‹ SermonsChapitre 66 sur 88 · CONDUITE DE PAUL DANS SON HINISTEEE · texte numérisé non relu

CONDUITE DE PAUL DANS SON HINISTEEE

fangoistêy que je n y sais ausêif — Qui esUee qui est ecanda' Usé y que je ne êois moi-même comme brûlé dans mon coeur, et de douleur et de charité? Aussi l'entendez-Vous ajouter aux pasteurs d'Ephèse , dans notre texte : a (pie, pendant trois ans; il na cessé d$ servir le Seigneur y au milieu d* eux ^ avec beaucoup de larmes* »

jévec beaucoup de larmes !Ahl chrétiens, comprenez-vous bien ce dernier trail? — Y a-t-il rien de comparable dans le caractère de Paul ? -* On ne s^étonne pas de ^4U^deu^^de son lèle; et Ton y reconnjiît aisément le fougueux Saul de Tarse; mais vous représentez- vous ses larmes? — * D*où lui est-elle donc venue que d'en haut , cette tendre sensibilité , cette source de larmes? — Vous figurez-vous ce persécuteur , cet homme violent y comme, il s'appelle lui-même, devenu^ pour m^ servir de ses propres expressions , doux comme une nour^ ricequi nourrit tendrement ses propres enfans? — Représentez-vous Sainl Paul devant un pécheur de la ville d'£plièse, le suppFiant de se convertir y de prendre pîiié de âon ame , de fuir la colère à venir, et, — pour dernier argument, — finissant par pleurer? — Je le vois écrivant sa première let* tre aux Gorinlhiens: n Quand je vous eor^î^ d'Ephèse ma première lettre , » leur dit- il, ce fut dans une grande afflic^ tion^ le cœur serré ^ etenr^andant beaucoup de larn^s! — Je le vois, mômé dans sa prison de Rome, mouillant encore de ses larmes la lettre qu'il écrit à ses chers Philippiens : « Je vous fai d^é dit, et je vous le di$ ma^etiant en pleurant : il y en a plusieurs entre vous , qui sont ennemis de Jà croix de Christ y et qui ne s attachent qu'eaux choses de la terte- » -* Je le vois enfin j dans cette chambre de Miiet ., étendant se& mains vers les pasteurs d'Ëplièse, arrêtant sur eux le regard du plus, tendre et du plus solennel adieu : « Sotitene!^<'vaus.

que y durant trois ans , la nuit et le jour , je n^ai cessé d'avertir avec larmes chacun de tous! »

2. Oui> telle avait été la conduite de Paul dans son humilité, dans ses épreuves et dans sa tendre charité ; mais sa manière de prêcher n'avait pas été moins Gdèle que sa conduite. — Poursuivons en eflFet ce qu'il en dit lui-même dans notre texte :

a JTous savez, » continue-t-il» « comment je né vous (H rien caché de ce qui pouvait vous être utile,, vous ayant prêché et vous ayant enseigné en public et dans vos maisons y conjurant également les Juifs et les Païens de se convertir à Dieu et de croire en Jésus' Christ Notre Seigneur. »

Ainsi prêchait Saint Paul , Mes Frères > et c'était par là qu'il pouvait se dire net du sang d'eux tous , h cet égard comme à tous les autres. — Que pouvait-il en effet manquer pour cela dans la prédication de cet apôtre?

Fallait-il ne négliger personne? — fallait-il embrasser également tous les hommes dans la charité de ses exhortations? — Eh bien! Saint Paul conjurait, nous dit-il y les Païens comme les Juiis, et les Juifs comme les Païens. — Ni les préjugés de sa jeunesse, ni l'inimitié, déchirante pour son cœur, que sa charité pour les Païens excitait contre lai chez. toute la nation des Juifs , rien n'avait pu l'empêcher de se regarder comme redevable aux Grecs et aux Barbares y aux savants et aux ignorants, et de répandre VEvangile parmi les 6entils, depuis Jérusalem jusqu^en lllyrie. — Et d'un autre côté, ni les embûches des Juifs, ni l'implacable haine avec laquelle ils soulevaient en tous lieux contre lui les magistrats , les prêtres , les grands et la populace même des Païens, rien n avait pu l'empêcher, dès qu'il arrivait dans

Dne ville qu'il n'eût pas visitée encote, d'aller d'abord à la synagogue, conjurer avec larmes les aveugles et coupables enfans de son peuple de se convertir à Dieu et de croire en Jésus-Christ Notre Seigneur.

