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CHANSON DE MINUIT

Sous les douces senteurs d'iris Qui s'évaporent de ta bouche, Tu dors en ta blancheur farouche.

— Les Nymphes d'amour qui chantent Cypris

Ont en souriant porté vers ma couche

Les fruits de leur sein, les fleurs de leur bouche,

— Ta lèvre chaste, au bord des draps, Se lève comme une aube pâle Sur tes dents de nacre et d'opale.

l'adoration. 135

— Les reines des nuits pleurent dans mes bra: Leur croupe se tord, leur poitrine râle El leur âme meurt sur leur lèvre pâle.

— Tu ne sais pas, tu ne sais rien, Tu dors comme dorment les roses, Et sans voir le mal que tu causes.

— Les vierges d'Eros consolent le mien : J'endors mon amour dans l'amour des choses, En mangeant des lys, en buvant des roses.

— Tu ne sais rien, tu ne sais pas.

Tu ne sais pas même qu'on t'aime :

Ton baiser serait mon baptême...

— J'ai dit à mon cœur de pleurer plus bas,

Et je fais crier la chair anathème

Pour calmer les cris de l'àm.e qui t'aime.

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