‹ Seyyèd Ali Mohammed, dit le BâbChapitre 4 sur 56 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

M. de Gobineau nous affirme dans son livre qu il existe trois « Biyyans » composés par le premier Bâb.

L'affirmation à eu lieu de surprendre, et l'on ne comprend guère un Prophète multipliant les rédactions d'un livre à la composition duquel il n a d'ailleurs aucune part, le texte étant entièrement l'œuvre de Dieu; car, ce que Celuique Dieu doit manifester écrit de sa main, est un livre écrit de la main de Dieu, par la raison que Celui que Dieu doit manifester vient ce Dieu(1).

Dieu serait-il donc un si mauvais compositeur ? saurait-il si peu les bases et les fondements de la doctrine quil à résolu d'établir, pour se voir obligé à remanier, à deux reprises, dans l'espace de sept années, le Livre dans lequel il a tout d'abord tracé les règles de la nouvelle religion? Supposition vaine et blasphématoire, car si d'un côté, en ce qui concerne son attribut éternel, il n'y a, de toute éternité, aucun changement en Dieu (2). de h autre, le Béyän est incréé et existe de toute éternité.

Qu'est-ce à dire? et que signifient les trois «Biyyans » de M. de Gobineau ?

Veut-il nous dire, qu ayant lu le commentaire de là

(1) — Béyân, IL, 15.

(2) — Béyân, II, 15.

17e Porte de l'Unité III, qui dit: Le résumé de cette Porte est qu2 tout ce qui subsiste du Nouqtè se nomme Béyän. Ce même nom de Béyän, dans sa vérité première, est spécial aux versets; dans sa vérité seconde, 1l est spécial aux oraisons ; dans sa vérité troisième, il s'applique aux commentaires ; dans sa vérité quatrième, auæ questions scientifiques ; dans sa vérité cinquième, auæ paroles en langue persane. Mais, ce nom est spécial aux versets e{ non à autre chose, il entend appeler Béyân tous les versets, c'est-à-dire tous les ouvrages en arabe de Sèyyéd(3) “Al Mohammed. Mais d’abord, rien ne dit qu'il ait Iu ce commentaire, puisqu il ne l'a pas traduit, et ensuite, ainsi que nous le verrons-plus loin, les œuvres du Bâb sont bien plus nombreuses.

Si nous prenons le nom de Béyän au sens strict que

l’on attache d'ordinaire à ce mot, nous devons penser qu'ils agit de l’ouvrage connu généralement sous ce nom ou sous celui de Qorän des Bdbi, et que le Bäb nomme ou intitule lui-même Xétäb Mèdyid, — ce qui probablement a donné lieu à quelque confusion, ce nom étant réservé au Qorân par les musulmans de toutes les sectes.

Dans ce cas, à mon sens, ces trois livres doivent être ramenés à un seul et unique ouvrage, Le Béyan. Celui-ci contient 9 chapitres intitulés Urutés, renfer-

mant chacun 19 Portes (ou bäb D }, à l'exception de

la dernière Uruté qui ne contient que 10 bb.

Cet ouvrage, relativement court, est souvent obscur, mais non, Comme le pense M. de Gobineau, « parce

qu il est écrit d'une manière énigmatique » ou «que

chaque mot ait un sens détourné nécessitant un commentateur ». À part quelques termes spéciaux, — peu = nombreux d’ailleurs, — qui demeurent incompréhen-

(3) — Séyyéd — On donne le titre de Sèyyéd Au à tous les

descendants du Prophète. — Le mot sé, > yyËc signifie : prince, seigneur, maître.

= RAS TPE Te RATE, |

De mul à oies ‘=

Fi EN ER

sibles pour le lecteur, même tres lettré, qui n en posséde pas la clef, le texte n'est ni plus ni moins obscur que celui des livres de philosophie dont les docteurs et les soufi font leurs délices. Je reconnais volontiers, cependant, que la majorité des lecteurs persans ny verraient que du feu, — exactement d'ailleurs comme s'ils lisaient tel commentaire raffiné du Qorân ou tel traité de philosophie transcendante — ce qui revient à dire que le Béyän est écrit dans la langue spéciale usitée parmi les savants au courant des profondeurs du sens intime de ce monde d'apparences. |

Or, par un singulier phénomène, ces savants, ces détenteurs des vérités éternelles n éprouvent en aucune façon le besoin de faire connaître à la foule les acquisitions qu'ils ont faites dans leur voyage «vers Dieu — en Dieu — avec Dieu — de Dieu ». Ils ont, en effet, détourné bien des mots de leur sens apparent primitif, et il est hors de doute quela lecture de leurs ouvrages nécessite un long entrainement.

Or, s'il est exact qu'il y ait pour parverur à Dieu autant de routes que de pensées humaines, il s'ensuit nécessairement que les avis doivent différer, tant sur la meilleure route elle-même, que sur la station suprême : à laquelle. on est parvenu. Il en découle immédiatement que ce même mot, détourné de son sens original par tel docteur, sera compris avec une acception ditférente par tel autre faisant partie d’une autre secte. En apparence, les ouvrages écrits par nos deux philosophes seront semblables, mais en réalité ils seront différents quant au sens et aux conclusions pour celui qui possédera le dictionnaire spécial de l'un et de l'autre. Cela est tellement ancré dans les cervelles persanes qu'on ne peut admettre un auteur n'enveloppant pas sa pensée la plus subtile sous une orme banale, s'il est prosateur, et quelquefois vulgaire et grossière, s’il est poète, tel ‘Omar Khèyyäm. On trompe ainsi le vulgum pecus, et l'on réserve les

trésors de son esprit pour ceux-là seuls qui sont dignes de les apprécier.

