SHAKESPEARE ET LES TRAGIQUES GRECS
Introduction. — Que la tragédie de Shakespeare est le développement naturel et régulier de la tragédie grecque. — Définition des termes classique et romantique, — Ldiiragédie néo-classiqtie; caractère artificiel du genre, beauté extraordinaire dés œuvres l
I. De quelques ressemblances superficielles du THÉÂTRE DE SHAKES- PEARE AVEC CELUI DES GRECS. — Rapprochement d'idées et de situations analogues. — Jeux de mots. — Hardiesses de la mise en scène. — Mélange du comique et du tragique. — Les trois unités. 15
il. RESSEMBLANCES PLUS PROFONDES. — Traits du génie moderne chez les anciens, tels que le sentiment mélancolique de là destinée humaine. — Traits du génie antique dans le théâtre de Shakespeare: la sérénité de l'artiste; Thumanité vraie de ses héros; la représentation-des sentiments les plus généraux de notre nature.... 30
III. Goup-d'(EIL SUR LES PERSONNAGES DE LA SCÈNE ANTIQUE. — Carac-
tère plastique et idéal des figures grecques. — Exceptions à cette loi; la vérité psychologique dans le théâtre de Sophocle. — Diction oratoire des Grecs et des Français. — Que ce n*est point parle style que Shakespeare est réaliste, et qu'aucun vrai poète ne parle comme parle la nature; défense de Racine contre une critique de Fénelon 47
IV. Les conflits moraux dans la haute tragédie. Antigone. — Iden-
tité du devoir et de la passion chez les héros ; leur intelligence étroite et leur volonté opiniâtre. — Absence d'égoïstes purs dans la haute tragédie. — Caractère extérieur et divin du conflit des antagonistes; division de la justice; son retour final à l'unité par la destruction des prétentions exclusives qui la partageaient.— Rôles de Créon et de l'héroïne dans la tragédie d'Antigone $4
Y. Les passions personnelles dans le drame romantique. Roméo et
Juliette. — Déplacement du centre de l'intérêt dramatiqne : la
personnalité substituée aux puissances morales.— L'amour dans la
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Pages, tragédie française. — L*amour chez les anciens.— La chevalerie et le
christianisme. — Excès de la passion de Juliette et de Roméo; différence entre leur manière d'aimer 79
VI. Le choeur antique. — Nouvel exemple d'antagonisme des dieux, avec un dénouement pacifique cette fois : les Euménides. — Rôle de la conscience humaine dans le. spectacle de la lutte. — La Ihéorie idéale du chœur, et le choeur tel qu'il est dans le théâtre grec. — Les confidents de la tragédie française ; les philosophes du théâtre de Shakespeare :Ther8ite,£nobarbus, frère Laurence. — Sublimité de VAthalie de Racine 95
VII. Considérations diverses sur les caractères de Shakespeare. — Importance prépondérante de l'action dans la tragédie antique, des caractères dans la tragédie moderne. — Que les caractères dans le théâtre de Shakespeare ne se confondent point avec les passions des personnages. — De ce qu'il faut entendre par idéal et réalisme. Homère et Shakespeare. — L'héroïsme chez les hommes du théâtre tragique de Shakespeare. — : Force, beauté, grandeur des personnages méchants. — Conflits intérieurs de la passion et du devoir, plus habituels à nos tragiques français qu'à Shakespeare. — Faiblesse relative de la psychologie de Shakespeare comme peintre du cœur féminin et comme auteur comique. 117
VIII. Progrès DE l'idée morale dans la tragédie.— Immoralité d'Homère.
— La fatalité dans Eschyle. — Éveil de la conscience dans Sophocle; Œdipe à Colone. — Sentiment d'Euripide sur la loi du talion.— La part du mystère dans le théâtre de Shakespeare. ... 135
IX. Croyances religieuses des Grecs et des chrétien^. — Banalité de la religion en Grèce. — Méchanceté et jalousie des dieux. — Protesr tations des poètes contre la mythologie. — Progrès des doctrines sur ràmc. — Révolution opérée dans l'art parle sacrifice du Christ et par l'importance nouvelle que prit la mort 154
X. Les catastrophes dans le théâtre de Shakespeare et la religion du poète. — Les philistins jugeant les dénouements de Shakespeare.
— Opinion sensée d'Addison sur la justice poétique. — Grande loi des contradictions dans l'art. — En quel sens le théâtre peut et
doit être moral. — Profonde indifférence religieuse de Shakespeare. 170
XI. Les dénouements heureux. Analyse de la tragédie de Cymbeline.
— Des conciliations obiectives ou ex machina. — Des conciliations subjectives; hesLuié àeVIphigénie enTauride deGœthe. — Tragédies perdues de Racine. — La fidélité domestique et conjugale : Kent et Eumée; Imogène et Pénélope. — Adieux d'Imogène à Posthumus, comparés aux adieux de Juliette à Roméo et de Cressida à Troïlus.
— Couleur antique et païenne des principaux épisodes de la tragédie de Cj/m&e^ine. — Caractère idéal et fantastique de touttf la pièce. 189
XII. Œdipe et Lear. Antigone et Cordelia. — Le roi Lear victime de la fatalité comme Œdipe; sa folie antérieure; progrès de cette m^-