‹ Sévices envers les Enfants: Prophylaxie et ExpertiseChapitre 13 sur 26 · SE · texte numérisé non relu

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Arrivée dans le service pleine de vermine.

Actuellement, croutes dans les cheveux, correspondant à des parasites.

Pas de trace de blessure: petite cicatrice sur l’avant-bras droit sans importance. Taille petite pour son âge, aspect chétif, maigreur des membres. Peut se tenir debout et parler.

Louise, 8 ans; température, 37°-38°. Pèse 13 kil. 400; la moyenne normale est 21 kilos. Taille, 07 cm. au lieu de 1 m. 19. Adénopathie trachéo-bronchique à la radio. Elle était aussi très sale et couverte de vermine.. Vésicules sous-épidermiques purulentes sur le cuir chevelu et croutes, correspondant à une infection. Gros ventre, membres grêles, cuti-positive. Pas de trace de coups.

Emilienne, o ans, pèse 15 kil. 500 au lieu de 24 kil. 250; mesure: 1 m. o9 au lieu de 1 m. 24. Température : 37°5-30°. Adénopathie trachéc-bronchique à la radio aussi. Maigre. Croutes du cuir chevelu. Ecthyma. Cuti-positive.

Conclusions. — 1° Les trois enfants ne présentent pas de trace de viclence.

2° Tous trois préséntent un arrêt du développement, une insuffisance de poids et de taille; sont atteints d'infections cutanées correspondant aux parasites qu'ils présentaient. Ont de l'infection des ganglions bronchiques.

ag Ces modifications pathologiques nous paraissent être sous la ‘dépendance d'un manque de soins usuels à des enfants de cet âge.

4° Leur état actuel est de nature à compromettre leur santé, s'il n’est pas pris de mesures thérapeutiques comme celles dont ils sont ac-

tuellement l'objet aux « Enfants Assistés ».

La privation d'aliments est surtout pratiquée à l'égard

des enfants du premiir âge. Eux ne sauront jamais dire si on

les a laissés sans nourriture. Ainsi la ration alimentaire diminuant l'enfant cesse d'augmenter de poids: pâlit, s’anémie puis meurt. Le diagnostic de gastro-entérite couvre | délit. Ceite affection peut d’ailleurs être créée de toutes pièces chez ces petits êtres fragiles en leur faisant ingurgiter du lait tourné. ou des soupes indigestes, parfois additionnées de toxique, tel que l’arsenic, qui offre en même temps l'avantage de donner de? véritables syndromes cholériformes sauvant toutes les apparences.

Chez des enfants plus âgés, les parents font absorber une nourriture dans le genre de celle qu’on donne aux porcs, avec en plus d=s substances irritantes, telles que piment, poivre, vinaigre, où répugnantes comme des matières fécales.

La privation de soins est moins délictueuse qu’une négligence et suivant les milieux on aura à considérer s’il y a vraiment intsntion criminelle. Tel enfant mal protégé contre le froid par ses habits est-il victime d’une malveillance de ses parents, ou bien ces derniers n'ont-ils pas les moyens de lui payer les vêtements nécessaires ? La vie dans un taudis est-elle réservée seulement à l'enfant ou bien à toute la famille, que la misère oblige à cet état de chos: ?

Nous arrivons donc maintenant à des mauvais traitements qui ne sont plus de véritables délits, mais qui n'en restent pas moins des sévices.

Ils sont dûs à l'ignorance, un accident, une imprud®nce.

Souvent des mères négligent leurs enfants, ne sachant pas

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tous les soins méticuleux que nécessite leur entretien. Bien ou mal intentionné:s, elles commettent de graves erreurs dans leur alimentation. Elles persistent, malgré l’avis du médecin à leur faire porter des langes et des maillots qui les empéchent de mouvoir leurs petits membres et entretiennent des eczémas, des érythèmes. Elles leur mettent des boucles d’oreilles; ces petits bijoux qu’une personne bien intentionnée a fait cadeau, peuvent être avalés par l’enfant. Des accidents analogues se produisent avec des objets qu’on a laissé trainer, une tétine est facilement ingurgitée.

On verra des parents refuser une opération jugée indispensable pour sauver la vie de l'enfant, telle une hernie étranglée, une appendicite. Il arrive que des familles retirent un enfant de l'hôpital alors qu'il est intransportable, ou pour qui l'interruption des soins correspond à un arrêt de mort. C’est là, une mauvaise compréhension de ses devoirs envers les enfants.

Dans d’autres cas, c’est le résultat d’un calcul : il suffira désormais de ne pas soigner l'enfant pour qu'il meurt et qu'on en soit débarrassé. On a même, dans ce but, sollicité, de pratiquer des opérations presque inutiles, mais dont la gravité paraissait sxtrême.

D'autres imprudences sont commises par les parents. Pour inculquer aux enfanis certaines croyances, ils suscitent chez eux des frayeurs ou les exposent maladroitement à de

très vives émotions dont leur très impressionnable sensibilité

garde les stigmates. Le travail intellectuel excessif auquel on pousse certains enfants sans aucune considération de leur fatiguabilité psychique est une des « causes et peut être la -Caus> principale pour laquelle des enfants précoces et des jeunes gens qui, pendant un certain temps ne connaissaient pas de rivaux s'arrêtent si souvent et frustrent les hautes espérances qu'avaient conçus d’eux leurs parents ». L’Académis s’est depuis longtemps élevée contre le surmenage qui provoque, disait-on, un « spasme fonctionnel du cerveau analogue à la crampe des écrivains », ce qu’on appelle actuellement du barrage de la pensée.

Des aliénations mentales psuvent survenir par excès de travail, et le dicton populaire sur la méningite contractée dans ces conditions, n'est pas tout à fait dénué de vérité quant à la

pathogènie.

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