Le Bâb, dans {e Béyän, n'a pas échappé à cette loi inéluctable, mais du moins, a-t-il employé les termes arabes dans leur acception la plus générale et la moins détournée, en philosophie, s entend. De là, un danger immédiat pour sa doctrine : tel groupe de philosophes n'admettant pas cette simplicité relative de langage, pouvait — et il n'aurait pas manqué de le faire — donner à ces termes la signification spéciale qu'il y attachait et arriver dès lors à des conclusions bien différentes de celles que désirait le Bäâb.

Le danger était pressant, il fallait y parer. Adjoindre un glossaire à son ouvrage, il n'y fallait pas penser. Outre que cela s'est rarement fait en Perse, la 19e Porte de l'Unité II nous apprend que fout ce qui sort de la bouche de Celur que Dieu doit manifester estle Livre de Dieu. Les mots que Dieu fait descendre, quel qu’en soit le degré, viennent de Dieu; les versets sont une onde imputrescible qui descend du ciel, les oraisons sont un lait qui ne Se gâtera jamais, les commentaires des versets sont un vin éternellement

rouge, les réponses, les explications, les prières sont

un miel toujours pur. Le glossaire eût donc été œuvre divine, et 1l semble difficile de faire descendre Dieu au rang de lexicographe.

Le Bâb a donc pris un moyen terme, et il a commenté — jen en veux pour preuve que les mots commentazres des versets de la citation ci-dessus —. les versets du Béyân. Il les a commentés d'une façon gé-

nérale, il a développé dans ses commentaires sa pensée.

trop brièvement exprimée dans le texte arabe, et il l'a fait de telle sorte, que cette pensée apparût claire à qui sait lire, je le répète, les ouvrages spéciaux des philosophes de la Perse.

Ce Béyân commenté est donc le second Biyyan ) 4 M. de Gobineau; reste à savoir si le premier

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existe ? je veux dire, si le Bâb a écrit les versets arabes de son livre sans les faire suivre immédiatement de ses commentaires? Cela me paraît difficile, car outre qu'il s’exposait ainsi à voir dénaturer sa pensée, il a eu soin, dans la 2e Porte de l'UaitéIT, de nous dire : Personne ne peut comprendre toute la science enfermée dans les versets du Béyân, si ce n'est Celui que Dieu doit manifester au Celui que ce dernier aura instruit; car personne ne peut commenter le Béyän comme 1l doit l’être, personne n’a le droit de le commenter, car ul n'a ni commencement ni fin.

Devant cette défense absolue, devant le danger doni nous avons parlé, devant cette affirmation que personne ne peut comprendre toute la science enfermée dans le Béyân, il faut bien que le Bâb ait commenté lui-même et divinement l’œuvre divine, puisqu'il voulait être compris des gens auxquels il s adressait. Kit ce commentaire à dû être immédiat, inhérent pour ainsi dire à la rédaction même des versets, car il ne fallait pas laisser à l'erreur le temps de se faire jour.

Je ne crois donc pas, je ne crois en aucune façon, que le Bâb ait d'abord publié les versets arabes du Béyän, pour les commenter dans une seconde édition.

D'où provient donc l’exemplaire traduit — avec plus ou moins de succès — par M. de Gobineau ? Il se peut que l'ouvrage qu'il ait eu entre les mains ait été complet, cest-à-dire, renfermät les commentaires persans, mails que, n'en pouvant comprendre le sens, il en ait négligé la traduction{4).Cela est inadmissible, car, dans

(4) — C'est certainement là qu'est la vérité. Le manuscrit 1070 du supplément persan, à la Bibliothèque Nationale de Paris, provient en effet de la bibliothèque de M. de Gobineau, en même temps que le manuscrit 1071. Or, il serait étrange quil n'eüt pas fait copier le seul ouvrage qu'il ait traduit. J'ai pu, après de nombreuses recherches, me procurer au dernier moment un exemplaire du Béydn arabe, mais le temps m'a fait défaut pour vérifier la traduction du Livre des Préceptes. Ce manuscrit 1070 est purement et simplement le Béyân persan.

ce cas, M. de Gobineau se füt abstenu de traduire un seul des versets de l'ouvrage du Bäâb. D'autre part, il est remarquable que notre ancien ministre à Téhéran traduise des commentaires persans. Dans la Première Unité, par exemple, à la page #73, il nous prévient. dans la note 7, que ce qui suit les mots : O lu, l'essence absolue! est écrit en persan. [l a même bien soin d'ajouter que ( ce persan est fortement arabisé, non seulement par la nature des mots, mais aussi par la tendance des formes grammaticales ». Or, si le lecteur veut se rapporter à ce passage écrit en persan fortement arabisé, il se rendra compte — si inintelligible soit-il en la forme française dont M. de Gobineau l'a revêtu, — quil s'agit ici d’une démonstration s'appuyant sur la science de la valeur numérale des lettres. Voici ce passage :