Fallait-il prêcher la vérité tout entière , avec une charitable et sainte hardiesse, sans détours, loyalement et sans

. réserve? — a Je ne vous ai rien caché, leur dit-il, de tout ce qui vous était utUefje ne me suis point abstenu de vous en instruire; je ne me suis point épargné pour vous annoncer tout h conseil de Dieu. »

Toute sa sagesse, toute sa prudence, c'était de plaire à Celui qui l'envoyait, et de délivrer tout entier le message de son Maître. — Chargé de porter au milieu des ténèbres le flambeau de sa parole , il ne s'était pas contenté de faire briller la vérité de Dieu par des lueurs intermittentes, et des étincelles , si j'ose ainsi dire; mais, malgré les clameurs qui ne cessaient de s'élever contre lui, Paul, n'écoutant que Tordre de son Dieu , s'était avancé d'une marche hardie , tenant d'un bras élevé son flambeau dans les ténèbres, au milieu des coups que, de toutes parts, ses ennemis, irrités d\ine lumière importune, dirigeaient contre lui.

« Dès qu'il avait plu à Dieu , qui l'avait élu dès le sein de sa mère, et qui l'avait appelé par sa grftce , de révéler son Fils en lui , disait-il aux Galates , il l'avait annoncé d abord , sans consulter la chair ni le sang. » — Si, dans les choses* qui ne portaient aucune atteinte à la doctrine, il se faisait

' tout à tous , avec la condescendance d'une tendre charité, peu lui importait d'ailleurs que la prédication de la croix, fût appelée par le grand nombre folie ou scandale, pourvu quelle fût la sagesse de Dieu et la puissance de Dieu pour ceux qui sont sauvés ; et , dans la savante Corinthe , t/ n'avait voulu

«atofV, disait-il, qu^une seule chose y Jésus^Chritt, et Jésus' Christ crucifié,

« Jai cru », disait-il encore, « fai cru, e* est pourquoi fat parlé ; et si Dieu est pour moi, qui sera contre moi? — Le monde , par ia sagesse, n'a jamais connu Dieu; » et la Religion naturelle , c'est-à-dire celle où une nature partout corrompue a toujours conduit les enfans des hommes, la Religion naturelle^ c'est Tidolâtrie. A Dieu ne plaise donc que je veuille en rien substituer ft la sainte et divine simplicité de TEvangile, les altérations de ma propre sagesse et lesmuables systèmes de mon intelligence.

• ADieune plaise que je veuille .savoir de la véritéde Dieu autre chose que ce que Dieu m'en a Tait connaître dans sa Parole.

A Dieu ne plaise donc encore que je craignejamAis «d'an* noncer le conseil de Dieu , tout le conseil de Dieu; ou que , pour le rendre plus supportable à Thommecharnel , jeTaltère, ,en no le prêchant que d'une manière vague ou équivoque.

A Dieu ne plaise q*u*après çue la bouche de CEternela parlé, je retienne aucune de ses vérités captive; et que y par une prudence incrédule et présomptueuse, je prétende, en les cé^ tant, servir plus utilement celui qui nous les a révélées !

