? — Seras-tu mis à la droite ou à la gauche? — Christ vil-il en toi? — Es- tu sauvé ? — Es-tu prêt?
(( Or, quand David etU apprii que Nahat éiaU mori, et que » Hanun régnaU d $a place, U dit : fueerai de gratuité en»er$ n HanuHj fils de Nahas; car ean pire a usé de gratuité enter s J» tnoi. Ainsi David envoya auprès de lui pour le consoler par 1» la main de ses serviteurs^ au sujet de son père . »
Les ambassadeurs de David partirent donc de Jérusalem^et passèrent le Jourdain, pour se rendre an pays dea Haflnoonites. Us arrivèrent à Babbeh; et réjouis d'être porteurs de parolesde paix, certains d'avance qu'ils trouveraient un accMfi reconnaissant à la cour de Hanun , ils se présentèrent to apt m ppag» efc dHfâèml à m masàxexie dignes interprètes des sentimens dont leur maître leur aviji jpara p^ nétré pour lui.
C'était un moment bien grave dans Thistoire de Hanun ; c'était un jour décisif dans sa carrière mortelle, que celui où les ambassadeurs du roi d'Israël se présentèrent devant lui,, pour lui proposer la puissante alliance et l'amitié de leur roi. — Tout son bonheur en allait dépendre , tout l'avenir
(l)£8.XXXVIU,i.
192 PAvà> ET vAmni.
de sa vie y était comme auspendu. —-Eq effet, David^ choisi de Dieu pourêtrele conducteur d*Isra6l,David> le plus grand homme de guerre de son siècle , était alors aux plus hautes sommités de la carrière de succès et de gloire qu'il devait accomplir. Tous ses ennemis étaient successivement tombés devant lui. Jusque-là toujours fidèle, il n'avait connu que la victoire : il avait abattu les Hamalécites, les Philistins et les enfans de Moab ; il avait vaincu en bataille rangée les S7ri6ns.de Damas; et leur antique capitale avait reçu garnison d'Israël ; il avait même déjà porté ses armes jusque sur les rives de l'Ëuphrate^^jot quand , au retour de tant de victoires 9 les Iduméens avaient eu l'audace de se présenter en bataille contre lui dans la Yallée-du-Sel , ils n'avaient trouvé que la mort; et ses généraux avaient accompli pen-* dant six mois la destruction presque entière de leur race^
Oh! quel empressement et quelle vive reconnaissance n'eût donc pas excité chez Hanun la démarche de ce grand prince » s'il eût porté un cœur de sagesse, s'il n'eût pas repoussé la main fraternelle qui lui était tendue! Alors , au lieu de finir par la plus lamentable ruine et de se perdre sans retour, il eût assuré son avenir; son nom n'eût pas été retranché de devant hi face de l'Étemel , et sa miix eût été comme un fleuve.
Quand les ambassadeurs de David se furent acquittés de leur commission auprès du roi, « alors y dit notre texte, les » principaux Centre Us enfans de Harnmon dirent d Hanun, » leur seigneur : EsUee qu'd tes y eux e^ est pour honorer ton )) pire queDafiid f envoie des consolateurs f ifest^e paspUh )i tôt pour prendre connaissance de cette forteresse , pour » Vépier et pour la déiruiref »
Le malheureux Hanun n'hésita pas à recevoir cette im-
pression sinistre. Au lieu de repousser avec indignation la lâcfae suggession de ses officiers contre un roi qui fut l*ami de son père, et dont le caractère généreux s'était si souvent signalé^ même envers ses ennemis , Hànun, précipitant ses jugemens, se hâta d'épouser les préventions de ces hommes haineux , et de donner un crédit entier aux ignobles conseils de leur violence.
Mais ce n'était pas là sans doute la surprise ni Terreur d'un moment; — le mal datait de loin. — Hanun et les princes de Hammon haïssaient le peuple de Dieu , sa religion, sa Bible, son culte et tout ce qui venait de Jérusalem, laloox des constantes prospérités de David, irrités de ses dernières victoires sur les Syriens et sur les Moabites, ils ne respiraient contre Israël que la haine et que le meurtre. — Avec de telles aversions, pouvaient-ils comprendre les tendres et nobles mouvemens de ce cœur de David , si préoccupé du besoin d'aimer , et le plus souvent si généreux dans ses premières inspirations? Non! l'hommes'expliquel'homme par ce qu'il trouve en lui-même. Quand il veut l'interpréter, il s'interroge et se demande : Qu'eussé-je Tait? II est soupçonneux parce qu'il est vicieux; ses jugemens sur ses semblat>les sont le reflet ou J'image de son ame, et Ton «pourrait presque toujours nous dire : DiS'^moi comment tu juges les autres, et je te dirai qui tu es. v
Hais, hélas ! que de troubles n'a pas causé dans tous les temps cette promptitude à supposer le mal , à sdupçooner les autres, à juger par des interprétations sévères et malveillantes leurs intentions secrètes?-^ Oh! que d'amertumes et que de poisons répandus par là sur l'existence ! Que de tourmens imaginaires cette disposition malheureuse n'a-
t-elle pas causés ! Que de démarches imprudentes; que de
paroles méchantes; que de procédés injustes et souvent irréparables ! -*- Que de fois elle a bouleversé, je ne dis pas seulement des empires > comme celui de Hanun, mais jusqu'à Thumble et paisible retraite d'un foyer domestique ! Que de cœurs aimans ont été pour toujours froissés; que de liaisons brisées^ que de jours, qui devaient être si sereins > ont été couverts d'un voile lugubre ^ et remplis . de toute amertume ! — En un mot, que de fautes sans remède 1 que de torts dont le souvenir demeure déchirant , et à Tég^^rd desquels il n'y a, pour ce monde, plus que des larmes, et pour l'éternité , que ta grâce, ô mon Dieu, et que le sang qui a été répandu pour la rémission des péchés de plusieurs!
Ah ! Mes Frères , si les hommes du monde ont établi pour maxime q«e la défiance est la mère de la sûreté, disons plutôt qu'elle est la fille de l'injustice et la mère du tourmentât du repentir; disons plutôt que la sûreté qu'elle en* gendre est orageuse, pleine d'amertume .et de rôpgement d'esprit. — Disons encore qu'à ne consulter qu'une prévoyance toute terrestre, et qu'à ne parler qu'un langage tout humain, il y a Men plus de {Nrudence ettle vraie sûreté dans l'aimable et loyale confiance d'une ame simple et chrétienne , qui croit toujours le bien, et dans cette charité qui c( ne s'aigrit point, qui supporte tout, qui espère tout, qui f> couvre tout, et qui ne périra janmis », pour parler avec St. Paul (4)
Hanun et les princes de Haounon résolurent donc de rompre avec David) et de prévenir les desseins pernicieux -qu'ils lui supposaient, par un affront si éclatant et si plein
C<)1 Cor. XIII, 4-8.
DAVID ET HANtN. 195
d'outrage > que le bruit en pût retentir cfaei toutes les nations de l'Orient. Déclarons-lui la guerre les premiers , se dirent-ils , montrons tout le mépris que nous faisons de lui, et puisqu^il est établi entre les rois que celui qui touche à leurs ambassadeurs touche à la prunelle de leur œil > insultons-Ie dans la personne de ces hommes perfides; qu'ils sortent de Rabba couverts d'opprobre ; et qu'ils aillent ainsi dire à leur roi le cas que nous savons faire de -ses préve* • nances hypocrites et de ses folles consolations.
