I.\ DU BARRY
Chez moi, ii Louveciennes.
LE GARDIBN
Biais ta es aussi ches toi, ici !
LA DU BARRY
A Pélagie? Vraiment !
LE GARDIEN
Sans doute. Tu ne manques de rien. On t'a permis d'apporter ta malle, avec tes effets. Tu as du linge d'autel, une toilette d'or, de la poudre. Tu as un oiseau (// montre la cage.) un serin d'Hollande. Ah! le bel oiseau, ma-
man
LA DU RARRY
Il ne chante pas.
LE GARDIEN
Patience. C'est comme les hommes. Faut que ça lui vienne. Il chantera, je te dis. Ne le bouscule pas et donne-lui le temps. Et pense que, depuis quinze jours que tu es arrivée, tu as mis sens dessus dessous la prison. Tout le monde est fanatique de te voir, et de te toucher.
LA DU BARRY
Grand merci !
LE GARDIEN
Tu peux t'offrir mille douceurs. On te gâte. Enfin, tu as un bon gardien, sévère, mais sensible.
f02 LA CUENNB OD ROI
LA DU BARRT
Eq effet, vous êtes honnête I
LB GARDIBN
Alors, de quoi te plains-tu?
LA DU BARRY
De rien. Laissez-moi, je vous prie. (Elle entend du bruit derrière la porte.) Mais il y a des gens, là. On parle bas. On nous écoute.
LB GAEDIBlf
Oui, c'est trois personnes, des citoyen détenues.
LA DU BARRT
Qui sont-elles?
LB GARDIEZ
Pas des ci-devant. Du bourgeois.
LA DU BARRT
Que veulent-elles?
LE GARDIEN
Que tu les reçoives.
LA DU BARRY
Non.
LE GARDIEN
Rien qu'un instant. Elles sont aimables.
LA DU BARRY
Mais on ne me laissera donc pas en repos !
LE GARDIEN
C'est la faute de ton nom ! La du Barry I Tu paies ta gloire.
LA DU BARRY
Cher.
LE GARDIEN
C'est ce qu'elle nous a coûté. Alors, tu veux bien?...
LA DU BARRY, laSSée.
Qu'elles entrent!...
LE GARDIEN
Elles vont être bien aises.
// va à la porte qu'il ouvre.
204 LA CHIBflfE DU ROI