« Dans l’année 1270 après l'élection de l’apôtre de » Dieu, il a donné dans des livres d'exposition et dans » des preuves à l'appui (l'explication de) la nature des » sept lettres, et il a établi dans l'unité première de » l'unité, l'unité de substance, d’attribut, d'action et » d'adoration, et 1l a décidé également que l'indicateur » de la bonne direction est Celui que Dieu manifeste » et dont le nom est fourni par le calcul des lettres du » mot Ayy (le vivant), et avant l'apparition (de ce per- » sonnage), il a fait sortir la nature des sept lettres du » sein des lettres primitives, dont l’antériorité est com- » prise dans l'unité même, puis (il faut savoir que) dans » la source de cet unique repose l’unique du Koran, qui » est à la fois manifesté et caché, le premier et le der- » nier, et (il faut savoir encore que) le docuinent pos- » térieur est (indicatif) de l'essence de l'unique, de ») même que l'est aussi le document antérieur qui est » le Forgân(5)» {Traductio: Gobineau).

(5) — Forqgün os » — séparation, distinction entre le bon et

le mauvais; tout livre sacré comme ayant tel but.

Quoi qu'il en soit de la traduction française, il est du moins certain que le texte persan se base, Je le répète, sur le fin du fin de la science des chiffres.

Ne pourrait-on pas penser qu'un missionnaire b&4DI, pressé de se rendre dans la province assignée pour ses prédications, ayant d'ailleurs eu auparavant le loisir d'étudier le Béyân, "tant au point de vue religieux que philosophique, se soit contenté de copier à la hâte les versets arabes, et en certains passages, soit quil ne les eût pas bien compris ou plutôt peut-être qu il n était pas familiarisé avec la science des chiffres et la talismanique, ilse soit empressé de copier les commentaires persans ? Ce serait cet ouvrage incomplet qu aurait possédé M. de Gobineau. Il est vraiment regrettable qu'on ne l'ait pas retrouvé dans sa bibliothèque.

Le troisième Béyân m embarrasse singulièrement, et je crois devoir me borner à nier purement et simplement son existence que rien ne prouve et rien ne JUStifie.

Pour en revenir au Béyân de M. de Gobineau, je dois expliquer pourquoi la traduction m'en paraït suspecte et me fait douter du texte même que le traducteur à dû avoir entre les mains. Je serai bref et ne ferai valoir que deux arguments:

M. de Gobineau nous ditlui-même dans sa note 2, page 469, — et cette fois il a raïson, — que les Bâbi ont un respect particulier pour le nombre 19. « L'an- » née à 19 mois, le mois 19 jours, le jour 19 heures, » etc. Un livre dogmatique d’une aussi haute impor- » tance que le livre actuel ({e Béyän) ne peut manquer » d'être divisé en 19 parties, dont à la vérité il » n'existe que 10, et on en verra la raison. Quoi qu'il » en soit, chaque partie est encore divisée en 19 para ) graphes. »

Je le répète, tout cela est parfaitement vrai, et nous devons -posséder dix Unités divisées chacune en 19 Portes. Or, dans la Première Unité de la tra-

duction de M. de Gobineau, où se trouvent les 19 paragraphes (portes) ? Il n'y en a pas trace. Tandis que dans les autres Unités, notre auteur a bien soin de traduire : « Dans le 3° paragraphe (porte) il est dit..., dans le 4° paragraphe (porte) il est dit.. D'où vient cela? J'avoue n'en rien savoir. Mais, il n’en est pas moins vrai que M. de Gobiheau traduit d'abord, page 469, le titre de son livre par ces mots: le Livre des Préceptes, puis il fait suivre ce titre du sous-titre: la Première Ünité Ces deux titres sont inattendus. et je ne puis les expliquer que par ce fait qu'en réalité le Béyän est le livre contenant les préceptes, les dogmes des bäbi. Dans ia conversation, on dit couramment que le Zaiore des Préceptes des bâbt est le Béyân; de là à intituler aïnsi, de sa propre autorité, le nouveau Qorân, il y a loin sans doute, mais nous verrons par la suite que notre traducteur n'a pas craint, en certains endroits, de se montrer plus fantaisiste encore, car enfin, il ny a pas de doute que M. de Gobineau n'ait voulu nous donner la traduction du Béyân.

Or, le Béyân contient — théoriquement — 19 Unités contenant chactne 19 Portes, tandis que la traduction dont nous nous occupons ici est divisée en 19 Unités divisées chacune en 19 paragraphes. Il semble que la différence ne soit pas grande: elle est essentielle, et elle nous donne la base même sur laquelle s’est appuyé Sèyyéd ‘Ali Mohammed pour revendiquer le titre de prophète, ou, si l'on préfère, celui de Celut que Lies dott manifester.

En effet, l’auteur des Religions et Philosophies dans l'Asie centrale a l'air de penser que la nouvelle doctrine est éclose spontanément dans le cerveau du Bâb et qu'il la publia, en invitant les gens à croire en lui, Simplement parce qu'il affirmait venir de la part de Dieu.