« Ainsi Mne Hanun y dit notre teite> ayant fait saisir Us » officiers de David y fit raser la moiiié de leur barbe ^ et cou* » per la maUiéde leurs habitsjusqu^à la hauteur des hanches » , et ce fut dans cet état honteux que ces nobles personnages, abreuvés d'insultes y durent sortir de son palais, pour être le jouet de ses lâches courtisans et des plus vils enfans de son peuple. Ce fut ainsi que Hanun prit plûisir à mettre dans un contraste humiliant et ridicule T^lévation de leur rang» et la gravité de leur caractère, avec les risées de la foule et toute Tignominie dont sa haine brutale se plaisait à tes couvrir.
Ah ! malheureux Hanun , l'insulte est facile ; mais que l^s fruits en sont amers ! Elle laisse le feu après elle ! a EUe » conçoit le travail et enfante le tourment; celui qui )). mange de leurs œufs en mourra , et si on les écrase , il » en sort un basilic », pour parler avec rÉcriture^ Que ses joies sont diaboliques , et que le spectacle en est profondément triste ! Pauvre joie, lamentable joie, que celle que peut donnet à un homme l'avantage d'insulter un homme , de le faire souffrir et de le faire pleurer ! Lamentable joie , que celle de froisser un cœur d'homme entre vos. mains; — le cœur d*un pauvre enfant d'Adam/ sensible comme
196 DAVID ET HANCN.
VOUS, mortel .comme vous, voyageur comme vous vers réternité ! Et d'où vient-elle, celte joie? Mon Dieu ! lu Tas dit, c'est une joie de l'enfer, c'est un avant-goût de la géhenne. Et où conduit-elle , cette joie? Tu Tas dit encore, 6 mon Dieu ! loin du séjour où il y a tant de joie pour un seul pécheur qui vient à se repentir; — loin des anges » loin delà lumière, loin de Dîeuj — dans le séjour où l'on hait Dieu / où l'on hait les hommes ; « au feu étemel préparé pour le diable et pour ses anges. »
. Peut-être que les ambassadeurs de David, lorsqu'ils s'étaient présentés à Rabba, devant les nobles Hammoniles et devant leur roi^ n'avaient pas rempli leur mission sans tiuelque imprudence; peut-être que, dans l'innocence et la droiture de leurs intentions, ils n'avaient pas su ménager Bssez les préventions soupçonneuses et l'irritable susceplibi^ Ittédes eiifans deHammon; peut-être avaient-ils paru trop tAt ressentir la froideur ou les dédains d'un premier accuetl. Tout cela sans doute est possible^ mais fallait-il méconnaître l'inviolabilité de leur caractère? Fallàitpil croire les accusations de la haine ^ et rendre l'outrage pour la gratuité? Fallait-il surtout confondre les messagers avec leurs messages, et les torts des envoyés avec la touchante bienveillance et avec tous les droits de celui qui les envoyait?
Hélàs! je vois déjà le jour de la vengeance ; elle sera terrible ! — Malheureux Hanun ! que vas-lu devenir? — Une joie bruyante et quelques cris d'insulte retentissent pour quelques heures dans les rues de Rabba ; mais bientôt ce seront des cris de terreur et de désespoir qui monteront vers le ciel avec la fumée de son embrasement; bientôt les frayeurs de Tépée seront sur ce peuple^ elle montera par
DAVID ET IIANl'!^. f97
les fenêtres ; elle tuera leurs jeunes gens dans les rues; elle y multipliera les veuves comme le sable de la mer.
Cependant il faut que je m'arrête. — J'en ai dit assez sur les fautes et les malheurs de Hanun ; il est temps que jô me retourne vers vous et que je vous applique tout ce que vous venez d'entendre; car c'est de vous, c'està vous que je veux parler; il me tarde de le faire, et je demande à mon Dieu qu'il m*accorde la grftce de remonter chaque année dans cette chaire , de n'oublier jamais que je suis auprès de vous « un ambassadeur de Christ », et que ma grande affiiire est de vous H supplier, au nom de Christ, d'être réconciliés avec Dieu » (1 ) , en vous parlant , avec autant de clarté qu'il m'est possible » des choses qui appartiennent à votre éternelle paix.
Vous avez déjà compris en effet, je le pense, que c'était pour vous parler de vous , que je vous parlais du roi des Hammonites, et que si j'ai cru devoir insister aussi long<temps sur les privilèges de Hanun , sur son ingratitude et sur son malheur, c'est que j'avais en vue un objet ultérieur^ et que je devais bientôt avoir à vous appliquer à vous-*mémes ce que David fit en sa faveur et ce qu'il fit contre David; — c'est que je désirais vous rappeler aujourd'hui: devant Dieu que vous aussi, dans certains jours solennels de votre vie y vous avez reçu du Fils de David des messages» de pais et de consolation ; -^ c'est que je dois vous deman* derce que vous en avez fait.
Oui , Mes Frères , c'est avec cette pensée èi vraie , si simple^ mais si profondément grave, que je vais mainteoantme tourner v«rs vous. Oh ! je me sens un besoin de vous parler
fOîGor.V, ÎO.
198 DAVID ET HÂNUfT.
sans: image , sans figure , en simplicité, en toute simplicité devant mon Dieu! Il est des momens où un ministre de Christ voudrait ne plus faire un discours , mais descendre de chaire, s'approcher de ceux qui l'écoutent, s'adresser à chacun d'eux par son propre nom , le conjurer de s'occuper sérieusement de ces choses, lui dire que c'est une réalité, la première des réalités, une réalité éternelle, une réalité toute prochaine, a la seule chose nécessaire! n le voudrais donc que vous ne vissiez plus en celui qui vous parte un prédicateur qui harangue une assemblée, mais un envoyé de Jésus-Ghrist , mais un Pasteur , mais un ami qui ^ent vous parler ici de vos intérêts les plus présent et les plus graves.
En parcourant des yeux , â\i haut de celte chaire , tout cet auditoire , je crois pouvoir dire que mes regards n'y rencontrent probablement personne qui n'ait passé par quel«que scène de deuil , et n'ait connu dé>à quelqu'un de ces jours que le Seigneur a mis à part dans notre carrière , et que l'Écriture appelle « les jours de notre Visitation (1), » c'est-à-dire les jours où nous recevons ia visite de Dieu.
Jle voudrais donc ici vous engager tous maintenant il reporter devant Dieu vos pensées sur ces momens impoi;lafiç et solennels ; non pas certes, et Dieu m'en garde ! pour vw^ attendrir par de vaines émotions de la chair et du sang ^ qu'on prend trop souvent et si mal à propos pour de la piété ; non pas sans doute pour faire couler des larmes inu*> tiles données à la terre, ou pour réveiller sans résultat cette « tristesse selon le monde »y qui laisse une «me dans son idolâtrie ; et dont un Apôtre a dit qu'elle ne « produit quQ
(i)LucXIX,44. iPicr. If,12.
