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FUITE AU DESERT

Des souffles qui bientôt font de l'âme un désert. Que la tempête arrive, et la foudre et la lutte, Que l'ombre sous les deux, comme une énorme butte

Monte; paisiblement du haut de quelque butte, Cependant que mugit le sauvage concert.

Des fauves éléments Je contemple la lutte. Dussé-Je en débris même y voir crouler ma hutte, Qu'importe ! Les buissons, les antres du désert A i'hôte familier suffiront pour couvert.

Puis, le beau ciel d'azur succède au ciel couvert. Les grèves et les eaux, les gazons de la butte, Tout brille. Un manteau d'or flotte sur le désert. Et murmures, rayons, atomes de concert Semblent me convier à relever la hutte. Une immense caresse a remplacé la lutte.

Rien d'impur, de malsain ne survit à la lutte.

Pas de levain haineux, pas de poison couvert !

Ah ! lorsqu'un autre orage a fait rugir la hutte.

Le bouge, le taudis à tant de maux en butte,

Si des groupes humains reparaît le concert,

Ce n'est qu'à la surface et non comme au désert.

O mon âme, plus loin, plus haut que le désert Ta jailliras! Encor quelques instants de lutte, Et dans l'éther sacré, l'infaillible concert, Calme, tu planeras, pour jamais à couvert Des sinistres dégoiàts auxquels tu fus en butte. Émanés des palais ou sourdant de la hutte.

La hutte solitude est partout; le désert

Et la butte où gravir sont trouvés pour qui lutte

Couvert d'une foi ferme en l'éternel concert.

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