‹ Sérums et antiseptiques: Quelques expériences sur la possibilité d'une action combinée, in vitro, des sérums spécifiques et des antiseptiquesChapitre 10 sur 25 · CANTI EE · texte numérisé non relu

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aqueux de bacilles virulents. Il obtient d'assez bons résultats chez les animaux, mais moins bons en clinique, la dose de sérum injectable pour l’homme était de | ou 2 cc. tous les 2 ou 3 jours.

En 1903, Marmoreck prépare un sérum dont beaucoup de chercheurs se servirent par la suite. Il emploie du sérum de cheval et des cultures jeunes filtrées. Ce sont des cultures de bacilles jeunes sans carapace ciro-graisseuse sur bouillon de foie de veau, glycérine et sérum de veau spécial. Il obtient de bons résultats. Calmette discute l'efficacité de ce sérum et attribue les bons résultats à de faibles doses de tuberculine. Ce sérum, cependant, a été employé par de nombreux médecins. Citons les résultats les plus intéressants

Kurt Henius et Max Rosenberg ont 50 % de réussite avec le sérum de Marmoreck et pas d'accident.

Bohdanowicz ne parle que de deux cas, mais dans lesquels il obtint de bons résultats.

Vos, à Hellendoom, n’emploie le sérum de Marmoreck que dans les cas graves : 20 fois 5 cc. rectal, puis 10 jours de repos. Il eut 7 bons résultats sur 15, ce qui, au point de vue clinique, n’est pas un succès, mais, cependant, un encouragement.

La statistique publiée par Kcæhler, en 1908, est intéressante. Il traite, avec le sérum de Marmoreck, 60 malades, de ceux qui n’auraient pas pu être amélio-

rés par le traitement ordinaire seul. Sur ces 60 ma-

lades

= | ou —

22 améliorations, 18 cas : aucun changement, 20 cas: l’aggravation a continué.

Ceci est ‘un succès, étant donné que ces malades n'auraient pu être améliorés par un autre traitement.

Ernst Levin, sur 156 malades, dont 128 pulmonaires, remarque une influence heureuse incontestable du sérum de Marmoreck.

Ch. Monod, en 1909, signale l'efficacité certaine de ce sérum, surtout dans les lésions récentes.

À l'hôpital d’Aarau, G. Schenker eut des résultats satisfaisants. Avec une dose de 30 cc. par semaine de sérum de Marmoreck, sur 29 malades, il eut 8 guérisons, [| améliorations sensibles, 9 sans changement et | mort. ‘

En 1906, 1907 et 1908, plusieurs chercheurs reconnaissent l’action excellente du sérum de Marmoreck en tuberculose chirurgicale.

À. Hoffa, à Berlin : sur 40 malades, tuberculose osseuse ou articulaire, obtient toujours de l’amélioration. Il y a parfois une réaction locale qu'il supprime en donnant le sérum par voie rectale.

Dans une deuxième série d'expériences : sur 18 cas de tuberculose chirurgicale, il obtient : 18 % de guérisons, 27 % de cas très améliorés et 18 % de résultats nuls.

À. van Huellen donne | cc. tous les 3 jours, puis augmente jusqu'à 5 cc. Dix injections, puis repos, et on recommence.

Ces doses appliquées dans des cas de tuberculose

Re za

chirurgicale (surtout fistules) donnent les résultats suivants : sur 27 cas, 7 guérisons complètes et 7 échecs, ce qui est peu.

Wolberg constate la bonne influence du sérum de Marmoreck dans la tuberculose ganglionnaire. Il le donne par voie rectale, 5 cc., puis 10 cc., par jour, pendant 27 jours.

M. H. Hijmana et L. Polak Daniels obtiennent, avec le sérum de Marmoreck (5 cc. par jour en lavement), des résultats moyens dans la tuberculose pulmonaire et bons dans la tuberculose chirurgicale.

Et c'est la conclusion qu'il semble que nous devrions tirer au sujet du sérum de Marmoreck : moyen pour la tuberculose pulmonaire, bon pour la tuberculose chirurgicale.

Vallée obtient ainsi un sérum qui maintenant porte son nom : il infecte un cheval par des B. K. d’origine équine peu virulents, puis par des B. K. humains, puis par des cultures non filtrées de B. K. humains et des andotoxines.

Il fait expérimenter ce sérum par Guinard, Rénon, Castaigne et Gouraud. Les résultats sont encourageants mais irréguliers, parfois même défavorables.

Marcel Pinard, en 1913, étudie le sort des bacilles tuberculeux chez les malades traités par le sérum de Vallée. Il obtient de bons résultats. À des malades dont les crachats fourmilient de B. K., il donne 10 cc. de sérum de Vallée, par voie rectale, par jour. À parür du huitième jour, jusqu’au quinzième jour, les B. K. sont agglutinés. Puis, le nombre des B. K. di-

minue. Les expectorations sont plus rares, et il n’y a plus que très peu de B. K.