Il n’en est pas le moins du monde ainsi, et ce n’est

pas non plus sans raisons et sans raisons sérieuses que le Réformateur prit successivement les titres de B4û

et de ol aa; Nougte' Béyän, ou plus simplement de

ds Nouqtè.

[l n’est pas exact non plus que le titre de Bb, devenu vacant, — Séyyéd ‘Ali Mohammed prenant celui de Vougtè — ait été donné à Mollà Hoséin Bouchrouyèhi(6).

De pareilles affirmations ont le double tort d être contraires à la vérité et de démontrer ensuite que celui qui les met en avant navait pas la moindre idée. ni de la doctrine bäbt, n1 de la valeur de ces titres.

Que veut donc dire exactement ce titre de Porte ou 6àb ? — Il s'appuie sur les traditions chî'ites et voici comment:

Dieu à envoyé sur terre les prophètes afin que

ceux-ci guident les hommes sur la route de sa connaissance. Le dernier, le plus parfait de tous, Mohammed, a donné le Qorân qui contient la science universelle. Il nous ferait connaitre Dieu, si nous étions capables de comprendre son enseignement. Cette incapacité est due à la faiblesse de notre intelligence, et cette intelligence est mise à rude épreuve, puisque Mohammed a dit lui-même : Quand je prononce un mot, je pense aux soixante-dix sens qu’il possède (hadié).

Donc, nous sommes incapables de comprendre le Qorân qui, je le répète, contient en substance et sous une forme condensée toutes les sciences humaines et divines.

Mohammed, lui, les comprenait ces diverses significations, et les comprenant, il était la synthèse des

(6) — Bouchroüyèh 4 s 3 pe est le nom d’un village de Perse

et il à pour ethnique Bouchrotyèhi qui veut dire ‘‘ natif de Bouchroüyèk ”!.

sciences mêmes dont il imprégnait le Qorân. Mais, si le sens nous en devait rester obscur, à quoi nous eüt servi le livre divin? Ici, pour les Persans, intervierinent les inäm (7), et le premier d’entre eux, “Ali, gendre du Prophète(8), au sujet duquel Mohammed a dit: Je suis la Ville de la Science et “Al en est la Porte{(9) (hadi S).

Nous voici donc en face d'un premier Bäb, et ce Bâb n'est rien moins qu'‘Ali, l'égal de Mohammed. |

Si nous ajoutons que les imém sont à leur tour des Portes, si nous citons le texte qui dit qu'après les imäm, La porte de la science a été fermée et qu'elle ne sera rouverte que par le 12° 1mdm, disparu, mais toujours vivant, et qu'on nomme Sähéb èz-Zèmän, ou Mahdi, ou Qé‘ém (10), etc.,etc.,si nous nous souvenons que Séyyéd ‘Ali Mohammed a annoncé sa doctrine en

(7) — imäm plel — chef de la religion musulmane. Il est,

soit visible comme chez les sonnîtes (et chez eux, c'est le solthôn de Constantinople}, soit invisible comme chez les cht‘ites. [Bianchi, Dict.]

Consulter: M*#** d'Ohsson: Tableau général de l'empire othoman, vol. I. 4. 25, 29, 150, 256, 258, 266, 268, 271, 288,

IT. 118, 128, 168, 173, 203, 307. IV. 483, 590, 591. Querry : Droit musulman, passim.

Hughes: Dictionary of islam, p. 203, col. 2.

D'Herbelot: Bibliothèque ortentale, vol. II, p. 323.

Dugat: Histoire des philosophes et des théologiens musul-

mans.

(8) — La théorie des smém, portes de la science céleste, est identique à celle des Papes, professant ex cathedrd.

(9)— En arabe gl Les pla âs ha bl— and médinèt ë1-<ilm cè AU bäbou-hd.

(10) —Sähéb èz-Zèmän— a ÿ be —le Maitre du Temps, Mahdt — GA — le bien dirigé. |

Q&‘ém — 4,313 — celui qui se tient debout, (qui accomplit,

exécute les ordres de Dieu.

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s'écriant: La Porte est ouverte et je suis cette Porte, on comprendra aisément que le Réformateur accepte en bloc les traditions chiites, qu'il se déclare le continuateur des imâm, bien plus, le 12° imâm lui-même, le Sâhéb &6z-Zèmân, lhéritier direct et divin de Mohammed. | |

Est-ce là un titre qui puisse se céder ? Dépendait-il . de la volonté de Sèëyyéd ‘Ali Mohammed d'en décorer qui que ce fût au monde ?

Nous venons donc de voir qu ‘Ali a été le premier Bâb, nous allons voir aussi quil à été le Point ou nougte, Lei, il y a lieu de prévenir le lecteur que ce mot doit être expliqué de deux façons : l’une courante, générale, fort connue dans l’orthodoxie musulmane. l'autre nouvelle, particulière au bâbisme. Nous laïisserons actuellement de côté la seconde que nous retrouverons plus tard.

‘AIÏ a dit: Tout ce qui est dans le Qorân est conlenu dans la première sourate, tout ce qui est dans la premuère sourate est contenu dans le Bismuillàh èr-Rahkman èr-Rahim, tout ce qui est dans le Bismilläh èr-Rahman èr-Rahim est contenu dans le B de Bism..., tout ce qui est contenu dans le B de Bism.….

est contenu dans le point qui est sous le — BP, et

mot,.je suis ce Point. Co

Les autres imâm l'étaient également, et le Bàb l'est à son tour.

