ACTE III, SCÈNE V
SEVERO
Je n'ai point oublié mon serment.
ERCOLE
Oui, pour ces malheureux c'est la dernière chance... Avançons, s'il se peut, l'heure de la vengeance. Avant que Barnabo rentre dans son palais, Jetons-nous parmi ses soldats, écartons-les, Assaillons-le tous quatre ainsi qu'une tempête... Il n'a point son haubert... nous frappons à la tête...
RENZO
Et nous sommes tués pour rien... Non, le maudit Mourra; mais agissons comme nous l'avons dit... Severo le premier, et puis l'un après l'autre.
SEVERO, à part.
Mon Dieu!
RENZO
Je forme un plan, plus sage que le vôtre, , Pour tuer l'homme, ainsi que nous l'avons juré... Et, si je réussis... Oh! je réussirai!...
Bien avant que minuit au Campanille sonne, Barnabo sera mort.
SEVERO, à part.
Si tôt!... Oh! je frissonne. ..
Si tôt! Contenons-nous... Je dois avoir pâli!
RENZO
Soyons tous, dans une heure, au palais Torelli,
Et si ce que j'espère alors se réalise,
A Severo.
O toi, l'amour, l'espoir et la fierté de Pise,
Toi qui nous as soufflé ta force de héros,
Tu nous auras vengé de ces Guelfes bourreaux,
Et, du sang sur les mains, mais l'âme pure et fiêre,
Severo, tu pourras embrasser ton vieux père,
Dans la joie et l'orgueil du devoir accompli!...
Quittons-nous... Dans une heure, au palais Torelli...
Ils se séparent. Rmzo sort d'un côté, Lippo et ErcoU s'éloignent cFun autre. Severo reste seul. La lune s'est levée.