DAVID ET QANU.V. 199
» la mort » ; mais plutôt pour vous apprendre à reconnaître les voies du Seigneur à votre égard , et pour rappeler à votre ame que ce que David fit pour Hanun, Jésua*Ghrist Ta foit pour vous*
Rappeiez-vous donc ici ces temps de votre Visitation ; rapr, pelez-Yous-Ies, — Humilié par la douleur , vous vîtes tout d^ifti coup comme à découvert le néant des choses de la terre. — Le voile qui vous cachait les réalités étemelles de la vie sembla s'être déchiré pour vous. — Vous aviez soif de IsL consolation; vous la saisissiez de toutes partsf vous devîntes sérieux sur les rapports de votre ame avec Dieu, et pour quelque temps du moins ^ vous pûtes voir » avec l'évidence du plein midi, qu'une vie passée loin de lui n'est qu'un rêve dont le réveil sera terrible. Vous voulûtes alors chercher Dieu; vous apprîtes à prier; on vous vit sur vos deux genoux , et vos yeux chargés de larmes s'élevèrent vers le ciel. Vous lûtes dans la Bible , vous y trouvâtes par momens tftie vertu secrète et puissante ; vous désirâtes peut* être voir un ministre de l'Évangile , vous accueillîtes des hommes pieux , vous files des questions ; vous écoutâtes les choses de Dieu avec des oreilles nouvelles, si ce n'est aveo « un esprit nouveau et un cœur nouveau. )x En un mot ,, vous réalisâtes en partie cette parole duSeigneur : a Ils me » chercheront de grand matin dans leur angoisse. Yenez^ » diront-ils, et retournons à l'Éternel, car c'est lui qui a » déchiré^ mais ilbaudera nos plaies (l)« » Et ces paroles sortirent pour vous plus d'une fois comme du tombeau do votre ami : « Une seule chose y tu le vois , est donc néices-? » saire. C'est moi, c'est moi qui console, a dit l'EterneU
(ljOsceV,15| VI, l.
200 ' DAVID KT HANUX.
)) Oli! cherche donc la bonne part qui ne te sera point » ôtée(l). »
Je le demande à tous ceux qui m'écoulent : N'est-ce pas là ce qui s*est passé dans votre ame au jour où le deuil est descendu sur vous ?
Ëh bien ! maintenant je vous déclare à tous de la part de mon Dieu , premièrement , que cette Bible , que ces amis chrétiens , que ces exhortations d'un ministre de la Parole, vous étaient alors réellement envoyés du Seigneur , et aussi réellement envoyés que les ambassadeurs qu'on vit à Rabba pouvaient l'ôlre de David. — C'étaient là Ies« jours de votre Visitation. » — ^Et je vous déclare aussi que ces pensées sé^ rieuses , que c^ attraits vers Dieu , que ces retours vers les choses d'en-haut, que ces convictions nouvelles sur la puis-* sance et le prix de la Sainte-Bible , étaient des eOets des visitationsintériearcsde]ésus*Ghrist,qui voulait vous amener à lui par la douleur et par la consolation de la douleur. -^ Je vous déclare que c'étaient des fruits de son Saint-Esprit^ c'est-à-dire, de cet « autre Consolateur» dont il a dit (2) : (( Je vous enverrai un autre Consolateur , et qiland il sera » venu il vous rendra témoignage de moi. >> Je vous déclare que c'étaient d^s opérations de ce Consolateur qui, même avant qu'un homme soit converti, vient pendant un temps donné a lui rendre témoignage de Jésus-Christ et contester » avec lui » dans sa conscience, pour me servir d'une expression de Dieu même (3). II venait vous appeler , bien que vous fussiez encore éloignés de la vie de Dieu, et que, vous étant obstinés souvent déjà « contre le Saint-Esprit (4) »
(\) Luc X, 42. Es. LI, 12. (2) Jean XIV, 16; XV, 26-2T'^ XVI , 13 , 7. (3) Gcn. VI , 3. (4) Act. VU , 51.
DAVID ET BAtnJN. 201
VOUS eussiez mérité cent et cent fols d'être rejeté pourvotre longue ingratitude et tous vos mépris de sa bonté. Car notre Maître est vivant. Mes Frères, il règne éternellement; il règne, et c'est Lui qui a dit aux Eglises : « Que celui qui » a des oreilles écoute ce que l'Esprit dît aux Eglises. Voici , » je reprends et je châtie tous ceux que j'aime. Prends » donc du zèle et te convertis; car voici ^ je me tiens à la » porte et je frappe, et si quelqu'un entend ma voix et » m'ouvre la porte , j'entrerai chez lui , je souperai avec » lui et lui avec moi (1 )• »
Je vous déclare donc enfin que c'était Jésus^Christ qui vous appelait les uns et les autres dans ces jours de deuil. C'était Lui qui de sa montagne sainte avait entendu la voix de vos pleurs > et avait dit : a fuserai de gratuité envers » cette ame, et je t enverrai consoler par la main de mes ser^ » vùeurs au sujet de cette mort. Je lui enverrai mes oonso- » làteurs* yt
Mais prenez-y garde , et rendez-vous bien attentifs à ce que nous appelons consolation. — N'allez pas vous y méprendre : ce que nous appelons consolation , c'est le soulagement qui descend dans une ame lorsqu'elle a teçu l'assurance en Jésus-Christ qu'elle est délivrée de la colère à venir et qu'elle a sa paix avec son Dieu. C'est une alliance éternelle avec Jésus-Christ ; c'est la paix par la foi. Cette consolation-là comprend toutes les autres, et sans celle-là nous n'en connaissons point d'autres , nous n'en avons point d'autre à vous prêcher, nous n'en voulons point d'autre.
Appellerai-je consolations ces paroles que lés enfans de HammonfontentendredansleursdeuiIs,et qui neserappor-
(l)ApoG.IlI, 19,20.
tent qu'à celle terre donl je viens de voir tout le néant , où j'ai déjà versé tant de larmes , et d'oà je vais bientôt disparaître? — Hélas ! ce sont de pauvres consolateurs ; ce sont , pour parler comme Job^ des eaMoluteurs fâcheux (1).
Àppellerai-je encore consolations ces discours vagues des consolateurs du siècle sur un bonheur après la mort? ces conversations, moitié chrétiennes et moitié païennes, où l'on ouvre à deux battans et à tout le monde, et même aux hommes les plus étrangers à la vie de la foi , les portes du ciel? ces vaines paroles qui ne se fondent sur aucune pro« messe de Dieu , mai^ sur Les vagues fantaisies d'une religiosité sans foi ! ces vaines pensées que les enfans du siècle échangent entre eux dans les premiersjourS de leur épreuve, pour tromper leur douleur et pour en tempérer les premières amertumes , en attendant Teffet plus lent du temps et des distractions de la vie! -^ Certes^ autant vaudraient les consolations que les enfans de Hammon^ donnaient à leur roi ! « Vous vous reverrez dans le ciel j vous vous rejoindrez dans le paradis; vous y serez pour toujours réunis, pour toujours heureux ! » — Ah ! oui , sans doute , il en est ainsi , si vous parlez selon la Bible ; oui, si vous vous appuyez sur des témoignages de Dieu, et si toute Tespérance de ceux que vous consolez est uniquement fondée sur le sang 'de la croix ! Mais » non , si Jésus-Christ n'habite pas en vous par la foi, et si vous n'avez pas en votre ame le témaigdage de son Esprit. — Il n'y a que la vérité qui console ! — Qu'on me donne une promesse de Jésus-Christ dans mes mains , — une seule promesse reçue par la foi| — et je suis consolé ! .
(l}JobXVI,2.