Donc. rien que de très ordinaire, que de très connu dans ces titres : le Bàb, le Point. TI1s pouvaient surprendre les ignorants, ils pouvaient étonner un Européen peu au courant de l'islam persan, ils devaient paraître naturels à tout homme un peu instruit. |

Cela étant donné, passons rapidement en revue les textes du Béyän qui viennent à l'appui de ce que nous disons : La 9 Porte de l'Unité TITI nous dit que tout ce qui est dans le Béyân se synthétise dans un des versets

du Béyän, la 10° Porte nous explique que ce verset est le premier. Dans le commentaire de cette Porte, le Bâb nous annonce que: S1 quelqu un se reporte aujourd'hui au début de la manifestation de Mohammed, qui est le leu où s'est fixée la Primitive Volonté{11), c{ verra que toute chose qui, dans le Qorän, est chose, est chose par lut, bonne ou mauvaise. Elles ont élé manifestées de la mer de sa manifestation, car toutes s'appuient sur lut. Or, le but du 1° verset était l'être même de Mohammed dans le Qorûn. Or, toute chose découle du B de Bismilläh, signifie simplement que Mohammed est lui-même ce B. Eh bien, que celui qui s’est ainsi reporté au début de Mohammed, se reporte aussi au Béyân! Tout ce qui s’y trouve, croyant à Dieu ou croyant qu'il est une existence en dehors de Dieu, tout cela n'existe qu'à cause du Nouqtèi Béyân; ei c’est Lui qu'indique ce verset. Tout ce qui est dans le Béyän se synthétise en l’un des versets, et c’est Lui le B de Bismuilléh, et ce B le prouve lui-même. Or, de même que les mots et les lettres sont vrais de par le Nouqgtè, de par lu également se manifestent et se multiplient les esprits des êtres.

Peut-être, avant de continuer et pour mieux me faire comprendre, est-il bon de rappeler au lecteur européen que Dieu était un trésor caché, qu'il voulut être connu, el qu’il créa la créature pour être connu d'elle. Ce désir est la Primitive Volonté, et c'est cette Primitive Volonté qui créa le monde. Le monde sort donc tout entier de ses mains et doit retourner

à elle, c’est-à-dire que sortant du désir d’être connu.

il rentre dans ce désir. La création est le voyage de

(11) — La Primitice Volonté: première création de Dieu. Cette

Primitive Volonté crée par suite le monde. Elle se réfléchit .

en Mohammed comme en un miroir, et dans ce miroir on ne peut voir rien d'autre que ce qui s y réfléchit, c'est-à-dire la Primitive Volonté.

descente de la Primitive Volonté vers la créature, le retour est le voyage de montée de la créature vers la

Primitive Volonté. Si l'on représente graphiquement ce voyage par un cercle vertical, quon coupe ce cercle par un diamètre perpendiculaire à la ligne d'horizon, on aura en haut le point de départ de la Primitive Volonté, et son arrivée sera à l'intersection inférieure du diamètre avec la circonférence, ce point d'arrivée étant précisément le point de départ du voyage ascensionnel qui se terminera exactement à l'intersection supérieure du diamètre avec la circonférence ; or, ce point d'intersection est le point de départ de la Primitive Volonté, c'est ce qu exprime cette formule : Nous appaärtenons à Dieu et c'est vers Lur que nous devons retourner (12).

Nous tirerons de cela une conclusion qu'il ne faudra pas oublier : c'est que l'essence de Dieu a bien agi sur son attribut, mais que c'est son attribut qui a créé l'univers.

Or, nous l'avons vu, Dieu, ou si l'on préfère, la Primitive Volonté — le Verbe — a créé le monde dans le but d’être connue. D'où, nécessité absolue de. créer, avant la créature qui doit connaître, les moyens par lesquels elle arrivera à cette connaissance. Ces moyens sont les livres révélés. dont le Qorân seul — suivant les musulmans — est resté en ce bas monde. Or,Mohammed estinséparable du Qorân; il a donc été créé avant toutes choses, et bien mieux, puisque les créatures n'ont été créées que pour connaître Dieu,

At Ed 7 4h]

? #7 » — 4,7 2 , (12) — Qorân: S. 2, v. 151 — Dee) ) as) Li al | — innd

se

duldhti, oua inné tilét-hi rédjt‘oüna, et en persan : Lu re

sf L 3 Syms Le SEuyn 3 gl «Sly Le AK SES

que le seul moyen de connaître Dieu est de connaître Mohammed, elles n'ont été créées que pour conhaïtre Mohammed. Celui-ci devient donc et la cause première de la création et sa cause finale. | |. Nous avons parlé ici le langage de l'islam pour qui Mohammed est l’incarnation de l'Intelligence univer-

selle; le Bâb conserve cette doctrine, mais avec une modification de la dernière importance sur laquelle je ne puis m'étendre ici: Pour lui. la Volonté Primitive, la première création de Dieu, la créatrice du monde, le prophétisme, s’est réfléchie dans le cœur miroir des différents prophètes qui $e sont succédé et entre autres dans le cœur de Mohammed.

