‹ ShakspeareChapitre 37 sur 128 · King Tiichard the third, act. IV, sc · texte numérisé non relu

King Tiichard the third, act. IV, sc

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peare la composa^ îT< subissait encoire l’influence, des nonïbreuses pièces que ses {wédécesseur», que Kyd et Marlowe surtout ont consacrées à la peinture de lahaiue. et de la vengeance. Si THit« Andronictu ressemble à la Tragédie «spa^ole et au Juif de Malte, on peut dire aussi que le souvenir de œs deux pièces revit encore dans Riûhardin.

Les rôles de fanmes violentes ne sont qu’une exception dans les drames de Shakspeare. Il en crée de moins eu moins à mesure qu’il s’éloigne- des conceptions de sa jeunesse. Il y peint, au contraire, de préférence, les caractères vertueux, nobles et touchants. L’héroïne la plus intéressante qu’il y ait mise en scène appartient à la dernière de ses histoires : c’eat Catherine d’Aragon , femnae de Henri VIII. Moins connue que certains personnages romanesques, qu’Ophélie, que Desdèraone et qu’Imogène, il lui manque peut-être cette grâce poétique qui les a rendues populaires; mais si le poète n’a pas jeté sur sa physionomie le voile de Tidéal, si, en la prenant à riiistoire, il lui en a laissé la réalité, il a racheté l’obligation où il se tro.uvait d’accuser nettement ses traits en lui prêtant une noblesse et une dignité supérieures aux conceptions de l’imagination pure. On sent qu’elle a vécu,, elle parle et elle agit comme une femme qui a traversé ; les épreuves de la vie, et ce qu’elle perd du côté de la j poésie, elle le regagne par sa ressemblance avec les plus beaux types de l’iuiraanité vivante.

Venue d’Espagne à la cour d’Angleterre, étrangère au milieu d’une nation nouvelle, elle s’est attachée à sa patrie d’adoption par sentiment du devoir et par amour pour son mari. Elle aime le roi et elle aime le peuple, non pas silencieusement, mais avec la chaleur d’une âme

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Ardente et avec la volonté de travailler au bonheur de tous deux. MalUeureusesttent elle est enveloppée d’intrigues politiques qu’elle ne connaît pas, elle vit sous un règne où il est dangei-eux de suivre son premier mouveuent, parce qu’il est le bon, ei c’est sa générosité naturelle qui la perd. Le caixlinal Wolsey gouverne l’esprit de Henri VIII, ée,rase la nation d’impôts pour satisfaire son luxe, et empêche les plaintes publiques d’arriver jusqu’au prince. La reine, touchée des souffrances popnlaii’C's, commet l’imprudence d’on porter l’expression aux pieds du trône : c’est déclarer la guerre au cardinal. Celui-ci le comprend ainsi et il répond à ces hostilités par de sérieuses représailles. Il attaque Catherine dans ce qu’elle a de plus cher au monde, dans son affection conjugale, il inspire au roi des scrupules sur la légitimité de son mariage et il obtient que la reine soit citée à comparaître devant la haute cour de justice pour qu’on y examine la validité de son titre.

Ici commence le supplice de cette malheureuse princesse. Elle se défend avec un courage admirable. Mais que peutrelle, toute seule, contre l’animosité implacable du ministre et l’indifférence secrète de son mari? Son langage est celui de l’innocence intrépide et décidée à défendre ses droits jusqu’au bout. La conscience qu’elle a de la bonté de sa cause lui fait trouver les paroles les plus propres à émouvoir le tribunal. En suivant l’inspiration de son cœur, elle est plus habile que si elle cherchait à l’étre. En face de ses juges, elle ne veut voir, que k roi et c’est à lui seul qu’elle s’adresse. Ce qu’elle lui dit alors, l’avocat le plus éloquent ne l’aurait pas trouvé. 11 n’y a que l’âine d’une femme ou celle d’un poète (jui puisse le sentir.

« Sire, je tous demande de me rendre justice et de m’accorder votre pitié. Car je ne suis qu’une pauvre femme et une étrangère, née hors de votre royaume. Je n’ai ici ni juge impartial ni assurance d’être traitée avec équité et bienveillance. Hélas! Sire, en quoi vous ai-je offensé? Quelle cause dedéplaisir'vous a donnée ma conduite, que vous songiez ainsi à me répudier et à me retirer vos bonnes grülces? Le ciel m’est témoin que j’ai été pour vous une femme fidèle et humble, soumise en tout temps à votre volonté, que j’ai toujours eu peur de provoquer votre mécontentement, oui, et que j’ai conformé ma contenance à la vôtre, triste ou gaie, suivant votre humeur. Quand m’est-il arrivé jamais de contredire votre volonté et de ne pas en faire la mienne? Quel est celui de vos amis que je ne me suis pas efforcée d’aimer, alors même que je savais qu’il était mon ennemi ? Si un de mes amis s’attirait votre colère, ai-je continué ù l’aimer? Ne l’ai-je point averti, au contraire, de ne plus s’approcher de moi? Sire, rappelez-vous que j’ai été votre femme, avec cette obéissance, pendant plus de vingt années, et que j’ai eu le bonheur de vous donner plusieurs enfants l » '

Après ce beau plaidoyer, Catherine récuse le cardinal Wolsey pour juge et sort de la salle où siège le tribunal, sans vouloir répondre à l’appel de son nom. Elle n’en est pas moins condamnée , mais elle rejette sur ses ennemis tout l’odieux de sa condamnation. Nous la retrouvons ensuite aux prises avec Wolsey et avec le légat du pape, qui essayent de la décider à s’en remettre au bon plaisir de Henri VIII. Dans cette scène très-bien conduite,

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