PAVtD BT HANITN. â03
NoQ, Mes Frères, Je n'appellerai pa$ même du nom de CONSOLATIONS D£ GiiRisT la douoeur, toute profonde qu'elle est, de pouvoir être parfaitement assuré que Tètre bien aimé dont nous pleurons le départ était un élu de Dieu et un héritier du cieK Ah! sans doute, elle est précieuse cette assurance , et les consolateurs de Hammon n'auraient pu me la donner. Mais, toute seule, pourrait-elle me suiSre,
et pourrais-Je même en connaître le prix » si je n'ai pas d'ailleurs reçu dans mon ame , par la foi , l'assurance bienheureuse que moi aussi j'hériterai la vie, que moi aussi je suis adopté; que mes péchés me sont déjà tous pardonnes^ et que j'ai la paix avec mon Dieu ; oui , que j'ai ta paix , ô mon Sauveur , et que je porte les sceaux de ton alliance ! La voilà la consolation de Christ , la vraie consolation ;
, celle qui comprend toules les autres , et pour le temps et pour l'éternité; celle sans laquelle toutes les autres ne sont que des mensonges ou des objets' d'effroi ^ celle sans laquelle Timmortalité naémç n'est que terrible. C'est une alliance éterneUe avec Jésus-Christ , c'est-à-dire , c'est le pardon de mon Dieu , c'est le changement de mon cœur par le Saint-
' Esprit , c'est l'éternelle paix. -— La voilà : je a'^ connais point d*8utre.
Telle était donc celle que lésus, notre Roi, voulait yous faire trouver, lorsque , vous visitant au jour de votre deuil, il voulut vous envoyer ses consolateurs , je veux dire des amis chrétiens, quelque ministre fidèle, et surtout la Sainte-Bible^et les instances intérieures de son Saint-Esprit, et lorsqu'il dit : « fuserai de gratuité envers cette ame ; » c'est pourquoi je la ferai consoler pat la main de mes servi" » ieurs au sujet de cette niort. »
(( Consolez^ consolez mon peuple, dira votre Dieu } par-
204 DATÎD ET nANUlf.
» lez à Jésusalem selon son cœur, dites-lui que son iniquité » est tenue pour acquittée (1). Oh! combien sont beaux » sur les montagnes les pieds de celui qui apporte de bonnes » nouvelles touchatit le bien , qui publie la paix , qui apn porte le salut (2) ! Oh ! si du moins en cette journée qui » t'était donnée, tu eusses voulu connaître les choses qui » appartiennent à ta paix (3) ! » (C'est là la parole de Jésus.)
— « Oh î si tu eusses connu le temps de ta Visitation ! » Maintenant don;;, ô vous qui m'écoutez, je viens vous le
demander devant Dieu : Comment avez-vous reçu les messagers de consolation qui VOUS sontveims chercher ainsi de. la part de Jésus-Christ, aux jours de vos douleurs? — Y avez-vous connu le temps de votre Visitation? — Il vous sera facile de répondre ; et l'exemple du malheureux Hanun Va nous appeler à de sérieux retours sur notre propre cœur. Vous comprendrez sans doute que je ne veux parler ici d'aucuq outrage éclatant fait à la religion de Jésus-Christ.
— Mais ne penserez-vous pas que David ne se fût guère tenu pour moins offensé , si le roi des Hammonites, sans chercher à couvrir publiquement d*infamie ses envoyés , eût avec dédain refusé de les entendre; ou bien , s'il ne leur eût accordé quelques instants d'audience » que pour ne plus s'embarrasser ensuite lii de leur répondre ni de les entendre; ou bien enfin, s'il n'eût point voulu contracter d'alliance avec leur maître , et ne se fût au contraire associé qu'à ses ennemis ?
Et cependant c'est là l'image trop fidèle »de ce qu'un grand nombre d'entre vous, peut-être, ont été devant Dieu dans les jours de leur Visitation.
(0 Es. XL , 1 . (2) Es. LU , 7. (?.) Luc XIX , 12.
Et d'abord » en effet y il n'est que trop vrai : même parmi les personnes qui fréquentent nos temples» il en est beancoup qui 9 dans lesjom*sde leur deuil ^ ont dédaigné les messagers de paix qui leurétaient envoyés par Jésus-Christ.- Je \mx dire qu'ils n'ont pas voulu des simples consolations de la Bible , qui nous couduiseot au pied de la croix de Jésus- Christ. « Ils n'ont pas senti la plaie de leur ame. » Ils n'ont pas encore su profiter de ce^dispensations dont le Seigneur disait : « Je vous ferai passer sous la verge; et là, vous » vous déplairez en vous-mêmes ; vous vous tournerez vers n moi, vous mettrez la main sur la bouche, et vous direz: » J'ai péché; queteferai*je,Conservateurdeshomoaies(1)?)) Us demeurent dans leur propre justice. Hélas ! si vous les avez visités dans leur douleur, vous aurez vu leur chambre de deuil remplie de consolateurs humains ; dans leurs mains, des livres d'hommes; sur leurs lèvres, des sentences d'hommes; et dans leur cœur encore les tristes consolations d'un stoïcisme tout humain. Si quelque ami selon Dieu veut leur parler des consolations qui se trouvent avec tant d'abondance dans la connaissance de l'amour éternel du Père, par la foi au sang de la croix « ah ! c'est un langage dont on ne veut pas ; on l'a bientôt découragé par un froid silence d^tonnement et d'improbation ; on a semblé lui dire : Retirez-vous, messagers de David^ nous ne voulons pas de vous. — ^ On préfère à la Bible des paroles d'hommes , des doctrir nés d'iiommes, deslivres d'hommes. — On te repousse ainsi, ô mon Sauveur ! Voici : « tu te tenais à la porte , tu frap- » pais »; mais on n'a point encore « entendu ta voix » et l'on ne veut pas t'ouvrir.
(1) El, XX , 31^5 XXXVI , Î4 , 33. Job XXXIX,36, 37 j VII,20.
VOUS donc qui vous reconnaîtriez à ces traits , que cette triste expérience vous montre que vous ne lui appartenez point > mais vous pousse à le chercher ! — Tondriez- vous renoncer à lui ? — Voudriez-vous descendre à votre tour dans la mort> et vous voir porter devant le tribunal de votre Créateur , sans avoir lavé votre aine dans le sang de la nouvelle Alliance , sans réconciliation , sans Sauveur !
Ah ! n'alléguez pas , cemmè nous supposions qtt*avait pu faire Hanun, n'alléguez pas les torts des envoyés du roi, je veux dire tous les défauts que vous avez cru reconnaître peut-être chez les hommes qui se sont attachés aux doctrines du Nouveau Testament^ n'alléguez pas la sévérité de leurs jugemens, les exagérations, l'orgueil, l'intolérance qui se trouvent , dites-vous, en eux •— Y aurait-il tout cela? — Supposons-le : qu'importe? Qu'est-ce que cela fait à leur message , si c'est le Roi qui les députe ? Vous arrêteriezvous donc à leurs défauts, plutôt qu'à l'importance «t qu'à la solennité du message, plutôt qu'à la nécessité de l'avoir reçu'pour éfcbupp^ à la colère à venir ; plutôt qu'àlb bonté; qu'à la patience et qu^à la tooehaate tolérance de Celui <{Qi renvoie!
