LE TIGRE
Dans la cage au plancher natal, le tigre rôde : D'un coin à l'autre, oblique, et le col de travers, Il vient, passe, revient, tourne ; ses yeux couverts Sont des brouillards d'ennui sur des lacs d'émeraude.
D'instinct, roi de la force, esclave de la fraude. Il rêve vaguement de taillis toujours verts, De rochers inconnus, d'oasis sans hivers. Avec des jours d'extase et des nuits de maraude.
Tigre! jNotre patrie était là-bas, là-bas.
Ailleurs, plus tôt, plus loin, aux pays des combats,
Aux temps de l'àme vierge et des amours sauvages !
El quand, las comme toi du monde où je suis né, Je lève mon regard d'exil vers les nuages, Je ne reconnais pas le ciel prédestiné.
l'adoration. 160