D'autres vont plus loin encore — et le Bäâb les suivra aussi; — ils prétendent que le Qorân, étant la vérité de Dieu, n'a pu être créé. En effet, Dieu étant, sa vérité est. Or, du moment qu'elle est par le fait même de l'existence de Dieu, elle ne peut être créée, non plus que Mohammed, qui est l'incarnation— le miroir — de la vérité de Dieu, en même temps que de la Volonté de Dieu. |

Dans les deux cas, nous le voyons, Mohammed est l'origine même de la création des choses, et de même que les mots Bismilläh èr-Rahiman èr-Rahim — la seule formule qui résume la connaissance de Dieu — découlent de la lettre B (13), de même Mohammed est la lettre B d'où découlent,en même temps que l'univers, la vérité et l'existence de la formule même qu il a révélée au monde.

- Or, qu'est-ce que la lettre B°? — Un seul trait horizon. tal. Ce qui la différencie des autres lettres, également formées d'un trait horizontal, c'est le point diacritique

(13} — En réalité, cette théorie demanderait de longs développemenis. On remarquera, en effet, que la formule Bisnuliüh èr-Rahman èr-Rañhim contient 19 lettres, — qui sont les 19 lettres de la vie des Babt . Nous examinerons plus tard cette question.

Us, Cr” ts

placé au-dessous dela ligne ( —). Ce point constitue le B, il en est l'essence; Mohammed est ce point, car il est l'essence du B, qui est l'essence du Bismilläh, qui est l'essence de la connaissance de Dieu; or, cette connaissance étant l'origine et la cause finale de la création, Mohammed est le Point de ce bas monde et de l’autre (14).

Cela dit, nous pouvons continuer l'examen de cette question en étudiant les 116 et 12° Portes de l'Unité 111.

La 11° Porte nous annonce que tout ce qui est dans ce verset qui synthétise le Béyân est dans le ‘* Bismillâh èl-Amna° èl-Agdès'”’(15).

La formule est changée : si celle de Mohammed suffisait à son époque, elle ne suffit plus actuellement, et les attributs divins de Rahman et de Rahim sont inférieurs à ceux indiqués par les noms de Amna‘ et de Agdès. Le commentaire nous apprend que toutes les lettres matérielles n'existent et ne découlent que du point — un trait n'étant qu’une succession de points; — or, lesprit des lettres n'existe et ne se développe que du Point de la Vérité. Ce point, dans le Qorän, est Mohammed, dans le Béyän, le maître des sept

lettres (LA < 4 “Al Mohammèd) et dans la manifes-

tation de Celui que Dieu doit manifester, c'est la Vérité divine, l’être divin, le camphrier en essence, l'essence même, car, par sa propre lumière, 1l est le soleil de la vérité.

Cela revient à dire que les mots ont une forme et une âme : la forme dérive de la répétition ou de la prolongation du Pont, et le souffle dérive de la prolongation, de l’émanation du Point de la Vérité : or, ce Point

(14) — La théorie cht‘ite reporte cette démonstration sur ‘Alt après Mohammed.

(15) — En arabe. As Ÿ | ee) ali! rs Au nom de Dieu.

l'inaccessible, Le très saint.

de la vérité était Mohammed dans le Qorân, 1l est actuellement le Bâb dans le Béyân, il sera Celu que Dieu doit manifester quand il sera manifesté. Qu'estce à dire et qu'est cette prolongation ? C'est uniquement la relation qui existe entre la Primitive Volonté, les prophètes et la création nouvelle à chaque période prophétique.

Remarquons encore en passant que, Si le Bâb est obligé de s'appuyer sur l'islam pour étayer sa doctrine, il change cependant jusqu aux formules mêmes d'adoration pour arriver à la réforme qu'il a entreprise. Qu on n’en sourie pas, car il est certain que sl la Perse oubliait le Bismilläh èr-Rahman èr-Rahim, elle se lancerait dans le progrès.

Enfin, Ja 12° Porte nous annonce que le Pont est comme le soleil, et que les autres lettres{16) sont comme des miroirs mus en face de l’astre resplendissant, ce qui revient à ce que nous disions plus haut, que le Point de Vérité se reflète dans les mots qu'il emploie pour sexprimer, autrement dit que ces mots parti- <ipent de la Vérité elle-même.

Donc, et pour nous résumer, {a Volonté Primitive ou la Vérité est un Point ; elle se réfléchit dans l'être d'un personnage qui, par ce fait même, devient le miroir de ce Point et est, par conséquent, Point lui-même. Comme il est le Point, on concevra, — pour peu que notre démonstration ait été assez claire, — qu'il syn-

thétise toutes les sciences; il est, par suite, la ville de .

la science. Or, il y a une route pour parvenir à cette ville, et cette route est le bâbisme, ou, si l’on veut, le Béyän ; il y a des portes ou plutôt une multiple porte qui donne accès dans cette ville, ce sont les personnages de l'Unité ; et, parvenu dans cette ville, le voyageur y contemple {e Pont de la Vérité, qui n'est autre que l'Unité de Dieu.

(16) — Le mot {ettres est ici mis pour personnes, par exemple les 19 personnages de l'Unité.

