CHAPITRE III
Notre but dans ce chapitre est d'exposer les résultats statistiques de nos observations en les interprétant comme il convient au but de notre travail. Nous avons rassemblé 115 cas de pleurésies tuberculeuses ou du moins suspectes de tuberculose. Ces malades proviennent des divers services hospitaliers, mais surtout du service de clinique de M. le professeur Bondet et du service de M. le professeur Jules Courmont à l’hospice Saint-Pothin. Nous avons cherché à savoir ce qu'étaient devenus ceux d’entre eux qui avaient quitté l'hôpital. Sur nos 115 malades nous n'avons pu en retrouver que 4, c’est-à-dire un peu moins de la moitié. Parmi ceux-ci 42 étaient guéris ou du moins suffisamment améliorés pour laisser bon espoir pour leur santé future; les 12 autres étaient morts. Nous ferons remarquer dès à présent que sur la totalité de nos cas, 35 ont été suivis de mort à l'hôpital. Pour 25 des malades ayant quitté le service où ils ont été soignés, il nous a été impossible d'obtenir le moindre renseignement. Nous l’expliquons facilement en rappelant que la majorité des cas hospitalisés concernent des individus appartenant à la population flottante. De sorte que ces malades, aujourd'hui ICI,
ie demain ailleurs, ont quitté le pays sans laisser aucun renseignement sur leur nouvelle destination. Pour ces cas nous avons dù tabler sur leur état de santé à la sortie de l'hôpital, faute de pouvoir le faire à une échéance plus éloignée.
Nous avons réuni nos 115 observations en deux tableaux, l’un concernant les cas à séro-réaction positive, l’autre les cas à séro-réaction négative. Nous avons indiqué pour chaque observation le diagnostic clinique et, à côté, les résultats donnés par l’inoculation au cobaye et l'examen cytologique du liquide de l’épanchement.
Nous avons considéré comme sûrement tuberculeuses, toutes les pleurésies où l’inoculation positive au cobaye, l’autopsie ou la clinique sont venus confirmer ce « que les symptômes avaient permis de supposer, c'est-à-dire la nature franchement tuberculeuse de l'affection. » Par contre, nous n’avons accepté que comme probablement tuberculeux les cas où les procédés employés pour confirmer le diagnostic clinique n'ont pas donné de résultats certains, soit que l’inoculation fut demeurée franchement négative, soit qu'elle n’eut déterminé chez l'animal que des lésions insuflisantes pour faire aflirmer la tuberculose, soit encore que l’ensemencement fut demeuré stérile et que l'examen cytologique n’eut donné de formule où la proportion des lymphocytes fut en accord avec une étiologie nettement bacillaire.
Nous avons vérifié à l’autopsie les diagnostics établis toutes les fois qu’il nous a été possible de le faire. Malheureusement dans une grande partie des cas
ne
suivis de mort, nous n'avons pu obtenir cette confirmation. D'autre part, nous avons remarqué que l’autopsie a toujours confirmé la nature des lésions indiquées par le séro-diagnostic, la méthode cytologique, l’inoculation et les symptômes cliniques. Aussi nous sommes-nous crus autorisés à affirmer la nature tuberculeuse ou non tuberculeuse d’une pleurésie, suivant les indications fournies par ces divers procédés d'investigation.
Voici les résultats que nous avons obtenu :
LCACOONS DOSIUVOS T2 nan, 67 soit 58 °/o RÉACHONS NOPALLYES. Re 200 48 — 420) LOtAD RE Men EEE 115 P d
Ces chiffres différent un peu des résultats obtenus par M. P. Courmont et publiés par lui en 1899, au Congrès de Berlin, pour la lutte contre la tuberculose. Il donnait alors pour le séro-diagnostic tuberculeux en général, les chiffres suivants :
RÉACUIONS DOSLUVESS SE. ae à 128 soit 69 0 Réactions négatives... .......... 58 — 31% HOAELITRS 186
Mais, comme nous venons de le dire, il s'agissait de la séro-réaction tuberculeuse en général et non plus seulement des épanchements pleurétiques.
À. AGGLUTINATIONS POSITIVES
Sur nos 115 cas de pleurésie bacillaire 67 ont donné une séro-réaction positive. Au point de vue de l’évo-
nt lution de leur affection, voici ce que nous donnent ces GT Cas.
Morts, aggravés ou stationnaires... 15 soit 23 % GUÉTIS OU AMElIOTÉS 22 000 ET 52 — 71%
Mais ces chiffres ainsi exposés n’ont qu'un sens tout à fait relatif et demandent une interprétation plus détaillée.
Si nous envisageons l’évolution de ces divers cas en prenant pour base le taux de leur pouvoir agglutinant, nous les diviserons en plusieurs catégories.
a) Agalutination forte + 20 (1). — Cinq malades avaient un pouvoir agolutinant très élevé, variant de + 15 à + 20. Parmi ceux-ci quatre sont parfaitement guéris; un seul est mort (obs. 51, tabl. IT) très âgé et atteint en plus de sa pleurésie d’une cirrhose du foie. Il nous est difficile de mettre son décès sur le compte de l’une ou de l’autre affection.
b) Agglutination à + 15. — Neuf cas appartiennent à cette catégorie, 6 ont guéri, 3 sont morts. Parmi les morts, un (obs. 59, tabl. IT) à vu rétrocéder ses lésions pleurales; mais un peu après sa sortie de l'hôpital, il se déclarait de la tuberculose des méninges, qui emporta le malade,
Pour tous ces malades le pouvoir agglutinant du
(1) Nous indiquerons une fois pour toutes la signification des signes employés :
+3, +5, + 10, + 15, + 20 signifient agglulination nette à 4 pour 3, 5, 10, 45, 20. 0 veut dire agglutination nulle; + f = agglutination faiblement positive.
+ 5, 10, ete... veut dire agglutination douteuse à 4 pour 5, 40, etc.
> 20 — agglutination au delà de 4 pour 20.
< 20 — agglutination plus faible que 4 pour 20..
ER sang à été au moins égal et souvent supérieur à celui de la plèvre.
c) Agglutination à + 10. — Nous rangeons ici 18 cas, dont un seul suivi de mort. Ce malade était atteint de pleuro-pneumonie à processus très aigu. Les recherches bactériologiques n’ont pas donné de résultats suffisants pour affirmer que la tuberculose était bien la cause de sa mort; il est possible que celle-ci soit due à une infection surajoutée (obs. 79, tabl. IT).
Les 17 autres cas ont vu leur état se relever assez rapidement et ont pu espérer leur guérison. Parmi eux nous avons noté une guérison totale avec élévation progressive du pouvoir aggelutinant du sang, deux ans après la sortie de l'hôpital (obs. 64, tabl. IT) ; une autre que nous avons pu retrouver quatre ans après sa sortie ne présente plus de trace de son affection et a repris depuis longtemps son travail (obs. 62, tabl. IT) un troisième revu six mois après travaille comme auparavant, quoiqu'il exerçat un métier plutôt pénible, porteur de pianos (obs. 65, tabl. II). La malade de l’obs. 73 (tabl. IT) a pu être assez régulièrement suivie; sa séro-réaction a été cherchée à plusieurs reprises. Nous avons vu le pouvoir agglutinant débuter à + 5 etatteindre +- 10 et + 15. A sa sortie de l'hôpital cette malade s’en alla passer deux mois au bord de la mer et revint complètement guérie. Il nous a été permis de la revoir un an après sa sortie du service de M. le professeur Bondet. Elle ne porte actuellement plus trace de sa maladie et a repris son travail.
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