DE CHARLES X
Mes Frères, l'Apôtre a fait (daijs son Epître aux Corinthiens )une comparaison par laquelle je vais conclure : «Les » hommes du inonde » nous dit-il > « s'imposent les plus » grandes privations, le régime le plus austère et les plus » rudes combats pour obtenir une cùuronne corruptible : et » vous ne le feriez pa$pour une incorruptible 1 » — Et vous ne le feriez pas. pour une incorruptible! c'est le raisonnement de Saint Paul.
Je conclus donc en vous rappelant tout ce que je viens de vous dire à l'occasion du malheureux monarque des Français. — Comme lui, premièrement, vous avez une couronné qu'il faut ne pas perdre. Secondement, vous avez reçu sur ce sujet les plus clairs avertissemens de Dieu. Troi* sièmementy vous n'avez qu'un temps, un temps court, un temps qui ne revient pas deux fois, le temps de cette vie incertaine et rapide. Quatrièmement , enOn , il faut pour cela tenir ferme à Jésus-Christ, hors duquel il n'y a point de salut, et qui nous a dit aujourd'hui à tous : « Voici ^ je » ^iens bientôt: tiens ferme ce que tuaif afin que personne » ne te prenne ta couronne. »
Mais , finissons aussi comme des chrétiesâ doivent tout finir: je veux dire, en élevant notre cœur et nos prières devant Dieu !
Et quoique nous ne nous soyons occupés de la catastrophe qui vient de remuer un empire voisin, que pour en faire le texte de réflexions toutes spirituelles, cependant , puisque cet événement, de quelque manière qu'on veuille l'envisager, a fait des malheureux, et peut en faire beaucoup encore ; élevons nos mains vers le trône des miséricordes avec «" des prières et des supplications en y joignant
» des actiDn»degrâceSy » ^ comme nous l'ordonne Saint Paul .
450 SERMON StR LA CHUTB
Et d'abord, ne contemplons jamais \e^ agitations des peuples qui nous entourent, sans nous rappeler que le Dieu par qui les rois régnent et les républiques subsistent, * a daigné faire, depuis quinze ans, du petit pays où nous sommes, TEtat le plus libre, le mieux gouverné peut*étre, et toujours le plus uni et le plus heureux qui soit sur iar terre y sans qu'il nous en ait coûté une larme ^ une goutte de notre sang , un cheveu de notre tète. — Que la grâce lui en soit donc rendue; et que son saint nom, invoqué sur nous 9 nous obtienne , si c'est son bon plaisir »; une longue paix nationale ; mais surtout plus de progrès dans la poscession de son évangile et dans Tcimour de son saint Fils Jésus, dont la connaissance fait la vie des nations comme . la vie des^ames.
Apres ces actions de grâces > Mes Frères » rappelonsHious aussi que la parole de Dieu nous exhorte à faire des prières pour tous les hommes 9 et pour les princes mêmes qui ne sont pas les nôtres, r-* Et puisque nous venons de recevoir aujourd'hui nos leçons de la chqtesoudaine d'un grand roi , n'oublions pas que ce malheureux prince e^t encore parmi les vivaus , que c'est un vieillard, qu'il, ne sait où porter ses pas , qu'il verse beaucoup de larmes, et qu'après avoir vu naguère traîner sur un échafaud le plus honnête des rois, son respectable frère , et la plus vertueuse des princesses, sa douce et pieuse sœur, il a la douleur de voir tomber du trâne avec lui son fils et son petit*61s. Prions donc pour ce vieillard infortuné, dont la conscience fut sans doute plus égarée que le cœur. Prions pour que , renonçant aux menteuses traditions des hommes, il s'attache de tout son coeur à la sainte Bible , et f our que , par la grâce de Dieu notre Sauveur, il puisse échanger cette tx)u-