Nous voulions donc démontrer que le Béyân devait contenir 19 Unités, contenant chacune 19 Portes (17). Or, sans entrer dans les arcanes de la science cabalistique de la valeur des lettres, — dont nous pourrions bien ne pas sortir, — reconnaissons avec l'auteur des Religions et des Philosophies dans l'Asie centrale

que le mot Al; véhéd, c'est-à-dire « unique » repré-

sente dix-neuf, que ce chiffre 19 joue un grand rôle dans le bâbisme; ayons présent à la mémoire que la formule musulmane Bismilléh èr-Rahman èr-Rahim est composée de dix-neuf lettres, aussi bien que la formule bâbi Bismilläh èl-A mna° èl-Agdès.

Souvenons-nous que dans la 4° Porte de 1 Unité LT, le Béyän nous rappelle ce verset du Qorân, qui dit : Au-dessus se tiennent dix-neuf (18).

Souvenons-nous encore que les Portes de Lumière sont au nombre de 19, que les Portes de Feu sont aussi au nombre de 19 (Béyân, passim), et nous constaterons que ces 19 Portes doivent se retrouver dans ie Béyân, qui a précisément le même but que les 19 Portes de Lumière. Ce sont en effet ces 19 Portes qui se retrouvent dans l’ouvrage en question. car chacune de ces Portes conduit à l'Unité de Dieu, c'est-à-dire à 19.

Or, ces 19 Portes sont les 19 paragraphes de M. de Gobineau. Mais, qui dit paragraphe dit division, alors que l'Unité est une et ne peut être divisée. Si nous appelons Unités et Portes les diverses stalions du Béyân, nous n'aurons porté aucune atteinte

(17)— Pourquoi n'en est-il pas ainsi en réalité? — Uniquement parce que le Bâb annonce que sa rédaction sera complétée par Celut que Dieu doit mangfester.

(18) — Qorän. S. 74, v. 30— £e Las Lee — ‘aléi-hà

tis‘ata ‘achara — Dix-neuf anges sont. chargés d'y veiller (sur le gouffre de l'enfer].

à l'apparence de l'Unité. ce qui est fort important; nous ne l'aurons pas fragmentée en paragraphes, elle qui est indivisible, et qui de plus, est inaccessible.

Pour tout dire, javouerai que M. de Gobineau a eu le sentiment quil devait en ètre ainsi quand il dit, page 332 : « Le Biyyan étant le livre divin par excel- » lence, doit nécessairement être constitué sur le » nombre divin, c'est-à-dire sur le nombre 19. Il est » donc composé,en principe, de 19 unités ou divisions ») principales qui, à leur tour, se subctvisent chacune » en 19 paragraphes.)

Mais, les termes employés dans cette citation feraient pâlir Séyyéd ‘Ali Mohammed. 19 Unités ! divisées en 19 paragraphes l Il n’y a pas 19 Unités, il y a une unité qui est 19, comme pour les chrétiens il y a une Unité qui est trois. On accède à cette Unité 19 par dixneuf fois dix-neuf Portes, ce qui est la condensation, si j'ose m'exprimer ainsi, de 19 (l'Unité) en 19 (Unité) fois 19 (Unité), ou l'Unité dans l'Unité de 1 Unité qui est l Unité absolue.

Ne pas avoir compris ce principe, — quand on a lu les ouvrages du Bâb, — démontre quon n’en a pas compris grand'chose et fait naturellement douter de la compétence du traducteur. Mais, poussons un peu plus loin l étude de cette traduction.

Nous verrons que, tout en affirmant la division du Béyân en 19 Unités, subdivisées en 19 Portes, le traducteur nous donne une Unité première sans subdivision. Cette Unité commence, en effet, par un long préambule et se termine à la première Porte qui débute ainsi : lt nous certainement, nous avons établi dans ce premier paragraphe, que certainement Dieu atteste qu'en vérité Lui, il n'y a pas de Dieu sinon Lui, etc., etc.

Cette première Porte se continue longtemps sans interruption pour ne prendre fin qu à l'Unité deuxième.

Où sont les 19 Portes ? et d’ailleurs, la première

Porte de l'Unité première de tous les textes que J'ai

u réunir s'exprime ainsi : Du nombre de toutes

choses, celle que Dieu a rendue obligatoire est cette parole : ‘* Iln'y a pas d'autre dieu que Dieu, en vérité! en vérité ! ” |

Cet exemple pourrait peut-être suffire, mais je tiens

cependant à insister sur la question qui nous occupe.

A la page 473, au paragraphe qui commence par

ces mots: Æ't certes, en vérité, tous les nombres sont contenus dans cette unité, on rencontre Ce passage : C'est ainsi que Dieu explique la valeur de toutes choses dans le Livre.

Cette phrase est commentée ainsi à la note 6 : «Dans le livre du Bâb intitulé le Biyyan, on a «l'explication », ou plutôt dans le livre actuel, que le Biyyan ne fait que commenter. )

Ce n'est donc pas le Béyân que traduit M. de

Gobineau? Mais alors, que devient son affirmation de la page 312 : « Outre les deux Biyyans que je

viens de nommer, 1l y en à encore un troisième composé également par le premier {?) Bâb. Sans être ni

plus difficile, ni plus facile à comprendre que les

deux autres, il les résume dans un format relativement court. On trouvera la traduction de ce catéchisme à la fin du volume. »

D'autre part, on lit àla page 521 du même ouvrage : Ensuite, le deuxième paragraphe après le dixième (dit): En vérité (c’est Dieu qui parle au Bàb), j'ai vu, pendant qu'on te martyrisait (comparaître devant moi) toute la douleur (du monde). »

Ce passage est commenté de la façon suivante page

oR1, note 1: « C'est ce passage qui me fait douter que

le livre soit du Bab. »

Voilà donc, suivant les affirmations mêmes de

M. de Gobineau, un « Biyyan » qui n'est pas un

Biyyan » composé par le Bâb, qui n’en est pas

l’auteur.

