L'APOSTAT
Madone du Foyer, Reine désobéie, Parce que j'ai failli, je me confesse à toi : Ma triste impiété t'a bien souvent trahie. Et ma chair a souvent péché contre ma foi.
J'ai déserté mon temple et renversé les cierges ; Renégat oublieux du culte de souffrir, J'ai quêté le bonheur dans les yeux d'autres vierges Et mendié l'amour que je n'osais t'offrir.
Loin, loin ! Et j'ai couru d'oasis en asiles ; Plein de fatigue, et las de ne rien espérer, J'ai cherché dans les bras des amantes dociles Le désir des désirs qui ne font pas pleurer.
J'ai voulu ! Mais toujours ton image indigète Qui m'attend sur mon seuil après chaque abandon, ^■* Comme un archange armé, reparaît et me jette L'ordre désespérant d'implorer mon pardon.
Chaque fois, mon extase impuissante s'incline Dans l'adoration de l'autel insulté :
De me sentir moins pur, je te vois plus divine, Et mon deuil recommence à bénir ta beauté.