Mais il en est d'antres encore , parmi vous , qui ont paru d'abord accueillir avec empressement les consolateurs de Roi céleste , et qui cependant n'en ont peut-être pas moins méconnu « le temps de leur Visitation » parce qu'en les écoutant , ils ne se sont pas souciés de comprendre leur message, ou pas souciés de traiter alliance avec leur Rot. Et la cause en est trop manifeste. Ils ne voulaient tfne soulager une douleur présente : or, TEvangilea des sons si doux! il s'y trouve des accens si tendres adressés aux cœurs froissés "et brisés! Ce message du Roi céleste parle de vie étemelle,
DAVTD ET HAXUN. â07
de résarrection y de fleove d'eaux vives, de larmes essuyées pour toujours y de douleurs changées eu joie, de paix^ de consolations éternelles! Gomment n*écouteraient-ils pas ce message avec avidité ? Mais en Técoutant pour charmer leur douleur, ils ne se soucient pas de le comprendre; ils ne se demandent pas : ce Ai-je donc une part à toutes ces choses?» Ih voudraient posséder Teffet, sfins sVcuper de la cause. Ils se faisaient jadis de la terre uuciel ; ils voudraient maintenant quW leur fit une terre dans le ciel ; et s'ils pensent pour un temps aux choses d'en-haut, c'est une créature qu'ils cherchent ; ce n'est pas Dieu. Ils n'ont point sérieuse* ment au ccBur l'alliance du Roi céleste ; ils demeurent unis à ce qu'il hait; ils restent dans les idolâtries du monde et dans les alliances du siècle. Ils ne se sont point dit encore , du fond d'un cœur droit : Âh! ma première douleur et la source de toutes les autres, c'est de t'avoir déplu, mon Dieu! Mon premier mal, c'est ma longue ingratitude envers Toi; et mon premier besoin , c'est d'avoûr toprâi}
Hélas! quiNl c'est avec de pareilles pensées que Ton écoute les ambassadeurs du Roi des rois, ai) jour.de la Visitation , qu'en peut-il résulter? Rien , Mes Frères , ou plutôt moins que rien. — Qu'est-ce que cette dévotion? C'est une vaine rosée de piété , qui , pour être venue sûr une ame pendant la nuit de son deuil , va s'évanouir bientôt , comme la nuée du matin » à mesure que le soleil de ce monde rep prendra pour cette ame ses premières clartés.
On avait appelé les consolations de Christ contre ses premières douleurs; on leur montre bientôt une indififérenee qui va croissant à mesure que s'éloignent les scènes remuantes qui les avaient fait d'abord désirer ^ bientôt, on n'en a plus besoin ; on les oublie , on les dédaigne ; elles répugnent
208 DAVID ET nANU».
même; elles contristentuneame revenue au monde. Qu'elles retournent au Roi > qui les avait adressées; qu'elles se reti-» rent : on n'en veut plus ! Hélas ! cette dévotioa n était que d'un jour ; et comme on Ta dit de la vie mortelle de Thomme, « elle sèche comme rberbe> et son lieu ne la reconnaît plus(1)! »
Mais je l'ai dit , s'il n'en reste rien /trop souvent il en reste moins que rien , c'est-à-dire des illusions funestes , et peut-être même un plus grand endurcissement du cœur. — On a pris pour de l'amour de Dieu un ennui passager de la vie et du monde, un certain dégoût que la douleur seule avait causé ; on a pris aussi pour de la piété cette résignation d'un caractère doux et tendre , qui peut se déployer chez une ame d'ailleurs idolâtre du monde et sous l'empire du péché. Alors il en résulte beaucoup de mal : on se croit quelque chose devant Dieu ; on se rappelle avec complaisance ce qu'on fut au jour de l'affliction ; on se fait une justice de ce souvenir ; on se persuade avoir « connu le don céleste et ») les puissances du siècle à venir , quand on n'a fait que les » goûter (2)» du bout des lèvres, et qu'on ne connaît réellement point encore ce que c'est que la conamunion d'une ame avec son Dieu et que la puissance de la foi. — Oo Vendnrcit alors; on devient inaccessible à de nouvelles im-* pressions , on croit avoir fout senti » on est blasé sur les consolations de l'Évangile , que l'on pense conùaitre ; et qu'on n'a réellement point éprouvées encore. — C'est le sel qui perd sa saveur , avec quoi la lui rendrez-vous (3)? « Oh ! » s'ils eussent voulu connaître les choses qui appartiennent » à leur pai& ! Hais maintenant elles sont cachées à leurs
(1) Ps. cm , 15 , 16. (2) Hébr. VI, 4, 5. (3) Matt. V, 13.
DATIB ET HA517K. S09
» fenx p parce quils D*0Dt pas conau le temps de leur visin tation. »
Non, Mes Frères, il faut le redire, et je voudrais le répéter cent fois; je voudrais l'écrire sur la porte de toutes les maisons de deuil; ces jours de Visitation seront perdus, et plus que perdus pour vous , si vous n'en proGlez pas pour vous unira JésusrChrist, hors de qui Dieu ne vient point à nous , ni nous à DîQu ! et si vous n'allez pas à lui , non-seulement comme de pauvres mortels qui ont besoin de consoiATioN, et qui crient : « Aie pitié de moi, car je suis en » détresse (I)! » mais, avant tout, comme de pauvres PÉCHEURS qui ont besoin de pardoîî, et qui crient : « Aie » pitié de moi , et guéris lïioname, car j'ai péché contre » toi (2)1 » ^— Ces jours de visilalion seront perdus, et plus que perdus , si votre consolation premîCrc, la plus profonde, la plus chère et la source de toutes les autres, n'est pas celle-ci : Je suis donc racheté par le sang du Fils de Dieu ; j'ai trouvé mon pardon ; j'ai donc ma paix avec mon Dieu! « Ah! je te célébrerai! ô Eternel! parce » qu'ayant été courroucé contre moi , ta colère s'est appaî- » sée ) et tu m'as consolé ! (3) »
Mais ici , que dirai^je à ceux de vous pour qui lés jours de la douleur ont été bénis en vie éternelle, et à qui le Seigneur a pu dire : «Je t'ai élu au creuset deI^iffliction(4)?)> Les excepterai-je des réflexions que vous venez d'entendre? Ah! certes non, je ne le ferai pas. N'avons-nous pas tous à nous en humilier? Ah! quels sont ceux de nous qui n'aient négligé plus ou moins et les châtimens du Seigneur et ses
(1) Ps. XXXI, 10. (2) Pa. XLI, 4. (3) Es.. XII, 1. (4) Es. XLYIII , 10. ^
aïO DAYID ET HAmnf.
messages de paix? Quels sout ceux de nous qui n'aient fait Texpérience de la déplorable légèreté de leur ame , après des leçons qui devaient sembler ineffaçables? Quels sont ceux de nous, à ces ressouvenirs, qui ne soient disposés à s'écrier avec ce cantique de notre Eglise :
» Hélas ! mon Dieu , je fas insensible
» Aax doux effets dô ta bontë;
» Pai même été trop inflexible
» Anx coups de ta sëyérlté !
» Mon cœar est plus dur que la pierre ;
» Il ne prend plaisir qa^à pécber ,
» 11 n'est attaché qu*à la terre ;
» Brise , ô Dîea , ce oœor de rocher l »
Mais maintenant je m'arrête; car il est temps d'aller plus loin , et d'achever l'exposition de notre texte. ,
Nous venons de dire quelle est l'ingratitude et l'épouvantable malheur des hommes qui ont refusé de reconnaître les jours solennels « de leur Visitation »; écoutez maintenant quel est le double devoir des fidèles qui ont eu le bonheur d'en profiter , et qui se sont convertis à la voix de leur Sauveur. Premièrement , ils le confessent sans craindre aucun opprobre : et secondement, ils a combattent le bon combat (1) »> en lui remettant tous leurs projets et tout leur avenir. — Les serviteurs de David , je veux dire ses ambassadeurs et ses officiers de guerre, vont nous fournir successivement cette double leçon. — ^Ges pensées nous ramènent au pays des Hammonites.
Nous y avons laissé les ambassadeurs de David, au moment ou, abreuvés d'opprobre, ih s'éloignaient de la cité de
(l)2Tim. IV, 7.