J'avoue qu'il faut être très « savant diplomate » pour s'y reconnaitre, et, n'étant ni l’un ni l'autre, Je me borne à constater, — sans comprendre.

La production littéraire de Sèyyéd ‘Ali Mohammed, le Bâb, est très considérable et est à peu près complétement inconnue au monde européen. La chose est d'autant plus regrettable que la religion b&@bi ayant, presque aussitôt après la mort du Bâb, subi des variations considérables, les nouveaux sectaires, Bèha*t ou Esèli(19), ont eu à s'occuper de bien autre chose que du Bâb et ont complètement négligé ses œuvres qui sont tombées dans l'oubli le plus profond et le plus complet.

La chose se conçoit assez facilement pour les Bèhä"i qui ont vu dans Mirzà Hoséïn ‘Ali Noûri Bèhä, Oullâäh le. personnage promis par Sèyyéd ‘Ali Mohammed, c'est-à-dire Celui que Dieu doit manufester.

Mais, je ne conçois pas très bien le rôle joué par Mirzâ Yahya Noûri Soubh Ezël, le demi-frère de Mirzà Hoséïin ‘Ali Noûrî Bèhä* Oulläh. Que ce Mirzà Yahya ait été considéré par tous les bâbî comme le Khalife du Bâb défunt, cela ne peut faire de doute pour personne et les Bèhâ‘i sont de mauvaise foi quand ils le nient. Mais que, simple khalife, Mirzà Yahya ait complété le Béyân, — œuvre réservée par le Bâb lui-même à Celui que Dieu doit manifester, — cela me paraît impossible. Or, il l’a fait, puisqu'il me l'a

(19) —Les Béhä®*i sont les sectateurs de Lo . Qu 151 Mired Hoséin ‘Ali Béhä‘: les Ésèlt sont les sectateurs de

J; a dE | JU Mirzñ Yahya Soubh Esëél.

affirmé lui-même. Faut-il donc voir en lui un concurrent de Mirzà Hoséin ‘Ali ? — Je ne le sais, et il y a là un point que j ignore. |

Toujours est-il, que ces luttes, qui sont allées jusqu’à l'assassinat et au suicide, ont absorbé toute l'attention des frères ennemis et de leurs partisans.

Séyyéd ‘AI Mohammed, le Bäb, ou plutôt ses écrits, ont été si bien oubliés que je n'ai pas rencontré un seul Bèhâ‘i, pas un seul KEzèli qui ait lu, par exemple, le Æétfàäb béïin èl-Haréméin.

Les seuls livres qui soient restés du domaine courant, Je veux dire qui soient lus par quelques bäâbi, sont : le Béyän, le commentaire de la Sourate de Joseph (20), le Livre des sept Preuves, et le commentaire de la Sourate el-‘Asr (21).

C est peu, eu égard au nombre considérable d'œuvres qui sont sorties de la plume du Réformateur et dont je donne ci-après les tableaux :

(20) — La sourate de Joseph Lous 8 34 est la 12° sourate du Qorän.

(21}— Lasourateël-Asr pe 8) y OU sourate de l'après-midi est la 103° sourate du Qorân.

EN PRET Ton = -

ny Bpqu pus 1afsir sourè Yoûsof (5; Je pe GAsts SL) (méastè vè èhda ‘achèrè sourètan)

Commentaire de la sourate de Joseph

(cent onze sourates)

Tableau des noms des sourates

él 8) 1 Sourate èlt-molk «Lidl — 2 — èl“olèmd oleY — 3 — mn asAl — 4 — èl-Mèdine

— D — Yousof

— : 6 — èch-chèhâdè

è y 8) y 4 Sourite èz-ziärèt Le y) — e èt-toouhid eh — 9 ès-sérr Lal — 10 èl-‘èma" Je.il — 11 ès-satr Dymlal — 12 él-“àchoür 32 PA — 13 èl-férdoous Aa — 14 èl-qods ail — 15 èl-mèchiyè — 16 “arch — 17 èl-bäb — 18 és-sérat . — 19 ès-sinà” ) pl — 20 èn-noûr s 1) — 2 èch-chèdjèrè At — 29 èl-ma yes — 23 èl-‘asr MAN — 24 èt-qadr

ALI bi — SN —

EN — 453 ya) — Judl — nl — a. - EL — LUN —

Sourate èl-khâtèm — èlt-hadd — èl-ebuäb — êl-gèrabèt — èl-horriè — èt-tèbligh — èl-‘ézz — èl-hai — eén-nasr — èl-échârè — èl-“oboudiyè — èl-“adl — èt-taabir — èl-Fâtémiyè — èch-chèkk

— èt-énsên

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