A Dieu ne plaise enfin que j'aille consulter l'opinion dominante d'un monde que l'Ecriture déclare plongé dans le maly afin de savoir quelles vérités je dois lui taire ^ et qu^s vérités je puis annoncer, sans compromettre mon repos, ojli mon crédit. (( Nous ne la frelatons pas la parçle de Dieu, comme font plusieurs , disâit-il aux Corinthiens, maî^^ nom la prêchons avec sincérité y comm» de la part de Dieu y devant Dieu, et en Christ. »

Fallail-il prêcher avec instances? Fallait-il poursuivre le

pécheur , le prendre corps à corps , Tavertir , le presser, le conjurer? Ecoutez encore ce que faisait Saint Paul : « Sou^ tenez'vous ^ dit-il , que je n*ai cessé de vous instruire en public et de maison en maison y vous conjurant ^ Juifs et Grecs y de tous convertir à Dieu, et de croire en /."CN .-5. » -— Ce ii*a pas été seulement dans les exercices de la synagogue , ou dans l'école publique de Tyrannus; mais dans vos maisons, mais sans cesser, mais durant trois ans, mais la nuit et le jour.

Voilà, Mes Frères, ce que doit être en tout temps, en tous lieux, le ministre de Jésus-Christ. — S'il ne doit pas

craindre d'annoncer en public, avec une parfaite clarté, tout le conseil de Dieu , il ne doit pas dédaigner non plus d'aller rappeler ses prédications sous des formes plus simples aux moindres membres de l'Eglise. S'il conduit le troupeau tont entier aux pâturages du Sauveur , i\ va chercher aussi dans lesretraites^du bercail les brebis les plus ignorées; il va ramener celle qui est écartée, panser la plaie de celle qui est malade, et prendre entre ses bras les tendres agneaux. Il est le même dans le cabinet de la prière que dans le temple du Sauveur ^ dans les salons et dans les chaumières, que dans la chaire de vérité. Ce qu'il a prêché dans l'assemblée publique, il le pense , il le dit encore dans le commerce de ses amis, dans la demeure du riche et dans celle do pauvre* Et quand il lui est donné dépasser quelques instans atec ces âmes immortelles dont le soin lui fot commis de Dieu , il évite de se répandre en discours oiseux et frivoles; il est pressé de l'amour de Christ et de l'amour des âmes; il attend l'avènement de son Maître; il sait que dans très-peu d'années, son Sauveur lui dira : Qu'as-tu fait pour moi? qu'as-tu fait pour ces âmes auprès desquelles je

t'avais envoyé? — et , dans la pensée de la rapidité de son ministère, comme Paul à son départ de Milet, il se sent pressé de rendre témoignage , pendant qu'il en est temps , àTévangiiede la grâce; il pense que le grand jour du départ , « après lequel on ne verra plus son visage » y s'approche aussi pour lui ; et tandis que le frêle vaisseau qui le porte est encore amarré au rivage de rélernité,il sait que la mort va couper ses câbles d'un instant à l'autre, et il entend déjà bruire et se balancer les longues vagues de cet Océan sans bornes qui doivent bientôt le porter au port bienheureux oà son Sauveur l'attend , aux tabernacles de l'éternel repos, de l'éternel bonheur ! — Le ministre de Dieu , se rappelaat constamment cette exhortation solennelle de l'Apôtre à Timot bée : « Je f adjure devant Dieu le Père, et devant le Sei^ gneur Jéeue-Christ qui doit juger lee vivam et les morts^ prêche,,

reprends, exhorte ^ insiste ^ en ttmps et hors de temps y avec toute douceur t esprit et avec doctrine )>j le ministre de Dieu ne se laisse pas intimider par les vaines préventions de ces personnes qui , se disant chrétiennes , ne veulent entendre cependant les vérités de la Bible que du haut d'une tribune; qui voudraient que les serviteurs de Christ ne le fussent que dans le temple, et qu'après avoir accompli dans la chaire comme une tâche académique, ils déposassent leur langage en déposant leur robe.

Le ministre de Christ prêche , exhorte , insiste , en temps et hors de temps. — Cest aujourd'hui lé temps favorable; eest nujourd^hui le jour du salut*

Mais continuons l'explication de notre texte. Nous avons vu la conduite de l'Apôtre ; nous avons vu sa manière de prêcher : écoutons maintenant dans quelles dispositions il poursuivait alors son ministère , et courait à Jérusalem.

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