DAVID ET HANUK. 211
Hanun. — Je me les représente ces graves personnages, sortant des portes de Rabba , ayant encore dans leurs mains leur message de paix, le visage honteusement mutilé,^ le cœur abîmé de honte et de douleur , vêtus d*une manière hamiliaAte et ridicule , entourés d'une populace furieuse qui) se voyant lâchement excitée pex son prince , les poursuivait de ses huées et de sescrisde rage*-— • Ainsi sortaientils d'une ville où ils n'étaient venuà cependant que pour apporter & tout un peuplé les bonnes nouvelies de la paix. Ainsi finissait un message de bienveillance et de consolation. Ah! Mes Frères» n'est-ce pas aussi dans cet appareil que isont sortis dans tous les temps les envoyés de paix que notre Roi céleste a députés sur la terre? N'est-ce pas ainsi qu'ils ont dû toujours porter avec opprobre leur glorieux message quand ils ont été fidèles : « éprouvés , dit l'Apôtre , par des » moqueries^ par des coups, par des liens; vêtus de peaux » de brebis et de chèvres ; manquant de tout , affligés, tour- » mentes^ eux dont le monde n'était pas digne (1)»? M'est-ce pas aussi chargés de suriioms odieux , outragés^ conspués, couverts de manteaux ridicules, bâillonnés, gar^ Tottés, conduits à la mort , qu'on les a vu finir leur message de paix? N'est-ce pas là ce que l'histoire de l'Eglise dé Jésus- Christ nous présente dans tous les temps et dans tous leâ lieux ? — Et 9 pour n'en citer qu'un seul exemple pris parmi nous , n'est-ce pas ainsi que , dans Genève ^ on vit sortir par deux fois, avec mépr» et au péril de leur vie, le généreux Farel , et plus tard ëossi Calvin ; son immortel compagnon de service ; ces hottimeà à qui, certes, après Dieu , nous devons tout? Hais que dis-je? N'est-ce pas ainsi que notre Roi
{l)Hébr. XI, 36-38.
ai2 I>A\TO ET HàNUN. .
lui-même fut reçu dans le monde? Ne le vit-on pas garrotté, traîné dans Jérusalem^ les mains liées derrière le dos^ le front couronné d'épines, le corps couvert d'une pourpre de dérision, le visage outragé par d'indignes soufflets; puis bientôt sortant de Jérqsalem pour être publiquement dépouillé de ses vètemens et cloué contre un gibcft infâme?
A cette vue ^ Mes Fi'ères ) qui donnons s^'étonnem jamais 4e. la part que notre Roi réserve ici-bas à ses messagers gdèles ? Non , sans doute ; il faut que tousse^ serviti^urssoient prêts à porter, quand il les y appelle » Topprobre de leur Maître ; il faut que dans tous les temp^, comme Ta dit TApôtre Pau) (1 )» « tous ceux qui veulent vii^re pieusement en » Jésus*Christ, s'attendent à souffrir quelqqe espèce, de i) persécution » ^ à se voir flétrir par des dénominations icgurieuscSy ou poursuivis par de rudes traitemens; et cela, le plus souvent, dans la mesure même de leur fldélité et de la loyale charité avec laquelle ils auront su rendre témoignage, auprès de leui^ concitoyens et de leurs proches, à la bonne nouvelle do la croix. — Mais qu'ils prennent courage et qu'ils imitent les ambassadeurs de David. — Voyez-les dans notre texte*
Peiidantqu'ils sortaient de Rabba au milieu des outrage de tout; un peuple, et que^ conduits à travers le pays de Hamn^n vers les frontières de Juda , ils £|cçamplissaient cette carrière de souffrance et d'ignomîniQ^ les ambassadeurs de David; s'étaiept lift tés, nous est* il dit, a J^ /aire « saixdr à leur roi le tniî(M»i«nl jtt'fli f f i»«fefif> iff efidurer » pour son service » et.aussitôt David, pénétré de)douleur, et regardant ces outrages comme s'il les ftût.neçûs dans sa
(I) 3.Tiiii.lIl,t2.
DAVID ET BkVVH. 213
personne ji Gt en leur fdveur'denx choses ; premièrement, U envoya âtt-(fetaftldVtur(|uelqiie9-nnsde ses serviteûrspour les consoler de sa part, car fe^ Aon^me^^ dit notre texte , étaient profondémem humUiéSy et puis, il leur flt dire : « Tene>voù$d Jirkhojusqu^d ce que votre barhesoUrevenuey )i etû^esfaiorsquevoiêsreviendrezdJéruêalem^y
Conformément aux intentiooB de leur rot, les ambassadeurs» quand ils eurent repassé le Jomtiain, s'arrêtèrent dans qtiel<]pie bùmble demeare, voisine des rnines de Jéri-^' cbo^en attendant qu'eassent disparu sur leur visage les traces de l'aflront qui leur avait été fait dans Rabba , et qu^ils pussent reparaiti^ à la cour de David avec la décente gravité qui convenait à te dignité de leur caractère et de leur rang.
voua donc , chrétiens de t<mte condition et de tout âge parmi les hommes , vrais disciples de' Jésus-Christ , qui cherchez d'un coràr droit à luirendlfe témoignage par vos parole» et par votre coil^duite , voilà votre modèle; imitez les serviteurs déDavid !
Oui; portez avec beaucoup d^amour et bëftucotij^ de foi le message de la paix et des consolations de votre Roi ; dite» à tatls éeux que vous aimez , dites à tous ceux qui pourront vous entendre, attestez humblement, charitabtement , mais clairement , mais sérieusement) qu'il |n'y a de vraie paix, qu^l n'y a pour nous de pardon, qu'il n'y a de changement du cœur, qu'il n'y a de vie éternelle que dans la connaissance de Jésus-Cfarfst par la foi. « En faisant ainsi , D disait Paul à Timothée , vous vous sauverez vous-même^ » et ceux qui vous écoutent (!)• »
(l)Tim.IV,16^
214 DAVID £T HANUIV.
Oui; portez loyalement votre témoignage^ en vous rappelant que le Roi qui l'a mis entre vos mains est vivant y et qu'il règne* Portez-le y sans craindre Jamais pour cela ni le vjsage de Hanun, ni l'opprobre de Rabba !
a vous qui savez ce que c'est que mon salut> peuple » dans le cœur duquel est ma loi, dit l'Étemel, ne craignez h point l'opprobre des hommes , et ne soyez point honteux » de leurs reproches, car le ver les rongera comme la laine, n et la teigne comme un vêtement; mais ma justice de- }) meure à toujours, et mon salut dans tous les figes! »
Ne craignez donc pas quelques sacrifices, quelques railleries, quelques jugemens injustes et sévères, quelque oppro* brepour l'amour de votre Roi. — Seulement, faites-lui savoir, du pays de Hammon, vos combats, vos humiliations, vos épreuves.9 et remettez-lui toute votre cause ; car « il prendra soin de tout ce qui vous concerne (1 ) ; » il enverra au-detani de voue sur le chemin qui. vous reste à faire; et vous rencontrerez sur votre route les consolateurs envoyés de votre Roi pour vous soutenir et pour vous animer, en at« tepdant que vous ayez traversé le désert > et passé le fleuve de la mort*
Non! ne craignez pas même, si vous marchez d'un cœur droit, que l'on vous défigure dans votre réputation j^, et qu'on cherche à la détruire soqs «le tranchant des langues (2) » et sous les calomnies des^ipéchans; non, ne craig0ez pas mèjne cela ; car le Seigneur lui-même épiousera votre cause ; votre réputation est sous sa sauvegarde ; elle recroîtra dans Jéricho, pour le beau jour où vous vous présenterez dans la Jérusalem céleste, et où vous entrerez dans les palais de voire Roi.
