SA NUQUE
Avec une indolence harmonieuse, elle a, Très doucement, penché sa fine tête brune : Cheveux couleur de nuit, derme couleur de lune, Et sa nuque, sous les frisons, se révéla.
Pâleur frêle et terrible en sa paix ! Le voilà, Le gouffre trop profond, sans pitié ni rancune, Où mon rêve hagard doit guetter sa fortune Comme un marin perdu sur les eaux de Scylla!
0 nuque blanche et noire, éblouissante et sombre, Abîme d'inconnu, fait de lumière et d'ombre. Mon amour affolé nage en tes flots houleux.
Tu semblés une mer d'énigme, blanche et noire,
Qui roule sous la nuit avec des reflets bleus
Et meurt en moutonnant sur des grèves d'ivoire !