Lannelongue, Achard et Gaillard commencent leurs essais en 1906 sur les cobayes.

[ls emploient 4 lots de 30 cobayes inoculés dans les poumons avec la même dose de tuberculose virulente. Voici les résultats

Mort après 371 jours.

D PROMIS Le SU net à Deere dus HAEOÛ ECS 2. + sérum d'âne normal...... BF 3. + sérumanti-tuberculeux.... 40 %

+ même sérum, mais préventif 64 %

Pour leurs essais suivants en thérapeutique humaine ils emploient du sérum d’âne (le B. K. chauffé à 120°, précipité par l’acide acétique et redissous dans le carbonate de soude). L'action est surtout visible sur le nombre des B. K.

Ruppel et Rickmann emploient du sérum de bovidé. On injecte des bacilles humains par voie intra-veineuse. Puis, à la production des lésions tuberculeuses, on injecte de la tuberculine, des extraits bacillaires et des bacilles vivants.

Ce sérum est encore employé aujourd: hui.

Le sérum de Bruschettini est un sérum de cheval auquel on a injecté des cultures de B. K. chauffés à 60°, des endotoxines, puis des B. K. vivants, ensuite un extrait de poumon d’animaux infectés par voie intra-veineuse.

Ce sérum est également encore employé.

HOCQUARD 2

Nous arrivons aux importants travaux de Jousset. Nous lui devons des publications de 1918 et des travaux plus récents. Le sérum qui porte son nom est encore employé aujourd’hui. C’est un sérum de cheval cbtenu par injection d’un mélange de bacilles et d’extraits bacillaires humains.

André Jousset est convaincu de l'efficacité de la sérothérapie dans certains formes de tuberculose. I] faut bien tenir compte de la restriction. Pour lui, la sérothérapie n’est indiquée que dans la phase fluxionnaire de la bacillose, qui précède toujours la phase de lésion contre laquelle la sérothérapie est sans action. « Le pouvoir du sérum s'arrête là où commence la lésion », dit André Jousset, ou encore : « La bacillose est curable par la sérothérapie, la tuberculose ne l’est pas ».

Pour Jousset, voici quelles sont les indications formelles

a) Fièvre d’invasion bacillaire,

b) Granulie,

c) Polvsérite,

d) Foyers pulmonaires conjestifs, hémophoïques,

pneumoniques, spléno-pneumoniques,

e) Pseudo-lymphones tuberculeux.

Comme indications d'ordre pratique, il signale que deux conditions sont nécessaires

a) Fièvre régulière du type subcontinu ou rémittent à oscillations moyennes : 0°5 à 1°5. Toute fièvre hectique à grandes oscillations est une contre-indicaton.

SRto

b) Cuti-réaction positive, avec papule bien saillante à peine rose pâle.

Comme contre-indications formelles Jousset signale les tuberculoses nécrosantes. Il refuse aussi la sérothérapie aux malades âgés et recommande la prudence, les tuberculeux étant particulièrement sensibles aux injections sériques.

L'administration de ce sérum se fait par injections sous-cutanées ou par lavement de 100 cc. (mais le traitement par lavement est moins énergique)

On fait deux à quatre injections (| cc. 5 à 2 cc. par kilogramme de patient, soit 100 à 140 cc. pour un homme de 70 kilogrammes), parfois plus, à douze ou quinze jours d'intervalle, jusqu’à l'obtention de l’apirexie. Ordinairement, on a recours à des doses décroissantes. Deux à trois injections suffisent le plus souvent. On constate alors

a) La chute de la température,

b) Une amélioration dans l’état général et dans l’état fonctionnel,

c) Une réaction en foyer, sans aucune gravité,

d) Une poussée ganglionnaire passagère.

André Jousset estime que, dans les cas bien délimités, où la sérothérapie est indiquée, son efficacité est incontestable.

Tel n’est pas l’avis de Calmette (Bulletin de l’Institut Pasteur, 1912), qui considère la valeur de la sérothérapie dans la tuberculose comme illusoire. « Si riches que puissent être en anti-corps Îles meilleurs

sérums, dit-il, ils n’ajoutent presque rien aux quan-

tités beaucoup plus considérables d'anticorps que renferment les malades », et, plus loin : « Les animaux hypervaccinés eux-mêmes sont impuissants à dissoudre ces bacilles dans leur propre organisme. Ils les conservent pendant des mois ou des années, inertes, mais vivants et virulents, dans leurs ganglions lymphatiques, ou bien ils les éliminent en nature par les voies normales d’excrétion des déchets cellulaires. (Principalement avec les pigments biliaires).

« Comment donc admettre, conclut Calmette, que le fait d’injecter à-un sujet tuberculeux des sérums provenant de tels animaux qui gardent intacts dans leur organisme les bacilles vaccinants, puisse produire des effets de bactériolyse sur les bacilles inclus dans les cellules tuberculeuses ».

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