(i;Ps. CXXXVIII,8.(2)P5.LXIV. 3. ,
DAVIB BT HANUN. 215
Encore quelques jours , et vous vous reposerez dans Jéricho« Encore quelques heures de voyage dans le désert diBS enfans de Hammon , bientôt vous passerez le Jourdain ; et alors tout opprobre sera effacé de votre visage , et toute larme de vos yeui. — Sur ia gauche du fleuve sont les fatigues , il est vrai -, les épreuves t les mépris , les combats ; niais sur la droite, le repos , la gloire » les joies , les consolations étemelles. — Sur la gauche , Rabba et les enfans de Hammon; mais sur la droite, «la cité du Dieu vivatit^ la D multitude des esprits parvenus à la perfection , la Jérusa- » lem céleste, les milliers d'Anges (1). n^
Oui ^ bientôt ^ après vous être reposés dans Jéricho, vous serez appelés à Jérusalem , bientôt vous entrerex par les portes dans la cité céleste , au milieu des cris de joie du peuple de Dieu , aux acclamations des Anges « bientôt vous verrez le Roi de gloire , vous verrez Jésus , vous verrez notre bon Roi , qui> de sa montagne sainte, a compté toutes vos douleurs, et qui vous attend dans les palais de sa gloire. — Alors, il vous donnera des robes de rechange, «de longues . robes lavées et blanchies dans le sang de TAgneau (2); » il vous revêtira a de la justice des saints^ » et de sa main royale il essuiera toute larme de Vos yeux. — Alors un grand cri sortira de la cité céleste , et toute l'assemblée des Saints et des Anges vous proclamera bienheureux.
Oh ! oui , bienheureux dans ce grand jour» mille fois^eureux celui qui aura souQert quelque chose pour ta cauâe> ô mon Sauveur! Bienheureux alors qui aurai;ompris> comme Moïse» que « tonK>pprobre est une richesse plus grande que » tous les trésors de TÉgypte ! n Bienheureux qui pourra te
(1) Hébr. XII , Sa. (9) Apoc. VU, 14; XIX , 8.
^tû DAVID ET H-OUN.
montrer quelques marques et quelques nobles flétrissures reçues à ton service et dans l'obéissance de ta Parole!
Voilà « Mes Frères, notre première leçon, et voici maintenant la dernière : c'est l'histoire de Joab qui va nous la donner, à la tête des armées d'Israël» — J'accomplis Tex* plication de mon texte, et c'est par là que nous flnissons.
a Les enfant de Hammon, dit notre texte « comprmtuU » bien qu^iU ê'éimeni mis en mautaUe odeur auprès de Da»id, 9 et qqe par Téclatant outrage qu'ils venaient de lui faire ils allumaient une guerre d'extermination, se h&lèrent de députer chez toutes les nations qui vivaient entre les rives de l'Ëuphrate et la chaine du Liban, pour se coaliser avec elles ; ils surent se résoiidre à d'énormes sacrifices; et pour pou* voir marcher avec avantage contre un capitaine aussi redou** table que Tétait Qavid^ et contre un peuple aguerri déjà par vingt ans de combats et de victoires > ils n*hésitèreat pas, comme nous l'apprenons des Gbroniques-(l), à consacrer la somme de mille talens hébraïques , c'est-à-dire de plus de cent mille livres pesant d'argent , popr aller prendre à leur solde, jusque dans la Mésopotamie, des gens de cheval et des chariots (Je guerre.
A la nouvelle de ces immenses préparatifs, David résolut aussitôt de prévenir ses ennemis , en portant ses armes sur leur territoire , et fît partir sans retard ses neveux Joab et Àbisaî , auxquels il confia tout ce qu'il y avait de plus vaillant en Israël.
Joab ;Se hâta de marcher contre les Hammonites , qyi , n'osant passe mesurer ayec lui dans la campagne, s'étaient, rangés devant les murs de Médéba; mais bientôt il apprit
DAVID ET HATrtJN. 217
que les rois de Mahaca ^ de Rébob et de Tsoba s'étaient mis en bataille sur les derrières de^n armée, afln de le prendre à dos pendant qu'il aurait affaire aux Hammonites , et de l'écraser sons leur, nombre.
Le danger était imminent; mais Joab eut bientôt pris son parti.— al Ayant ap^r^ti, dit-notre texte, 911a k front de la » bataille était centre lui df^^oM et derrUre , » il déploya dans cetle içopcçntre les baiites qualités guerrières qui depuis si long-temps TATaient sm%% la tête des plus illustres capitaio nés de David. II prit sous ses (ordres l'éKte de l'armée, pour attaquer en personne les plus redoutables de ses ennemis, et donna la C(mduite du reste du pepple à Abisal son frèi:^ qui se rangea contre les enfans de Hammpn.
Quand ces dispositions eurent été prises , il fit sa harangue. Eljbe fat courte, mais m&le et religieuse^ et Ton y put reconnaître la qoji^le expression d'un cœur résolu , et d'une CQnQ^ppç calmi^ an S^couis du Tout-Pjiiss^
<( Si les $yrim |o«^l«J^fl«^/ay;^.jftlf mot? ditril à Abisaf, » tu -viendraê me^ délivrer^ eiles enfane de Hamm&n eantphu » forts que toi , f irai te délivrer, ^ontre un cœur metb^ mon » frère, et porUms'nousmillamwni pour fiotre peuple et pour. » les eilés de notre Dieuf et puieX Etemel fera ce gui ^ra bon » detanteee fsux* >» ^ :> . \
La bataille ne tarda pas à s'engager $ Joab et le peuple oui était avec lui marcfièrejat centre les Syrieçs, qui bientôt eurent pria la fuite:, ^t; les enfans de Hammpn, ayant va leur défaite> tQurnèr^t le dos devant Àl)isaî| et cberch^rent un reluge derrière les murailles:de Médéba.
Cependant > Àdarjiezer et les Spiens soulevèrent bientôt après pour leur cause toutes les nations syriennes, et firent mêmexarriveif à leur secours Jcs peuples de te Mésopotamie.
S18 DAYU) 1^ ttAHUN.
— Cette coalition de tant de roi^ çbHgea Datid de conduire la guerre en personne;» et d'y porter toutes les forces de son royaume, ii II assembla toutlsrai^ » dit notre texte, et bientôt , ayant atteint ses ennemis près de Hélam , audelà du Jourdain y il leur livra la plus terrible bataille qu'on eût vue encore de son règne. Les Syriens y -perdirent sept raille chariots de guerre, quarantémillë fantassins, et Sobac lui-même, le chef de leur armée. Abattus par tant de défaites y « leurs rais se soumirerU d David ^ si ne pensireni plus à » secourir les enfans de Hamman, » — » Ce sont là les dernières paroles de notre texte.
