‹ Sérums et antiseptiques: Quelques expériences sur la possibilité d'une action combinée, in vitro, des sérums spécifiques et des antiseptiquesChapitre 18 sur 25 · C. — En thérapeutique humaine · texte numérisé non relu

C. — En thérapeutique humaine

En 1925, Gravesen publiait les observations faites dans son sanatorium du Danemark. Il avait traité 44 malades avec les résultats suivants

3 malades avaient quitté l'établissement apparemment guéris, / étaient très améliorés, dans 12 cas, il y avait une diminution de l’activité des lésions, sans qu'on arrive à la disparition des crachats, et, enfin, chez 22 malades, c’est-à-dire 50 %, on n'avait constaté aucune amélioration.

L'année suivante, paraissait à Paris, un numéro de la Revue de la Tuberculose, consacré à cette question. Citons les auteurs des articles publiés : L. Bernard, E. Sergent, Francis Bordet, H. Durand et KR. Kourilsky, F°Rist, J'-Rolland, E. Coulaud, F. Hirschberget, F. Triboulet, F. Bezançon, P. Braun et R. Azoulay. Nous ne pouvons que donner ici un résumé de tous ces articles. La technique généralement employée était la suivante : le sel d’or dissous dans de l’eau fraîchement distillée, était injecté très lentement dans la veine du pli du coude, à des doses

hebdomadaires croissantes : 10, 20, 30... 100 der.

Les accidents étaient rombreux et divers : diarrhée,

MASNG, =

élévation de la température de | à 2 degrés, albuminurie constante, érythèmes stomatites, ictères (il y eut des cas de mort). Les résultats étaient peu encourageants. Les auteurs recommandaient une grande prudence et demandaient la continuation des recherches de laboratoire avant de continuer des traitements sem. blables.

Dans la même revue, L. Saye publiait la statistique suivante : sur 7/3 malades soignés, 23 améliorations importantes, 12 améliorations, 15 légères améliorations, |2 cas stationnaires, et || aggravations. Donc, 68 % de cas favorables. Au point de vue scientifique, 68 % est une bonne proportion. Mais, au point de vue médicale, les 11 cas qui se trouvèrent agsravés, prennent une grande importance.

Les accidents constatés par Saye sont les suivants

100 % d'accidents rénaux (albuminurie),

38 % de réactions thermiques, 31 % de signes digestifs, 10 % d'accidents cutanés.

Plus tard, le même auteur, dans un livre publié à Barcelone, attribuait les résultats négatifs à l’emplo: de trop faibles doses de sel d’or.

Léon Bernard publia, en 1927, les résultats de ses travaux sur la même question.

Sur 78 malades, le traitement au sel d’or arrête les poussées fébriles dans 32 cas. Dans 38 autres cas. dont 19 seulement correctement traités, il n'y eut aucun résultat.

À partir de ce moment, les observations ahondent.

Citons F. Sécher, qui emploie Re doses de 0,50, 0,75, 1,25 gr. sans inconvénient et avec de bons résultats.

. F. Cardis et A. Walinsky, en 1930, donnent les résultats de 322 cures. Le traitement a donné | Une baisse de la température dans 40 % des cas, Une diminution des expectorations dans 34 % des cas, Une augmentation du poids dans 30 % des cas, Une diminution du nombre des B. K. dans les crachats dans 25 % des cas, Une amélioration des signes radiographiques dans

23 % des cas.

Dans l’évolution de la maladie, ils obtiennent

Une forte amélioration... ....... 4 % des cas Ünéamélioration …. :..., 7... 20 % des cas Une légère amélioration......... 10,5 % des cas Un état stationnaire. ........... 38 % des cas PRÉ ADO TAV A TION ee coco or 2 20 % des cas OR re D ra tee 6,5 % des cas

Cela fait 34,5 % de cas favorables.

Ïls notèrent que les complications les plus fréquentes étaient gastro-intestinales. [ls employaient divers sels d’or, dont la sanochrysine, l’allochrysine, le solganol, le chrysolgan. Ils conclurent que l'indication majeure de la crysothérapie était les formes subfébriles.

R. Huguenin, M. Liberson et Y. Dupont eurent de bons résultats avec la crisalbine à fortes doses. Ils

préconisent des doses totales de 6 à 10 er.

ÉD Te 1e 2h

M. Brodier et J. Lefèvre obtinrent des améliorations chez des malades présentant un début de bilatéralisation, par la collapsothérapie. Ils employèrent, chez les sujets faibles, des doses variant entre 0,01 et 0,1 gr., avec un total de 2 gr., et, chez les sujets robustes, 0,02 à 0,15 gr., avec un total de 3 er.

De ces expériences, il ressortait très nettement que l’action des sels d’or était très variable suivant les différentes formes de l'infection tuberculeuse. Aussi, a-t-on recherché l’action de ces sels sur des manifestations spéciales de la tuberculose et dans certains cas particuliers. Citons quelques exemples

F. Lebœuf et À. Mollard font de la chrysothérapie dans des cas de lupus nodulaire. Sur 13 malades traités, ils obtiennent 2 guérisons nettes et tous les autres malades sont améliorés.

Gougerot et Bumier font des injections locales d’une solution à 1/100 de crisalbine, et obtiennent de bons résultats dans des lésions bien limitées.

Léon Bernard, Charles Mayer et Sakellaropoulos emploient la crisalbine comme médication préventive chez des tuberculeuses enceintes. Sur 21 cas observés, ils notent 15 bons résultats.

À.-K. Vacarezza, F. Martinez et P. Lavin injectent la sanochrysine par voie intrapleurale, à des doses de 0,05 à 0,30 gr., dans des cas d’épanchements pleu. raux et d'empyèmes, avec de bons résultats. je

On a aussi essayé d'augmenter la tolérance des tuberculeux à l’égard des sels d’or.

F. Dumarest et H. Mollard, par exemple, se servi-

rent de l'huile d'amande douce comme véhicule. Ils purent ainsi injecter du solganol B (c’est l’aurothioglucose qui contient 50 % d'or), à des doses assez fortes, sans avoir d'accidents.

De cette étude, nous voyons que, en thérapeutique humaine, l'emploi des sels d’or, après avoir donné beaucoup d'espoir, a provoqué bien des déceptions. Actuellement, nous pouvons énoncer ainsi les résul. tats des nombreuses recherches que nous venons de passer en revue :

1° Les sels d’or ne sont efficaces que dans certaines formes de tuberculose.

2° Leur emploi peut être dangereux (accidents toxi-

ques).

Possibilité de l'union d'un antiseptique

et des anticorps d'un sérum spécifique

Au cours d'expériences restées inédites et datant de 1913-1914, E. Wollmann avait cherché à associer, dans le traitement de la tuberculose expérimentale, le sérum antituberculeux et les sels d’or.

Dans son esprit, les globulines spécifiques du sérum (anticorps) devaient servir de vecteur au métal actif en le fixant sur les bacilles tuberculeux. Les expériences interrompues par la guerre de 1914-1918, avaient paru fournir des indications encourageantes absence de lésions chez les animaux traités à un moment où celles-ci étaient déjà très prononcées chez les

témoins.

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