ONDUITE DE PAUL DANS SON MINISTÈRE. SU
missionnaires de Jésus-Christ portaient sur toute la terre l'évangile de la paix. Nous nous laissons aller trop facilement à nous les représenter comme des hommes presqu'étrangers aux infirmités de notre nature, soumis à d'autres affections que nous j et , poar ainsi di]?e, comme des êtres surhumains dont la tête était déjà couronnée d'une auréole de lumière aux regards des hommes. Mais il n'en était pas ainsi. Bien loin même que Paul eât rien qui le relevât aux yeux de la chair, on disait de lui dans Corinthe : Ses lettres sont graves , mais la présence du corps est faible y et sa parole est méprisable.
Celui que nous appelons saint Paul, vous l'auriez entendu nommer alors Paul ou Saulde Tarse; vous l'auriez entendu appeler dans iérusolem peste publique , Nazaréen ^ chef de secte , séducteur; vous l'auriez vu dans l'opulente Ephèse^ sous l'extérieur d'un simple artisan , voyageant à pieds et travaillant , avec Àquilas , à couper et à coudre des cuirs , pour subvenir, jour par jour, en fabriquant des tentes, aux besoins matériels de sa frugale existence; et, en le voyant passer dans les rues de Corinthe ou dans Ephèse, vous auriez entendu dire de lui ce qu'on disait du grand Farel , quand il arriva dans Genève : « C'est un pauvre prédicant, chétîf et mal vêtu ! » — vous l'auriez vu, dans les rues de Philippes, battu de verges par la main du bourreau , comme un homme, qui, disait-on, troublait toute la ville. Et pour tout dire , en peu de mots , vous l'auriez vu écrire , d'Ephèse même, à ses chers Corinthiens : Jusquiei, j^ souffre la faim et la soif; je suis nu , on me frappe au visage, je n'ai point de demeure assurée , je me fatigue à travailler de mes propres mains; on me dit des injures^ et je bénis; on me persécute, et je le souffre; on m'outrage de paroles y et je prie; je suis y en utk