Je vous Tai déjà dit, A tous qui avez connu les jours de votre Visitation , et qui désirez désormais que votre Dieu soit glorifié dans votre vie et dans votre mort , je vous Tai dit : que l'admirable langage de Joab à la bataille de Hédëba vous serve de leçon ; car il décrit en deux mots toute la vie d'une ame fidèle. « Comhatlans vaUlammeHi, et puis » t Etemel fera ce qui sera bon dètdni ses yeux. »
Oui, rachetés du. Seigneur, combattons vaillamment , et pbis remettons toute notre afl^aire ^ tous nos intérêts , tout notre avenir à Celui qui nous a aimés le premier, qui nous garde, ei qui, nous ayant tout pardonné, fera tourner tontes choses à notre plus grand bien« u Si Dieu est pour nous, v qui sera contre nôiis? »
Oui^ voilàjle langage d'une ame chrétienne qui a connu lés jours de sa Visitation; voilà sa vie. Elle croit, et elle agit; elle se confie , et elle combat^ elle prie, et elle tra-> ' vaille. Sa foi la rend active et obéissante; et son obéissance , bien loin de distraire sa foi^ Texerce et la fait grandir.
« Vombattons vqman^mefit^ et tSt^rwlferq^ ee ^ui sura bon
DAVID ET HAMUIf. âl9
» detHmi spi yenxi » En avant ! se dit-elle, comme si toul le succès devait dépendre d-eBe > en même temps <iu'elle regarde en-haut , persuadée que tout le succès est dans la main de son Dieu. En avant! puisque «je puis tout en » Christ qui me justifie (1). Et si je sais que hors de Christ ^ je ne puis rien » de bon (2); si je saiis que tout me vient de Dieu , même la force, de marcher en avant et de cômb^attre avec vaillance; si je sais «qu'il fera ce qui sera bon^ » devant seg yeux^ 9 je sais aussi qu'il m'ordonne d'aller eu avant et de combattre avec vaillance; et je sais que c'est sur le chemin de l'obéissancô que ses fidèles s'assurent de sa présence, et ressentent 9^ consolations. Âh! je n'ai pas besoin de concilier toutes ces pensées par de savantes théories; je sais qu'elles se concilient dans le cœur! de ses rachetés : que me faut-il de plus?
En avant donc avec foi , 6 mon aine! voilà pour le fidèle son mot d'ordre de tous les jours. — Mon Dieu , qu*ai-je à faire aujourd'hui pour ton service? Je voudrais ne pins perdre un jour; fe- n'en al que trop perdu. Je sai& que bfir&ni' delà bataiîle est conire moi demnt et derrière : eh bien! mon Dieu:^ dès aujourd'hui , oà lËont mes ennemis? Eh a^rrièré ^ qu'ai-je à réparer? En avant , qu'ai-je à surmonter? U y a (terriers moi une grande faute à réparer $ il y a devant moi des tentations à surmonter^ une résolution décisive à pren^ dre^ lune dématdh0 à faire. If m'en coûtera beaucoup, Sei« gnenrj mais ea avant, oui, en avant avec foi; et ta feras le reste. « Conaàmns^taiUamméKts apàe^quTÈtmuifaêêe »: ee. qui sêfu lanietuM uà ymâst n
Tel était donc l'admirable langage de Joab à la tête des
(l)Phil.lV,13.(2) JeaûXV,4, 6.
290 DATID ET HAmiK.
armées d'feraë]. Mais preimns*y bien garde, et c*esit par cette remarque* que je vais finir • Elle est aassi simple qu'elle est grave; et peut-être pour plusieurs d'entre vous est-elle pi tB imiN>Ttante que tout ce que vous venez d'entendre. '•
Vous avez admiré le langage de Joab| et ce^ridant Joab, doué de grandes vertus humaines /n'était pas héritier de la vie étemelle. — La Bible, qui sonde les emurs et les reins , nous l'a décrit avec clarté comme un homme « dont le cœur »^ n'était pas droit devant INeu$ » vendu à l'ambition, idolâtre du monde jusque dans sa vieillesse, cher^^hant ta gloire gui vient dé» hommes , ef non point celte qui vient de Dieu.
ir avait été l'assassin perfide d'Abner tet d'Hamasa. Hautain et'vmdieatif y c( il s'était jeté sur deux faomines plus 3) justes et meilleurs que lui (1 ) ; il léis avait tués avec l'épée; » la ceinture qa'il avait sur ses' reines et les souliers qu'il 9 avait i ses pieds , étaient teints de ce sang qu'on répand » à la guerre> et qo'ilàvait versé pendant la paix. » Il devait pliisiasdènct^ejaiiaiiy^ter la dureté de son oœur> en conspirât avea AdoniJaHContre les Vfi^lontés révélées du Seigneur $ il devait finir jieja mort des criminels , et par un juste jugement de Dieu.
Vous le voyez dcHic , et mettez bien cette réflexion dans vos cœurs , 6 vous qui voudriez sérieusement avoir mis à profit les jours de votre visitatiop ; vous le voyez : il est facile souvent de pader un langage religieux i mids il faut que chacun de nous, aprte lavoir tenu y raiatte aussitôt la main sur sa conscience» et se demande : $uis«}e sincère ^ et mon cœur est-il droit devant Dieu?
(1) lRoUII,5.
DATm ET fiAinJZf. 221
On peut être » comme Joab » un homme doué de qualités nobles et brillantes; — on peut , comme Joab » dpnt Tin* flaenee égalait en l^ra^l celle même de David y être Tadmi^ ration et le guide de son siècle; on peut, comme Joab^ «voir donné les plus éclatans témoignagei; d'un dévouement héroïqqe J son prince et à $a patrie; -r- on peut être un grand citoyen prêt à verser soji sang> pour son peuple et pour les cités de son Dieu ; — on peut même » commie Joab, avoir r^u de fortes impressions religieuses>:et déployé dans ^s,.9CcasîQns importantes de sa vie une certaine confiance en la providence de Dîeuj -^ on peut être tout ce}a^ et plus que cela ; — > et cependant « avoir 'été pesé à la balance, et » trouvé léger (1); » et cependant (c n'avoir ni lot ni part » dans Théritage éternel (2); et cependant porter un cœur irrégénéré , qui n*a pas pris Dieu pour sa portion , mais la terre y mais les hommes et la faveur des hommes , et qui^ soumis à l'empire de ses convoitises , n'a réellement appris encore ni à connaître Dieu, ni à le prier^ ni à le crohre, ni à Taimer»
Maintenant y que vous dirai-je? -« )e vous supplierai de jarofiter de ces graves leçons et des jours de votre Visitation* — ie vous supplierai de profiter de ce jour qui luit pour vous , et où Dieu vous visite encore une fois par sa Parole et par son Saint-Esprit* Je vous adresserai cette exhortation par laquelle St. Paul terminait son Épitre à Gorinthe : « Examinez- vous vous-mêmes, éprouvez-vous vous-mêmes, » pour savoir si vous êtes dans la foi ?» — Et comment ? — a Ne recoonnaissez-vous pas vous-înémes , ajoute l'Apôtre , » que Jésus-Gbrist est en vous, à moins qu'en quelque sorte ^
(l) D^, V, 27. (2) Ad. VIII, 21*
222 DAtlD ET HAirUlf.
» VOUS ne soyeE réprouvés? » — Et f ajouterai : Si vous ne le reconnaissez pas, oh! il est temps encore ; le jour de ventre Visitation dure encore ; allez à Jésus-Christ ; allez vous procurer ôette huile divine qui fera que votre lampe ne s'éteindra pas à l'arrivée de TÉpoux ^ comme celle de Joab et de tant d'autres, ft Allez vers ceux qui en vendent gra- » tuitement. » Allez vers Jésus-Christ , qui a dit : a Je ne » repousserai point dehors celui qui viendra à moi, 9
mon Dieu ! « j'ai conclu que ma portion était de garder » ta Parole. Je t'ai supplié de tout mon cœur > aie pitié de » moi selon ta Parole. — Amen ! »
LE