ACTE IV, SCÈNE I
SEVERO, àpart.
Quet supplice !
GIAN-BATTISTA, lui mettant la main sur la tète.
Je veux toucher ce Iront charmant, Ce visage d'un pur et gracieux ovale, Ces cheveux... Ils étaient, jadis, couleur d'or pâle... Leur ton roux maintenant va bien à ton œil fier. Et dire qu'autrefois, — pour moi, c'était hier, Étrange illusion dont tout vieillard est dupe, — Il n'était qu'un bambin qui portait une jupe Et jouait, à mes pieds, sur ces mêmes carreaux... Et que c'est un jeune homme, et que c'est un héros !... Que je t'embrasse encore!
SEVERO, après s'être dégagé de l'étreinte de Gian-Battista.
Oh ! l'horrible martyre.
GIAN BATTISTA, se levant.
Mais c'est trop m'attendrir, vois-tu... Je me retire... Ah ! je suis vieux, je suis brisé, mon pauvre ami, Et, l'autre nuit encor, je n'ai guère dormi... Hélas! je ne pensais qu'à ta tâche terrible; J'ai prié... Mais ce soir, je veux, si c'est possible, Ayant pris dans tes yeux du calme et de l'espoir, Me reposer un peu.
Il serre les mains de son ûls, puis, à part, en sortant :
Ce n'est pas pour ce soir !
8o SEVERO TORELLI.